Le 25 décembre 1942 : le jour où Françoise Dürr est née

Le 25 décembre 1942 naissait Françoise Dürr, l’une des grandes joueuses de tennis françaises de l’histoire. Découvrez un peu plus celle qui était connue pour sa technique particulièrement atypique.

Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Françoise Dürr est née

Ce jour-là, le 25 décembre 1942, Françoise Dürr, surnommée « Frankie », l’une des rares Françaises à avoir remporté Roland-Garros, est née à Alger. Célèbre pour sa technique peu orthodoxe ainsi que pour sa combativité, elle triomphe aux Internationaux de France en 1967, et restera la dernière Française à y être parvenue lors des 33 années suivantes. Elle prend également part à la création de la WTA et des premiers circuits professionnels féminins. Elle est l’une des joueuses les plus marquantes des années 1960 et 1970.

La joueuse : Françoise Dürr

  • Un style de jeu atypique

François Dürr a l’une des techniques les plus déroutantes jamais observées dans le tennis de haut niveau. Selon l’International Tennis Hall of Fame, son service est « si lent qu’il ne serait peut-être même pas pris en compte par un radar », elle tient sa raquette avec son index le long du manche. Son coup le plus étrange est certainement son revers, qu’elle joue avec le poignet fléchi, sa prise l’obligeant parfois à mettre le genou à terre pour frapper la balle dans de bonnes conditions. Dürr elle-même expliquera un jour à la WTA :

“Comme j’ai commencé à jouer sans entraîneur, j’ai développé une prise peu académique en plaçant mon index à plat sur le manche. Plus tard, lorsque j’ai eu un entraîneur, il a essayé de corriger ça, mais c’était trop tard. (…) Mon revers, avec le poignet fléchi, était l’un de mes meilleurs coups parce que personne ne pouvait vraiment anticiper où j’allais jouer. »

La force de Dürr réside surtout dans une grande condition physique, avec un jeu de jambe hors du commun, un bon sens du jeu et une force mentale à toute épreuve. Elle se bat sur chaque point, ramène toutes les balles, et ses variations font bien souvent craquer ses adversaires.

« Mes plus grandes forces sont mon physique et ma ténacité », explique-t-elle souvent.

  • Un titre à Roland-Garros

Vainqueure de Roland-Garros chez les juniors, elle commence à voyager autour du monde avec ses raquettes deux ans plus tard, à l’âge de 20 ans. Meilleure joueuse française de son époque, elle obtient ses premiers résultats internationaux notables en 1965, remportant son premier tournoi à Hilversum (aux dépens d’Edda Buding, 9-11, 7-5, 6-4), et atteignant les quarts de finale de tous les tournois majeurs à l’exception de Wimbledon.

Sa carrière culmine à Roland-Garros, en 1967, lorsqu’elle s’impose devant son public, aux dépens de l’Australienne Lesley Turner (4-6, 6-3, 6-4). « C’était une fille coriace. J’avais donc établi une tactique : monter au filet dès que possible parce que, du fond, elle renvoyait tout, un peu comme Chris Evert », dira-t-elle un jour à Roland Garros Magazine. Lors de cette finale, Dürr démontre une fois de plus ses qualités mentales, remportant le dernier set après avoir été menée 4-2.

« Alors que j’étais sur le court, je me suis rappelé ce que m’avait dit mon coach : qu’il fallait que je me batte jusqu’au bout, parce que je n’aurais peut-être pas l’occasion de disputer une autre finale de Grand Chelem. » 

Elle est la première Française à triompher à Paris depuis Nelly Adamson en 1948, et la suivante sera Mary Pierce, en 2000. Elle s’offre également le titre en double, associée à Gail Sherriff. La même année, elle se hisse en demi-finales de l’US Nationals, l’ancêtre de l’US Open, où elle est battue par Billie Jean King (6-2, 6-4).

Au cours de l’Ère Open, voyageant en compagnie de son chien nommé « Topspin », ses meilleures tentatives pour ajouter un deuxième titre du Grand Chelem à son palmarès s’arrêteront en demi-finales. À trois reprises, elle atteint le dernier carré, éliminée par King à Wimbledon en 1970, puis par Evonne Goolagong et Chris Evert à Roland-Garros en 1972 et 1973.

Au cours de sa carrière, Dürr remportera 16 titres en simple, et 65 en double, dont 7 Grands Chelems, ainsi que 4 titres majeurs en double mixte.

  • Un rôle important dans l’émergence du tennis féminin professionnelle

Françoise Dürr est l’une des premières joueuses à signer un contrat professionnel, avec Billie Jean King, Rosie Casals et Ann Jones, au sein de la George MacCall’s National Tennis League. Par la suite, elle fait partie du premier circuit Virginia Slims en 1971, et en 1973, elle devient co-secrétaire fondatrice de la WTA.

« Nous avons démarré le circuit Virginia Slims avec 16 joueuses et aucune remplaçante en cas de maladie. Je me rappelle être à l’entrée d’un supermarché à Detroit avec Billie Jean King et Betty Stove, à distribuer des billets gratuits ! », se souviendra-t-elle dans une interview pour la WTA.

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L’après-carrière : Coach à la FFT

À l’issue de sa carrière, Françoise Dürr est nommée Directrice technique du tennis féminin à la Fédération française de tennis, en 1993.

« De retour en France, je me suis vu proposer un emploi à la FFT, pour être en charge du tennis féminin (1993-2002) et capitaine de la Fed Cup. En 1997, en tant que co-capitaine avec Yannick Noah, nous avons gagné la première Fed Cup de l’histoire française. »

 

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