14 février 1988 : Le jour où Doumbia, 453e joueur mondial, a remporté le tournoi de Lyon

Yahiya Doumbia, 453e joueur mondial, a battu des records en remportant le tournoi de Lyon le 14 février 1988, alors qu'il était sorti des qualifications et disputait son premier tableau principal sur le circuit ATP. Un exploit presque sans lendemain, même s'il est monté jusque dans le Top 100.

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Ce qu’il s’est passé ce jour-là : La sensation Doumbia à Lyon

Le 14 février 1988, le Sénégalais Yahiya Doumbia remporte le tournoi de Lyon à la stupéfaction générale. 453e joueur mondial, il apparaît pour la première fois de sa vie dans un tableau principal du grand circuit. Après être sorti des qualifications, il parvient à battre deux joueurs du top 100 avant de s’imposer en finale contre Todd Nelson, 119e mondial (6-4, 3-6, 6-3). Grâce à ce résultat, Doumbia gagnera plus de 300 places à l’ATP. Mais il ne passera que quelques mois dans le Top 100.

Les personnages : Doumbia, un air de famille

Le Sénégalais Yahiya Doumbia est né à Dakar en 1963. Le tennis coule dans ses veines : son oncle est le président de la fédération locale de tennis, et ses deux sœurs ainsi que son frère ont remporté les championnats d’Afrique avant lui, en 1981. Après ce titre, il vient en France pour progresser. Mais il décide par la suite d’étudier le marketing à l’université de Hampton, en Virginie, aux Etats-Unis. Quatre ans plus tard, en 1986, il devient joueur de tennis professionnel, principalement sur le circuit secondaire. En février 1988, il est 453e mondial.

Todd Nelson, né en 1961, passe pro en 1983, après des études à l’université de l’Arizona. Il fait son entrée dans le Top 100 pour la première fois en 1984 et il atteint son meilleur classement, 58e mondial, en 1986, après avoir battu le 12e mondial Kevin Curren pour atteindre les huitièmes de finale du Queen’s. En février 1988, il occupe le 119e rang du classement ATP.

Le lieu : Le Grand Prix de Tennis de Lyon

Le Grand Prix de Tennis de Lyon a été créé en 1987 par Gilles Moretton, ancien joueur de Coupe Davis français et fraîchement élu président de la Fédération française de tennis. Il se dispute sur moquette intérieure et sa première édition a été remportée par le Français Yannick Noah, qui a battu Joakim Nyström en finale (6-4, 7-5).

Grand Prix de Tennis de Lyon

L’histoire : L’insouciance de Doumbia, les retrouvailles manquées avec Noah

Au Grand Prix de Lyon 1988, les deux principaux favoris étaient Yannick Noah (le tenant du titre, N.8 mondial) et Andrei Chesnokov, 29e mondial. Cependant, au premier tour, Chesnokov est évincé (7-6, 7-6) par un parfait inconnu, le Sénégalais Yahiya Doumbia, sorti des qualifications pour intégrer pour la première fois le tableau principal d’un tournoi ATP.

« Je lui mets 7-6, et là je me suis dit que j’avais une chance », se souviendra Doumbia, des années plus tard.

Après cette victoire surprenante, les matchs suivants de Doumbia sont suivis de près. Mais le Sénégalais ne semble pas ressentir de pression particulière.

« J’étais un peu insouciant, j’allais sur le terrain pour m’amuser, et je me battais comme un lion. Ça se passait bien et ça marchait, je n’avais pas besoin de réfléchir plus que ça ! »

Avec cet état d’esprit, Doumbia élimine successivement Jérôme Potier (103e mondial, 6-7, 6-3, 6-1), Jeremy Bates (N.82, 6-3, 7-5) et Eduardo Masso (N.186, 6-4, 7-6). Le Sénégalais espérait affronter Yannick Noah en finale. Mais le champion de Roland-Garros 1983 perd contre Todd Nelson, 119e mondial, en demi-finale (7-6, 6-3). 

Contre Nelson, Doumbia l’emporte (6-4, 3-6, 6-3) à l’issue de ce qu’il décrit comme « une grosse bataille en trois manches entre deux invités surprises ». À l’époque, il est le joueur le moins bien classé à avoir jamais remporté un tournoi du Grand Prix (record battu par Lleyton Hewitt en 1998).

« Le record, je ne le savais pas du tout. Je n’y pensais même pas, c’est après que je l’ai su ! », expliquera-t-il plus tard.

Il est également le premier joueur à triompher sur le circuit dès sa première apparition dans un tableau final.

La postérité du moment : Le déclic pour la meilleure saison de sa carrière

Grâce à ce résultat exceptionnel, Doumbia bondit d’un seul coup de plus de 300 places au classement ATP, occupant la 125e place le lendemain de son titre. En août 1988, il atteindra les demi-finales à Indianapolis (battu par Boris Becker, 6-2, 6-3) et à Livingston (perdu contre Andre Agassi, 6-4, 6-4), ce qui lui permettra d’atteindre son meilleur classement : 74e mondial. Doumbia passera moins d’un an dans le top 100, et il n’obtiendra aucun résultat notable jusqu’à ce que, en 1995, il remporte le titre à Bordeaux dans la peau du 282e mondial (en battant Jakob Hlasek en finale, 6-4, 6-4). Il deviendra ainsi le premier joueur à triompher à deux reprises sur le circuit ATP après être passé par les qualifications. Doumbia prendra sa retraite en 2000, sans plus jamais faire partie du top 100.

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