23 janvier 1988 : le jour où Steffi Graf a lancé son Grand Chelem doré

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Le 23 janvier 1988, Steffi Graf, opposé à Chris Evert à l’Open d’Australie, remporte la première finale majeure disputée sous un toit et lance son fameux Grand Chelem doré.

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Ce qu’il s’est passé ce jour-là : fasse à une Chris Evert qui joue sa dernière finale de Grand Chelem, Steffi Graf entame une saison record

Ce jour-là, le 23 janvier 1988, à l’Open d’Australie, Steffi Graf domine Chris Evert (6-1, 7-6) à l’issue d’une finale qui fera date pour au moins trois raisons. Non seulement il s’agit de la première finale de Grand Chelem jamais jouée sur court couvert (sous le toit rétractable tout neuf du nouveau stade de Flinders Park), mais c’est aussi la dernière apparition d’Evert en finale d’un tournoi majeur, ainsi que la première étape du fameux Grand Chelem doré que réalisera Steffi cette année-là.

Les actrices

Steffi Graf est née en 1969. En 1982, à l’âge de treize ans, elle devient la plus jeune joueuse de l’histoire à obtenir un classement WTA. Après avoir gagné l’épreuve de démonstration organisée pendant les Jeux olympiques de Los Angeles en 1984, elle progresse régulièrement, et les résultats ne se font pas attendre. Elle atteint la demi-finale de l’US Open en 1985, à l’âge de seize ans, battue par la numéro 1 mondiale Martina Navratilova (6-2, 6-3). En 1986, elle remporte son premier tournoi, à Hilton Head, avant d’arriver à nouveau en demi-finale à New-York. Cornaquée par son père, elle explose en 1987, lorsqu’elle soulève son premier trophée en Grand Chelem, après être venue à bout de Martina Navratilova en finale de Roland-Garros. Elle est vaincue en finale de Wimbledon et de l’US Open par la même Navratilova, qu’elle éjecte cependant, le 17 août, du sommet de la hiérarchie où elle se trouvait presque continuellement depuis 1982, et en janvier 1988, elle est toujours numéro 1 mondiale.

Steffi Graf, Roland-Garros 1987

Chris Evert est née en 1954 en Floride. Entraînée par son père, elle développe un jeu basé sur la régularité, tenant ses adversaires à distance du filet grâce à sa longueur de balle, et les sanctionnant avec d’excellents passing shots si elles montent imprudemment. Elle obtient son premier résultat notable à l’âge de 16 ans, se hissant en demi-finales de l’US Open (éliminée par la numéro 1 mondiale, Billie Jean King, 6-3, 6-2). La liste de ses exploits au cours des dix-neuf années suivantes est plus qu’impressionnante. Tout au long de sa carrière, Evert atteint le dernier carré de 52 des 56 tournois du Grand Chelem auxquels elle participe. Elle parvient en finale à 34 reprises, et remporte pas moins de 18 tournois majeurs : Roland-Garros (1974, 1975, 1979, 1980, 1983, 1985, 1986), Wimbledon (1974, 1976, 1981), l’ US Open (1975-1978, 1980, 1982), et l’Open d’Australie (1982, 1984). Elle ne fait que six fois le déplacement à Melbourne, et fait l’impasse sur Roland-Garros à trois reprises (1976-1978) alors qu’elle est à cette époque invincible sur terre battue, surface sur laquelle elle gagne 125 matches d’affilée entre 1973 et 1979. Accumulant un total de 154 titres, Evert termine cinq saisons à la première place mondiale :  (1974, 1975, 1976, 1977, 1978, 1980, 1981), et, de 1972 à la fin de sa carrière, elle ne quitte jamais le top 4 mondial. Au début de l’année 1988, elle semble être en relatif déclin, elle qui, en 1987, n’a pas réussi à triompher en Grand Chelem, pour la première fois depuis 1973.

Chris Evert

Le lieu : l’Open d’Australie

Contrairement aux autres tournois du Grand Chelem, l’Open d’Australie (d’abord appelé Championnat d’Australasie puis Championnat d’Australie) a changé plusieurs fois de lieu au fil des ans. L’épreuve changeait même de ville chaque année avant de s’installer à Melbourne en 1972, et pas moins de cinq villes australiennes l’ont accueillie à au moins trois reprises : Melbourne, Sydney, Adelaide, Brisbane et Perth. Ses dates ont été assez mouvantes également, entre début décembre et fin janvier, faisant de l’Open d’Australie parfois le premier, parfois le dernier Grand Chelem de la saison. Jusqu’en 1982, la plupart des meilleurs joueurs font l’impasse sur l’épreuve en raison de son éloignement et des prix insuffisants, mais à partir de la victoire de Mats Wilander, la dynamique change. Pour rendre le tournoi plus attractif, le comité du tournoi déploie d’énormes efforts qui mènent au déménagement de l’épreuve vers un nouveau site, Flinders Park (qui sera plus tard renommé Melbourne Park), à l’abandon du gazon pour des courts en dur, et à la construction du premier court central doté d’un toit rétractable.

L’histoire : sous un toit rétractable fermé pour la première fois de l’histoire, Graf s’offre une cinquième victoire consécutive face à Evert

En janvier 1988, l’Open d’Australie se déroule pour la première fois à Flinders Park, sur dur, ayant abandonné les courts en gazon de Kooyong.

Steffi Graf n’a que 18 ans, mais elle est déjà numéro 1 mondiale. Elle compte déjà un titre du Grand Chelem à son palmarès, remporté à Roland-Garros en 1987, et elle a disputé la finale des trois derniers tournois majeurs. Sa plus grande rivale pour l’Open d’Australie devait être Martina Navratilova, qui l’avait battue en finale de Wimbledon et de l’US Open, mais la grande serveuse-volleyeuse est éliminée en demi-finale par sa rivale de toujours, Chris Evert.

Dans ce contexte, Graf, qui n’a pas perdu un seul set sur la route de la finale, est largement favorite. Elle a gagné en deux sets ses quatre derniers matchs contre Evert, et elle n’a plus perdu contre la « Dame de glace » depuis février 1986.

À 2-1 pour l’Allemande au premier set, la finale est interrompue par la pluie, et les organisateurs décident de fermer le toit rétractable révolutionnaire dont dispose leur nouveau court central. Pour la première fois dans l’histoire du tennis, une finale de Grand Chelem se joue sur court couvert, ce qui semble avantager Graf, qui remporte la première manche 6-1 en ne laissant que 5 points à Evert.

Au deuxième set, Evert trouve son rythme et parvient à emmener son adversaire au tie-break, mais, dépassée par la profondeur des coups droits de Graf, elle s’incline 6-1, 7-6. À seulement 18 ans, Steffi Graf, la première Allemande à s’imposer à l’Open d’Australie, détient déjà deux titres du Grand Chelem.

La postérité du moment

Cette victoire à l’Open d’Australie restera comme le premier pas de Graf en direction de l’un des plus grands exploits de l’histoire du sport : le Grand Chelem doré. En 1988, l’Allemande, non contente de remporter les quatre tournois majeurs, décrochera également l’or olympique. Elle occupera la place de numéro 1 mondiale sans interruption jusqu’à ce que Monica Seles l’en détrône en 1991. Après l’agression dont Seles et victime en 1993, Steffi Graf retrouvera le sommet du classement jusqu’en 1997, établissant un nouveau record de 377 semaines passées en tête du classement WTA. En s’imposant à l’US Open 1995, elle deviendra la seule joueuse de l’histoire à avoir gagné chacun des tournois du Grand Chelem à au moins quatre reprises. A sa retraite, en 1999, peu de temps après son dernier titre majeur conquis à Roland-Garros, elle aura remporté un total incroyable de 22 tournois du Grand Chelem.

Chris Evert n’atteindra plus jamais la finale d’un tournoi du Grand Chelem. Elle prendra sa retraite moins de deux ans plus tard, à la fin 1989, mettant un point final à sa carrière sur une dernière victoire contre la jeune Conchita Martinez en finale de la Fed Cup (6-3, 6-2)

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