19 avril 1988 : Le jour où Vajda a surpris Becker, 25 ans avant de collaborer auprès de Djokovic

Marian Vajda réalise le 19 avril 1988 l’un des plus grands exploits de sa carrière : battre Boris Becker à Monte-Carlo, pour s’adjuger son premier succès contre un Top 10. Les deux hommes travailleront ensemble par la suite, dans le staff de Novak Djokovic.

Boris Becker & Marian Vajda, On This Day

Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Vajda a battu son premier Top 10, Becker travaillera avec lui 25 ans plus tard

Le 19 avril 1988, Marian Vajda et Boris Becker, qui feront tous les deux partie de l’équipe de Novak Djokovic 25 ans plus tard, s’affrontent au deuxième tour de l’Open de Monte-Carlo. À la stupéfaction générale, le Tchécoslovaque, classé 43e mondial, renverse alors le 6e joueur mondial (6-3, 5-7, 6-1).

Les acteurs : Le prodige écorché Becker contre le besogneux Vajda

Boris Becker est né en 1967. En 1985, à 17 ans, il devient le plus jeune vainqueur de l’histoire de Wimbledon, dominant en finale Kevin Curren (6-3, 6-7, 7-6, 6-4). Son service très puissant, qu’il suit le plus souvent au filet, lui vaut le surnom de « Boum-Boum ». Il est célèbre pour ses spectaculaires plongeons à la volée, et c’est aussi un joueur très expressif, capable parfois de “péter les plombs”. Tout en puissance, Becker parvient à conserver son titre à Wimbledon en 1986, en battant en finale le N.1 mondial Ivan Lendl (6-4, 6-3, 7-5). Cette année-là, le jeune Allemand accumule six titres, dont la première édition du tournoi de Paris-Bercy, mais il traverse une passe difficile en 1987, dépassé par sa notoriété et les attentes autour de sa personne, alors qu’il n’a pas encore 20 ans. Ses meilleurs résultats sont une victoire à Indian Wells et une demi-finale à Roland-Garros (battu par Mats Wilander, 6-4, 6-1, 6-2). Sa plus grande déception a lieu à Wimbledon, où il est battu au deuxième tour par le 70e mondial, Peter Doohan (7-6, 4-6, 6-2, 6-4). En avril 1988, il est 6e mondial.

Le Tchécoslovaque Marian Vajda, né en 1965, passe professionnel en 1983. Il entre dans le Top 100 dès 1985. Mais jusqu’en 1987, il obtient la plupart de ses résultats sur le circuit Challenger. Cette année-là, il se révèle sur le circuit principal en atteignant la finale du BMW Open, à Munich, après être passé par les qualifications (battu par Guillermo Perez-Roldan, 6-3, 7-6), avant de remporter son premier titre à Prague (en battant Tomas Smid en finale, 6-1, 6-3). Grâce à ces résultats, il atteint son meilleur classement, 34e mondial.

Le lieu : Le Monte-Carlo Country Club

Situé en haut du Rocher de Monaco, avec une vue unique sur la mer Méditerranée, le Monte-Carlo Country Club accueille depuis 1928 l’un des plus anciens tournois internationaux de tennis. Il est généralement considéré comme le lancement de la saison sur terre battue, et il fait désormais partie de la catégorie des Masters 1000. Au palmarès du tournoi, on trouve de nombreuses terreurs de la terre battue, comme Björn Borg, Guillermo Vilas, Mats Wilander ou encore Ivan Lendl.

Monte-Carlo

L’histoire : Becker encore battu sur terre, l’exploit de Vajda

En 1988, Boris Becker tente de se remettre sur les rails après avoir connu de nombreuses déceptions lors de la saison précédente. Après avoir fait l’impasse sur l’Open d’Australie (comme 14 des 20 meilleurs joueurs mondiaux cette année-là), il prend un bon départ en remportant le titre à Indian Wells et lors de la finale du WCT, à Dallas, où il bat Stefan Edberg (6-4, 1-6, 7-5, 6-2). Lorsqu’il affronte Marian Vajda, 43e mondial, pour son premier match à Monte-Carlo (en tant que tête de série, il est exempté du premier tour), il est largement favori.

Cependant, avec son jeu de service-volée, l’Allemand n’est pas connu pour être très à l’aise sur terre battue. Il a bien atteint les demi-finales à Roland-Garros en 1987, mais il n’a jamais disputé la finale d’un tournoi sur terre battue. Au cours des 12 derniers mois, sa seule défaite au premier tour s’est produite sur ocre, à Monte-Carlo (battu par Jimmy Arias, 6-3, 6-3). Dès le début de son premier match de l’année sur terre battue, Becker manque de patience et offre trop de points à un Vajda très régulier, et il est rapidement mené 6-3, 4-1. Il semble alors que l’Allemand se dirige vers une défaite en deux petits sets. Mais le Tchécoslovaque, qui n’a jamais battu un joueur du Top 10 auparavant, tremble au moment de conclure et Becker parvient à arracher le deuxième set, 7-5. Cependant, il se montre incapable de tirer profit de cette dynamique. Breaké à trois reprises, il s’écroule et, à la stupéfaction générale, Vajda s’impose, 6-1.

“Marian m’a rendu la vie difficile sur le terrain. Il jouait très, très long, et je n’arrivais pas à m’installer dans le court. C’est beaucoup plus difficile pour moi de me préparer sur terre battue. Il faut être bien préparé. Il faut avoir quelques matchs à son actif. Plus les échanges étaient longs, plus je jouais mal”, déclare Becker, dans des propos rapportés par le Los Angeles Times.

“Boris n’a pas bien joué tactiquement aujourd’hui. J’étais plus patient dans les échanges, donc je me sentais mieux. J’ai senti que j’aurais pu passer la balle 100 fois au-dessus du filet sans jamais rater”, explique Vajda.

La postérité du moment : L’apogée de Becker encore à venir, Vajda vers une deuxième carrière plus fructueuse

La carrière de Boris Becker connaîtra son apogée dans les années 1989-1991. Au cours de cette période, il remportera trois titres du Grand Chelem et atteindra finalement la première place mondiale le 28 janvier 1991, après avoir battu Ivan Lendl (1-6, 6-4, 6-4, 6-4) pour conquérir sa première couronne à l’Open d’Australie. Becker connaîtra ensuite des difficultés lors des saisons suivantes, et en 1993, il quittera même le top 10 pour la première fois en huit ans. En 1995, il sera battu par Pete Sampras en finale au All England Club (6-7, 6-2, 6-4, 6-2) et atteindra les demi-finales à Flushing Meadows. Mais en 1996, il remportera son sixième titre du Grand Chelem à Melbourne, en battant Michael Chang en finale (6-2, 6-4, 2-6, 6-4). Son dernier exploit sera une finale légendaire perdue contre Sampras au Masters en 1996.

Marian Vajda prendra sa retraite en 1994, ayant remporté deux titres au cours de sa carrière. Il deviendra ensuite célèbre en tant qu’entraîneur de Novak Djokovic.
25 ans après leur première rencontre, à Monte-Carlo, Becker et Vajda se retrouveront dans l’équipe de Djokovic. Ensemble, ils conduiront notamment le Serbe à réaliser le Grand Chelem en carrière en 2016.

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