5 octobre 2006 : Le jour où Becker et Novak ont joué le match le plus tardif de l’histoire de l’ATP

Le 5 octobre 2006, Benjamin Becker et Jiri Novak sont entrés dans l’histoire en disputant le match le plus tardif de l’histoire (à cette époque). La victoire de l’Allemand s’est dessinée à 3h24 du matin, à Tokyo.

Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Jusqu’au coeur de la nuit

Ce jour-là, le 5 octobre 2006, en huitièmes de finale du tournoi de Tokyo, Benjamin Becker domine Jiri Novak (6-3, 3-6, 7-6) à l’issue de ce qui est alors le match le plus tardif de l’histoire de l’ATP (3h24 du matin). Becker, qui joue alors sa première saison sur le circuit, gagne en notoriété après s’être déjà retrouvé sous les projecteurs quelques semaines en battant Andre Agassi lors du dernier match de sa carrière.

Les acteurs

Benjamin Becker, bourreau d’Agassi

Benjamin Becker est né en 1981. L’Allemand a suivi un cursus universitaire de quatre ans à la Baylor University, au Texas, avant de devenir professionnel. Leader de son équipe, les Baylor Bears, il remporte en 2004 le titre de la NCAA en simple, tournoi qui compte à son palmarès des joueurs tels que John McEnroe et Jimmy Connors. Une fois diplômé, il se lance sur le circuit à la mi-2005, terminant l’année à la 477e place mondiale. En 2006, après avoir obtenu de bons résultats en Challenger, il joue son premier match ATP à Halle (battu par Tomas Berdych, 6-4, 6-3), et à Wimbledon, il s’extrait des qualifications pour faire ses débuts en Grand Chelem (il sera battu au deuxième tour par Fernando Verdasco, 6-4, 6-7, 4-6, 6-3, 9-7). Il se présente à l’US Open en tant que 112e mondial et devient célèbre en battant Andre Agassi au troisième tour (7-5, 6-7, 6-4, 7-5) avant de s’incliner face à Andy Roddick en huitièmes de finale, 6-3, 6-4, 6-3).

Jiri Novak, ancien numéro 4

Le Tchèque Jiri Novak est né en 1975. Passé pro en 1993, il entre dans le top 100 deux ans plus tard. Il remporte le premier de ses sept titres en 1996, à Auckland, où il bat Brett Steven en finale (6-4, 6-4). Dans les années 1990, il évolue dans le top 60, remportant un deuxième tournoi à Mexico en 1998 (aux dépens de Xavier Malisse, 6-3, 6-3), et atteignant les huitièmes de finale de l’US Open en 1999 (défait par Slava Dosedel, 6-3, 7-5, 5-7, 7-5). En 2001, il monte dans le top 20 après avoir gagné deux tournois dans l’année, mais sa meilleure saison restera 2002 : il atteint les demi-finales de l’Open d’Australie (éliminé par Thomas Johansson, 7-6, 0-6, 4-6, 6-3, 6-4), avant d’être finaliste à Vienne (battu par Roger Federer, 6-4, 6-1, 3-6, 6-4), et de se qualifier pour la finale du Masters 1000 de Madrid, qu’il ne pourra pas jouer en raison d’une blessure. Ces résultats le propulsent à la 4e place mondiale. Il se maintient dans le top 10 jusqu’à la fin 2003, mais un an plus tard, il est redescendu aux environs de la 20e place. En 2006, il a raté la première moitié de saison, c’est pourquoi il n’est que 130e mondial, malgré un huitième de finale disputé à l’US Open (battu par Rafael Nadal, 6-1, 6-3, 7-6).

Le lieu : L’Ariake Coliseum

L’Open du Japon a été créé en 1972. D’abord joué sur dur, il passe à la terre battue pour quelques années au début des années 1980, avant de revenir à sa surface d’origine. Depuis 1987, le tournoi a lieu à l’Ariake Coliseum, qui peut accueillir jusqu’à 10 000 spectateurs. Parmi les anciens vainqueurs du tournoi, on compte de grands joueurs tels qu’Ivan Lendl (1980), Stefan Edberg (1987, 1989, 1990, 1991), Jim Courier (1992, 1995) ou encore Pete Sampras (1993, 1994, 1996).

L’histoire : Un dénouement historique à 3h24 du matin

Avant que Benjamin Becker, 72e mondial, n’affronte l’ancien 4e mondial Jiri Novak en huitièmes de finale du tournoi de Tokyo, rien ne porte à croire que ce match va entrer dans l’histoire du tennis. 

La programmation du jour a été perturbée à plusieurs reprises par la pluie, et Becker et Novak sont les derniers à jouer en ce 5 octobre 2006. De plus, les joueurs se livrent une bataille très indécise. Après avoir remporté la première manche, 6-3, l’Allemand perd la seconde sur le même score, et se retrouve ensuite avec une balle de match contre lui, sur son service, à 5-6 au dernier set. Becker, qui est connu du grand public pour avoir mis fin à la carrière d’Andre Agassi lors du dernier US Open, parvient à s’en sortir et s’impose finalement 7-4 au tie-break. Lorsque les deux joueurs se serrent la main, il est 3h24 du matin à Tokyo ! C’est la fin de match la plus tardive de l’histoire de l’ATP. Le record précédent, en simple, était détenu par Mats Wilander et Mikael Pernfors, qui avaient achevé leur deuxième tour de l’US Open 1993 à 2h26, le Suédois s’imposant 7-6, 3-6, 1-6, 7-6, 6-4. En double, à Philadelphie, en 1990, Pete Sampras et Jim Courier avaient joué jusqu’à 3h21 pour s’incliner 6-4, 6-2, face à Paul Chamberlin et Tim Wilkison.  

La postérité du moment : Un record éphémère

Benjamin Becker ira jusqu’en demi-finale du tournoi de Tokyo, battu par le numéro 1 mondial, Roger Federer, 6-3, 6-4.

Le record établi ce jour-là ne durera que quelques mois, et sera même dépassé à deux reprises en peu de temps. Au premier tour de l’Open d’Australie 2007, Andreas Seppi battra Bobby Reynolds à 3h34 (6-1, 6-7, 6-7, 7-6, 6-3), et en 2008, toujours à Melbourne, Lleyton Hewitt portera l’estocade à Marcos Baghdatis à 4h24 (4-6, 7-5, 7-5, 6-7, 6-3)

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