4 février 2001 : le jour où Roger Federer a remporté son premier titre

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Le 4 février 2001, Roger Federer, 19 ans, remporte son premier titre sur le circuit principal en venant à bout de Julien Boutter en finale du tournoi de Milan.

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Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Roger Federer soulève son premier trophée sur le circuit principal

Ce jour-là, le 4 février 2001, Roger Federer, 19 ans, remporte le premier titre de sa carrière, aux dépens du Français Julien Boutter (6-4, 6-7, 6-4). Le Suisse, qui est déjà 27e mondial, avait déjà disputé deux finales sur le circuit en 2000, tandis que c’était la première fois que Boutter, seulement 67e mondial, se trouvait à un match du titre. Personne n’imaginait alors que pour Federer, il s’agissait du premier des 103 tournois qu’il allait gagner lors des 18 années suivantes.

Les acteurs

Roger Federer est né en 1981. Champion du monde juniors en 1998, Federer fait parler de lui dès ses débuts chez les pros : il atteint les quarts de finale de trois de ses cinq premiers tournois, en 1998-1999, à Toulouse, Marseille et Rotterdam. Son tennis fantastique fascine le monde du tennis et on l’imagine rapidement dans la peau du futur numéro 1. En 2000, il dispute ses deux premières finales sur le circuit, à Marseille (battu par son compatriote Marc Rosset, 2-6, 6-3, 7-6) et dans sa ville natale de Bâle (battu par Thomas Enqvist, 6-2, 4-6, 7-6, 1-6, 6-1), et il obtient un premier bon résultat en Grand Chelem à Roland-Garros, où il est éliminé en huitièmes de finale par Alex Corretja (7-5, 7-6, 6-2). En février 2001, il est 27e mondial.

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Le Français Julien Boutter, né en 1974, s’est révélé tardivement dans le monde du tennis. Il entre dans le top 100 en mai 2000, à l’âge de 26 ans, après avoir remporté trois titres sur le circuit Challenger et atteint les demi-finales d’un tournoi ATP pour la première fois à Tachkent (battu par Davide Sanguinetti, 7-6, 7-6). À l’époque, il n’a encore participé qu’à huit tournois du Grand Chelem dans toute sa carrière, ayant atteint le deuxième tour à Roland-Garros en 1998 (éliminé par Cédric Pioline, 7-5, 6-3, 3-6, 6-4), à l’US Open en 2000 (battu par Lleyton Hewitt, 7-6, 6-4, 6-4), et à l’Open d’Australie en 2001, où il est éliminé par Wayne Ferreira (3-6, 6-2, 6-2, 6-3).

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Le lieu : Milan

L’Open de Milan, créé en 1978, est un prestigieux tournoi en salle qui se déroule traditionnellement au mois de février. Il a été joué dans différents stades de la ville de Milan, du Palazzo dello Sport au Palazzo Trussardi. Parmi ses anciens vainqueurs, il y a de nombreux anciens premiers mondiaux : Björn Borg (1978), John McEnroe (1979-1981, 1985), Ivan Lendl (1983, 1986, 1990), Stefan Edberg (1984), Boris Becker (1987, 1989, 1993, 1994) et Ievgueni Kafelnikov (1995, 1998). Dans les années 1998-2000, le tournoi a eu lieu à Londres, mais, faute de sponsors, il est de retour à Milan en 2001.

L’histoire : malgré une rare erreur arbitrale, Federer s’impose en trois sets

Lorsque Roger Federer, alors âgé de 19 ans, arrive au tournoi de Milan en 2001, il est déjà considéré comme un espoir et une future star. Affichant un tennis aussi solide que spectaculaire, il a déjà disputé deux finales sur le circuit en 2000, et il est en quête d’un premier titre ATP. Bien qu’il ait déjà battu le 4e mondial, Magnus Norman, quelques mois plus tôt, c’est pour lui un bel exploit que d’éliminer en demi-finale Ievgueni Kafelnikov, 7e mondial, qui l’avait dominé lors de leurs trois premiers affrontements. Il a donc l’occasion d’être le deuxième Suisse à remporter le tournoi en deux ans, après la victoire de Marc Rosset en 2000.

En finale, il affronte Julien Boutter, 67e joueur mondial. Le Français joue sa première finale sur le circuit, mais ce n’est pour autant qu’il faut le sous-estimer : au cours de la semaine, il a battu des joueurs aussi solides que Fabrice Santoro (7-6, 6-4) et Greg Rusedski, toujours dangereux sur dur intérieur (7-6, 7-6).

Federer empoche la première manche (6-4) avant que Boutter, dont le tennis très agressif repose principalement sur son service, n’égalise à un set partout (7-6). Le troisième set démarre avec une rare erreur de la part de l’arbitre : alors que c’est au tour de Federer de servir, c’est à Boutter que sont données les balles afin qu’il serve en premier. Cependant, il ne tire pas profit de cette erreur, puisqu’il se fait breaker d’entrée et ne parvient pas à refaire ce retard.

« À l’époque, en indoor, les surfaces étaient un peu plus rapides, », expliquera Boutter, en 2019, interviewé par L’Equipe.  « Ils n’avaient pas encore procédé au ralentissement des surfaces. Il y avait pas mal de jeu d’attaque, de services-volées. Je jouais contre  »l’espoir ». Je l’avais battu dans un challenger dix-huit mois avant, je partais presque confiant sur la finale. J’avais battu des bons mecs et Roger n’était pas le meilleur du tournoi. Pour moi, cette finale était une réelle chance. Même si j’étais plus âgé, il avait plus d’expérience que moi sur le circuit et il était meilleur que moi. Quand je l’avais joué à Grenoble, il était nerveux mais à Milan, ce n’était déjà plus le cas. Il ne jetait plus sa raquette. Il avait passé un cap. »

La postérité du moment

Julien Boutter remportera son premier et unique titre sur le circuit en 2003, à Casablanca, en battant Younes El Aynaoui en finale (6-2, 2-6, 6-1). De son côté, comme chacun sait, Roger Federer deviendra numéro 1 mondial et remportera 103 titres au cours des 18 années suivantes, dont 20 tournois du Grand Chelem. Cependant, le souvenir de son premier triomphe restera toujours spécial. Selon Boutter, croisant le Français au Masters 1000 de Paris 2018, Federer, accompagné de son entraîneur, viendra lui dire : « Tu n’imagines même pas ce qu’on a fait hier soir. On a regardé la finale de Milan!

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