3 octobre 1982 : Le jour où John McEnroe a fini le travail en Coupe Davis après un interminable périple

Le 3 octobre 1982, John McEnroe a parachevé le succès des Etats-Unis contre l’Australie en demi-finale de Coupe Davis (5-0). Mais, plus que cette qualification, c’est le périple ayant conduit le numéro 1 mondial et son coéquipier Peter Fleming jusqu’à Perth qui est resté dans les mémoires.

Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Après un long voyage, une large victoire

Ce jour-là, le 3 octobre 1982, en demi-finale de la Coupe Davis, John McEnroe met un point final à la victoire (5-0) des Etats-Unis sur l’Australie, à Perth. Lors du dernier match, McEnroe domine John Alexander (6-4, 6-3). La partie la plus compliquée, pour « Mac » et son partenaire de double Peter Fleming, aura finalement été le voyage jusqu’en Australie, au cours duquel ils se sont fait une sacrée frayeur avant de connaître un retard considérable.

Les joueurs

John McEnroe, numéro 1 mondial au caractère bien trempé

John McEnroe, né en 1959, est numéro 1 mondial depuis août 1981, après qu’il a gagné Wimbledon pour la première fois en triomphant de la légende suédoise Bjorn Borg (4-6, 7-6, 7-6, 6-4) Le gaucher de New-York a ébloui le monde du tennis dès ses premier pas sur le circuit, en 1977, lorsqu’à l’âge de 17 ans, il s’était aligné à Wimbledon en tant qu’amateur pour s’extraire des qualifications et atteindre les demi-finales. « Mac » est extrêmement talentueux. Son jeu est basé sur le toucher de balle et la précision, le tout agrémenté d’un service aussi original qu’efficace, souvent suivi au filet. En 1979, il est devenu le plus jeune vainqueur de l’histoire de l’US Open en battant en finale Vitas Gerulaitis (7-5, 6-3, 6-3). Il a également créé la surprise cette année-là en venant à bout de Björn Borg (7-5, 4-6, 6-2, 7-6) en finale du World Championship Tennis. 

John McEnroe

En 1980, il a disputé le plus fameux match de sa carrière en finale de Wimbledon, s’inclinant en cinq sets contre Borg, après avoir gagné un incroyable tie-break au quatrième set (18-16).  En septembre, il est parvenu à défendre son titre à New-York en venant à bout de Bjorn Borg (7-6, 6-1, 6-7, 5-7, 6-4). En 1981, après son premier triomphe au All England Club, il s’est imposé l’US Open pour la troisième fois, dominant à nouveau Bjorn Borg dans ce qui restera la dernière apparition du Suédois en Grand Chelem (4-6, 6-4, 6-2, 6-3). En 1982, il s’incline en finale de Wimbledon face à un Jimmy Connors qui renaît de ses cendres (3-6, 6-3, 6-7, 7-6, 6-4). John McEnroe est célèbre pour son comportement, qui choque à l’époque le monde bien propre et policé du tennis. Ses querelles incessantes avec le corps arbitral dénotent dans un sport dit « de gentlemen ».

Peter Fleming, l’art du double

Peter Fleming est né en 1951. Bien qu’il soit un très bon joueur en simple, ayant été classé 8e mondial et ayant remporté trois tournois (dont l’Open de Cincinnati en 1979, où il bat Roscoe Tanner en finale, 6-4, 6-2), il est surtout connu pour être un excellent joueur de double.  Dans cette discipline, en octobre 1982, il a déjà accumulé 43 titres, la plupart d’entre eux associé à John McEnroe, avec qui il a gagné quatre tournois du Grand Chelem (Wimbledon et l’US Open, en 1979 et 1981). En 1982, la paire atteint la finale au All England Club, battus par les Australiens Peter McNamara et Paul McNamee.

Le lieu : Perth

Le Perth Entertainment Centre est un complexe sportif intérieur et un cinéma situé dans le centre-ville de Perth, en Australie Occidentale, d’une capacité de 8 000 spectateurs.

L’histoire : Frayeur au décollage, nuit à l’aéroport et 5-0, score final

A l’automne 1982, le calendrier de John McEnroe est extrêmement chargé. La semaine suivant l’US Open, où il a joué en simple (battu en demi-finale par Ivan Lendl, 6-4, 6-4, 7-6) et en double (atteignant les quarts de finale avec son partenaire habituel, Peter Fleming), il dispute déjà une série de matches d’exhibition contre Guillermo Vilas dans trois différents États du Sud (Oklahoma, Louisiane et Texas). Juste après, il s’envole pour la Californie, où il dispute un match caritatif à l’Université de Stanford en guise d’échauffement au tournoi de San Francisco, qu’il remporte aux dépens de Jimmy Connors (6-1, 6-3). Dès le lendemain, McEnroe reprend l’avion, en compagnie de Peter Fleming, direction Perth, pour disputer la demi-finale de la Coupe Davis contre l’Australie.

Tout se passe bien jusqu’à ce que leur avion, qui s’était arrêté à Honolulu pour faire le plein, manque sa première tentative de décollage. L’expérience est déjà assez désagréable, mais ce n’est que le début. Après deux heures de vol, il apparaît qu’un pneu a en fait éclaté lors du vrai décollage, obligeant l’avion à faire demi-tour, revenant à Honolulu. L’équipage prévient les passagers de s’attendre à un atterrissage catastrophique. L’avion se pose finalement sans encombre mais, après cette grosse frayeur, McEnroe et Fleming doivent attendre dix heures avant de pouvoir prendre un autre vol pour Perth. Les deux joueurs dorment à l’aéroport, à même le sol, pour essayer de prendre malgré tout un peu de repos avant la rencontre.

Ils atterrissent à Perth le mercredi, à 9h30 du matin, et, comme il doit jouer le match d’ouverture vendredi après-midi, McEnroe se rend directement à l’entraînement. 

Malgré ce voyage chaotique, « Mac » domine Peter McNamara le vendredi (6-4, 4-6, 6-2, 6-4) et, grâce à la victoire de Gene Mayer sur John Alexander, l’équipe américaine se détache (2-0). Le samedi, McEnroe et Fleming affrontent McNamara et McNamee, contre qui ils avaient perdu en finale de Wimbledon, mais cette fois, les Américains prennent le dessus en quatre sets (6-2, 6-2, 3-6, 8-6).

Les Etats-Unis sont déjà qualifiés pour la finale, mais le dimanche, ils jouent les matches sans enjeu à fond, McEnroe parachevant leur succès en battant John Alexander (6-4, 6-3).

Postérité du moment

Au cours des semaines suivantes, Mcenroe ne prend pas beaucoup de repos, s’alignant à Sydney, Tokyo et Londres, avant de participer à la finale de la Coupe Davis à Grenoble, contre la France. Là encore, il joue un rôle décisif dans la victoire de son équipe, en battant Yannick Noah le premier jour (12-10, 1-6, 3-6, 6-2, 6-3) et en gagnant le double avec Fleming le samedi, aux dépens de Noah et Leconte (6-3, 6-4, 9-7).

Ensemble, McEnroe et Fleming ajouteront trois nouveaux titres du Grand Chelem à leur palmarès.

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