23 décembre 2003 : le jour où Zina Garrison est devenue la première femme noire capitaine de l’équipe de Fed Cup des États-Unis

Le 23 décembre 2003, Zina Garrison est nommée capitaine de l’équipe de Fed Cup des États-Unis, en remplacement de Billie Jean King.

On this day 23.12.20

Ce qu’il s’est passé ce jour-là et pourquoi c’est historique : Garrison remplace Billie Jean King

Ce jour-là, le 23 décembre 2003, Zina Garrison est nommée capitaine de l’équipe de Fed Cup des États-Unis, en remplacement de Billie Jean King, dont le leadership a été remis en question après plusieurs conflits avec ses joueuses. Garrison, qui, en tant que joueuse, avait atteint la quatrième place mondiale et disputé la finale de Wimbledon en 1990, est la première femme noire à être aux commandes de l’équipe américaine.

Les personnages

Zina Garrison est née en 1963, à Houston, Texas. Elle apprend le tennis dans le programme d’entraînement gratuit dirigé par John Wilkerson sur les terrains publics de Houston, et elle attire bientôt l’attention en devenant la première joueuse noire à être la numéro 1 du Texas. Elle remporte le premier de ses 14 titres à Zurich, en 1984, aux dépens de Claudia Kohde-Kilsch (6-1, 0-6, 6-2), et, la même année, elle fait son entrée dans le top 10. En 1985, elle atteint les demi-finales à Wimbledon (battue par Martina Navratilova, 6-4, 7-6), ce qui restera son meilleur résultat en Grand Chelem jusqu’à l’US Open 1988. Cette fois-là, elle bat Navratilova pour la première fois en 22 tentatives (6-4, 6-7, 7-5), mais elle s’incline ensuite en demi-finale face à Gabriela Sabatini (6-4, 7-5). En 1989, elle obtient le meilleur classement de sa carrière en occupant la 4e place mondiale, et en 1990, elle réalise la plus grande performance de sa carrière en atteignant la finale de Wimbledon, où elle est dominée par Navratilova, 6-4, 6-1. Elle décline ensuite progressivement, quittant le top 10 en 1991, avant d’atteindre une dernière fois les quarts de finale de Wimbledon, battue par Gigi Fernandez (6-4, 6-4). Elle prend sa retraite en 1997.

Billie-Jean King, née en 1943, est considérée comme l’une de plus grandes joueuses de tous les temps, à la fois grâce à son exceptionnel palmarès, mais aussi par le rôle qu’elle a joué dans le développement et la reconnaissance du tennis féminin. Elle totalise notamment douze titres du Grand Chelem et vingt-sept en double, et elle est à l’origine de la création de la Women’s Tennis Association (WTA), le premier syndicat représentant l’intérêt des joueuses de tennis professionnelles. Elle a aussi joué un rôle important dans le lancement du premier circuit féminin sponsorisé par la marque de cigarettes Virginia Slims. Première joueuse de l’histoire à avoir gagné plus de 100 000 $ en une saison, elle est également rentrée dans les annales en affrontant et en battant Bobby Riggs au cours d’un match extrêmement médiatisé connu comme la « Bataille des Sexes ». Mariée pendant des années à Larry King, qui fut à l’origine de l’idée d’un circuit purement féminin, elle est la première athlète de premier plan à affirmer publiquement son homosexualité, en 1981. Retraitée des courts en 1983, elle est nommée capitaine de l’équipe de Fed Cup en 1995.

L’histoire : En conflit avec les joueuses, Billie Jean King cède sa place

À la fin de l’année 2003, au sein de l’équipe américaine de Fed Cup, le capitanat de Billie Jean King, entamé en 1995, est à bout de souffle. Sous sa direction, les États-Unis ont remporté la compétition à trois reprises, en 1996, 1999 et en 2000, avec le concours de grandes joueuses telles que Monica Seles, Lindsay Davenport, Jennifer Capriati et les sœurs Williams. Cependant, ces dernières années, ses relations avec certaines joueuses se sont passablement refroidies.

En 2002, King exclut Capriati d’une rencontre face à l’Autriche, car la joueuse refuse d’annuler un entraînement privé avec son père. Cette décision oblige l’équipe à déclarer forfait pour le premier match, et la rencontre est finalement perdue, mais les autres joueuses de l’équipe soutiennent alors King.

À l’été 2003, King met sur le côté Serena Williams et Lindsay Davenport, qui avaient demandé à rejoindre l’équipe avec un jour de retard. Dans le cas de Serena, qui invoque le motif d’un tournage, la rigueur de King est compréhensible, mais pour Davenport, dont la mère devait subir une opération chirurgicale, la pilule est difficile à avaler. « Billie commande avec beaucoup de rigueur. Elle est dure avec chacune d’entre nous. Je lui ai dit que je pouvais jouer la prochaine rencontre de Fed Cup, mais que je ne pourrai pas arriver avant mardi soir parce que ma mère devait être opérée. Elle m’a dit de laisser tomber. Elle a fait la même chose avec Serena. »

Au bout du compte, les États-Unis s’inclinent contre la France en finale de la Fed Cup 2003. Malgré la présence de quatre joueuses américaines dans le top 10, les joueuses alignées en simple lors de cette rencontre sont Meghann Shaughnessy (17e mondiale), Lisa Raymond (28e) et Alexandra Stevenson (82e).

En dépit de cette fin quelque peu amère, King reste positive, sachant que c’est Zina Garrison, qui la seconde dans sa mission depuis déjà quelques années, qui va reprendre les rênes de l’équipe.

« J’ai beaucoup apprécié le capitanat de l’équipe de Fed Cup des États-Unis », déclare-t-elle, d’après le Los Angeles Times. « J’ai toujours été passionnée par les compétitions internationales par équipes, qui demandent beaucoup d’engagement. C’est avec grand plaisir que j’appuie totalement la décision de la fédération de choisir Zina, qui, j’en suis convaincue, est la personne la plus à même de mener cette équipe à la victoire. »

Garrison, quant à elle, est enthousiaste à l’idée d’endosser ce nouveau rôle.

« Je suis ravie d’être nommée capitaine et je suis prête à aller chercher le titre. (…) J’ai beaucoup appris chaque année en travaillant aux côtés de Billie Jean. »

Sa première rencontre dans la peau de capitaine sera face à la Slovénie, les 24 et 25 avril 2004.

La postérité du moment : Aucune finale de Fed Cup avec Garrison

Zina Garrison restera à la tête de l’équipe américaine de Fed Cup jusqu’en 2008. Incapable de rassembler toutes ses meilleures joueuses en même temps, elle ne parviendra jamais à mener son équipe jusqu’à une finale de Fed Cup, et elle sera remplacée par Mary Joe Fernandez en 2009.

En février 2009, Garrison attaquera la Fédération Américaine en justice, estimant avoir été discriminée en touchant un salaire largement inférieur à celui du capitaine de la Coupe Davis, Patrick McEnroe.

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