24 avril 2005 : le jour où Nadal s’est imposé pour la première fois à Barcelone

Le 24 avril 2005, Rafael Nadal, 18 ans, domine Juan Carlos Ferrero en finale du tournoi de Barcelone (6-1, 7-6, 6-3).

On this day Nadal 24.04.2021

Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Nadal entre dans le top 10 (et n’en sortira jamais)

Ce jour-là, le 24 avril 2005, Rafael Nadal domine Juan Carlos Ferrero en finale du tournoi de Barcelone (6-1, 7-6, 6-3). Cette victoire, en plus de lui offrir son deuxième titre sur terre battue en deux semaines, propulse le jeune Espagnol de 18 ans dans le top 10 pour la première fois, et il conservera sa place parmi l’élite pendant les 16 années suivantes sans interruption, ne descendant jamais plus bas que la 10e place mondiale, en 2015.

Nadal et Ferrero, Barcelone 2005

Les acteurs : Le phénomène Rafael Nadal et le terrien Juan Carlos Ferrero

En avril 2005, lorsque débute le tournoi de Barcelone, le jeune Rafael Nadal n’a que 18 ans mais il s’est déjà imposé sur le circuit comme une menace à l’ordre établi. En 2002, Nadal, âgé de 15 ans, 10 mois et 26 jours, fait sa première apparition sur le circuit principal, invité dans le tableau principal par le directeur de l’Open de Majorque. Devant son public, le 762e joueur mondial non seulement dispute, mais se permet même de gagner son premier match ATP, en battant le 81e joueur mondial, Ramon Delgado, en deux sets (6-4 6-4). Un an plus tard, en 2003, à 16 ans, au Masters 1000 de Monte-Carlo, il bat le tenant du titre de Roland-Garros, Albert Costa (7-5, 6-3), avant d’atteindre le troisième tour de Wimbledon (éliminé par Paradorn Srichaphan, 6-4, 6-4, 6-2). En 2004, il élimine le nouveau n°1 mondial, Roger Federer, au Masters 1000 de Miami (6-4, 6-4) et participe à la victoire espagnole en Coupe Davis en battant le n°2 mondial, Andy Roddick, lors de la finale contre les États-Unis (6-2, 6-7, 7-6, 6-2). En août, il remporte au passage son premier tournoi ATP, à Sopot, en battant Jose Acasuso en finale (6-3, 6-4). Il commence l’année 2005 en atteignant les huitièmes de finale de l’Open d’Australie (battu par Lleyton Hewitt, 7-5, 3-6, 1-6, 7-6, 6-2), avant de décrocher deux titres consécutifs sur terre battue en Amérique du Sud (à Costa do Sauipe et Acapulco). Ensuite, au Masters 1000 de Miami, il se hisse en finale où, à l’étonnement général, il se détache deux manches à rien face à Roger Federer, avant de voir le n°1 mondial remonter et lui damer le pion (2-6, 6-7, 7-6, 6-3, 6-1). Il est alors 17e mondial, mais après avoir remporté son premier Masters 1000 à Monte-Carlo (aux dépens de Guillermo Coria, 6-3, 6-1, 0-6, 7-5), il se retrouve 11e, aux portes du top 10.

Juan Carlos Ferrero, né en 1980, surnommé « el Mosquito » (le Moustique), a connu ses plus belles années entre 2000 et 2003. A cette époque, il est considéré comme l’un des tous meilleurs joueurs du monde sur terre battue : avec un rapport victoires-défaites de 111 à 25, il y remporte trois de ces quatre titres en Masters 1000, et compte un rapport de 23 victoires pour trois défaites à Roland-Garros, où il atteint la finale en 2002 avant de s’imposer en 2003 face à Martin Verkerk (6-1, 6-3, 6-2). Cette année-là, en 2003, il devient même n°1 mondial au mois de septembre, après avoir atteint la finale à l’US Open, vaincu par Andy Roddick (6-3, 7-6, 6-3), qui allait d’ailleurs le remplacer au sommet du classement ATP huit semaines plus tard. Ferrero commence bien la saison 2004, éliminé seulement en demi-finales de l’Open d’Australie par Roger Federer (6-4, 6-1, 6-4), avant que la varicelle, puis une blessure au poignet, ne viennent ruiner sa saison. Sorti du top 10 en septembre, il termine l’année à la 31e place mondiale. Battu au troisième tour de l’Open d’Australie par Guillermo Coria (6-3, 6-2, 6-1), il est proche de quitter le top 100 (il descend à la 98e place mondiale), mais après avoir atteint les huitièmes de finale à Miami et les demi-finales à Monte-Carlo, il remonte à la 58e place avant d’arriver à Barcelone.

Le lieu : Barcelone

Le tournoi de Barcelone, créé en 1953, est une étape de la saison européenne sur terre battue, qui précède Roland-Garros. Disputé dans la foulée du tournoi  de Monte-Carlo, c’est un tournoi prestigieux, gagné par de nombreux anciens ou futurs vainqueurs de Roland-Garros, comme Bjorn Borg, Ivan Lendl, ou, plus tard, Thomas Muster, Juan Carlos Ferrero et Carlos Moya.

L’histoire : Nadal remporte son premier titre à Barcelone, sans laisser un set en finale à Ferrero

Bien que Juan Carlos Ferrero n’ait que 23 ans en 2005, sa rencontre avec Rafael Nadal, à l’occasion de la cinquième finale 100% espagnole de l’histoire du tournoi de Barcelone, ressemble presque à un choc des générations.

Ferrero a été l’un des meilleurs joueurs sur terre battue au début des années 2000. Les amateurs de tennis se souviennent de sa rivalité avec Gustavo Kuerten et de son triomphe à Roland-Garros, en 2003, quelques mois avant qu’il ne devienne le premier Espagnol à atteindre la première place mondiale. Cela semble déjà être arrivé il y a une éternité. En l’espace d’un an seulement, en raison de maladies et de blessures, Ferrero est passé du sommet du classement au 98e rang mondial en février 2005. Ses résultats au cours des premiers mois de la saison n’ont pas été excellents, mais lorsque la saison sur terre battue a commencé, il a atteint les demi-finales à Monte-Carlo (défaite contre Guillermo Coria, 7-5, 6-2). La semaine suivante, à Barcelone, il échappe à une défaite au premier tour contre Albert Montanes (6-3, 3-6, 7-5) et bat Gaston Gaudio, le tenant du titre de Roland-Garros, en quart de finale (6-4, 4-6, 6-3). 

En finale, il affronte la nouvelle star du circuit, Rafael Nadal. Le gaucher de 18 ans vient de remporter son premier titre en Masters 1000 à Monte-Carlo et, avec son incroyable coup droit lifté, sa défense de fer et sa combativité, de nombreux observateurs pensent déjà qu’il va dominer le tennis sur terre battue dans un avenir proche. À Barcelone, le jeune homme a traversé le tableau sans perdre un seul set.

Quelques semaines auparavant, Nadal avait balayé Ferrero à Valence (6-2, 6-1) et, dans le premier set de la finale de Barcelone, il étouffe une nouvelle fois le « Mosquito » par sa puissance, n’abandonnant qu’un seul jeu (6-1). Les efforts de l’ancien numéro 1 mondial se montrent toutefois payants dans le deuxième set, mais, malgré un break précoce, il est emmené au tie-break. Dans cette bataille acharnée du fond du court, c’est Nadal qui l’emporte, 7-4. Il survole ensuite le troisième set, pour remporter son deuxième titre en deux semaines, ce qui le propulse dans le top 10 mondial pour la première fois.

« Je suis ravi et je me sens incroyablement heureux de ces deux mois incroyables », déclare Nadal, selon Eurosport.com. « C’est génial d’être classé n°7 mondial dès le mois d’avril et c’est un rêve devenu réalité de gagner ici et à Monte-Carlo. Ces deux semaines ont été fantastiques ».

Nadal est en grande forme en ce moment », déclare Ferrero. « J’ai bien joué, sauf que j’ai fait quelques erreurs sur des points cruciaux. Quand vous êtes au sommet comme lui, tout semble aller pour le mieux, mais cela ne dure pas éternellement. »

La postérité du moment : Le début d’une grande carrière pour Nadal, Ferrero ne retrouvera pas son niveau

Nadal s’appliquera à donner tort aux déclarations de Ferrero. A Rome, débordant de confiance, il continuera sa série victorieuse, dominant en finale Guillermo Coria à l’issue de la plus longue finale jamais disputée sur le circuit ATP (6-4, 3-6, 6-3, 4-6, 7-6). Ces résultats incroyables feront de lui le favori à l’occasion de sa première participation à Roland-Garros. Cette nouvelle pression ne perturbera pas Nadal, qui remportera le tournoi dès son coup d’essai, écartant au passage Roger Federer en demi-finale (6-3, 4-6, 6-4, 6-3) puis Mariano Puerta en finale (6-7, 6-3, 6-1, 7-5). Il ne sera battu sur sa surface de prédilection que le 20 mai 2007, lorsque Federer parviendra enfin à la battre sur terre (2-6, 6-2, 6-0). Au cours des années à venir, il remportera 13 fois Roland-Garros, mais il accomplira également le Grand Chelem en carrière, accumulant un total de 20 titres majeurs.

Ferrero ne parviendra jamais à réintégrer le top 10, restant malgré tout un solide joueur du top 30, et, bien que toujours capable de coups d’éclat occasionnels, il évoluera désormais bien loin de sa grandeur passée. Il atteindra pour la dernière fois un quart de finale en Grand Chelem à Wimbledon en 2009, battu par Andy Murray (7-5, 6-3, 6-2), et participera cette même année à la campagne victorieuse de l’Espagne en Coupe Davis. Il restera ensuite dans le top 30 jusqu’en 2011, où de nouvelles blessures l’éloigneront du circuit pendant sept mois. Après un dernier effort pour remonter à la 37e place mondiale en juillet 2012, il prendra sa retraite en octobre de la même année.

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