29 décembre 1958 : le jour où le Péruvien Alex Olmedo a joué pour les États-Unis lors de la finale de la Coupe Davis

Le 29 décembre 1958, le Péruvien Alex Olmedo joue sous le drapeau des États-Unis lors de la finale de la Coupe Davis contre l’Australie, bien qu’il n’ait pas la nationalité américaine.

On this day 29.12.20

Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Un Péruvien représente les USA

Ce jour-là, le 29 décembre 1958, le Péruvien Alex Olmedo joue sous le drapeau des États-Unis lors de la finale de la Coupe Davis contre l’Australie, bien qu’il n’ait pas la nationalité américaine. Le Sud-Américain est autorisé à jouer car il réside dans le pays depuis plus de trois ans et parce que le Pérou n’a pas d’équipe de Coupe Davis, mais sa sélection est tout de même controversée. Cependant, la plupart des critiques se radoucissent lorsqu’il domine le 2e joueur mondial, Mal Anderson, en quatre sets (8-6, 2-6, 9-7, 8-6) pour donner l’avantage à son pays, 1-0, avant d’aller chercher la victoire en finale en remportant le double puis en venant à bout du numéro 1 mondial, Ashley Cooper, le dernier jour de la rencontre.

Les acteurs

Alex Olmedo, le coeur américain

Alex Olmedo, dont le père, Salvador, était professeur de tennis, est né au Pérou en 1936. Il vient en Californie à l’âge de 17 ans pour disputer des tournois plus importants, grâce à une collecte de fonds menée par des supporters. Après avoir travaillé un temps dans un magasin de tennis et appris l’anglais, il intègre l’University of Southern California, et devient champion universitaire en 1956 et 1958. Cette année-là, il atteint les quarts de finale de l’US Nationals (éliminé par Neale Fraser, 3-6, 6-1, 8-6, 3-6, 6-3), et il est choisi par le capitaine de l’équipe américaine de Coupe Davis, Perry Jones, pour disputer la finale interzone contre l’Italie. Bien que sa sélection soit controversée (il n’a pas la nationalité américaine), il remporte ses trois matches, battant au passage la légende italienne Nicola Pietrangeli lors du premier match (5-7, 10-8, 6-0, 6-1), et propulse son équipe en finale. 

Mal Anderson, 2e mondial chez les amateurs

Né en 1935 en Australie, dans l’État du Queensland, Mal Anderson est au sommet de sa forme à la fin de l’année 1958. Il vient de réaliser les deux meilleures saisons de sa carrière. En 1957, il remporte son premier et unique tournoi du Grand Chelem, en battant son compatriote Ashley Cooper en finale de l’US Nationals (10-8, 7-5, 6-4). L’année suivante, il dispute deux nouvelles finales de Grand Chelem, mais Cooper prend sa revanche en le dominant en finale des Championnats d’Australie (7-5, 6-, 6-4) puis en finale de l’US Nationals (6-2, 3-6, 4-6, 10-8, 8-6). Grâce à ses superbes résultats, il est le 2e joueur mondial chez les amateurs.

Le lieu : Brisbane

La finale de la Coupe Davis 1958 se déroule à Milton Courts, à Brisbane, capitale de l’État du Queensland, en Australie. Les Championnats d’Australie (qui deviendront l’Open d’Australie après 1968) s’y sont joués en 1923 et en 1956. Le court central, inauguré en 1915, peut accueillir jusqu’à 7000 spectateurs. 

L’histoire : Une controverse vite éteinte par le talent d’Olmedo

En 1958, la Coupe Davis se joue encore sous le format du Challenge Round, ce qui signifie que chaque année, le tenant du titre est automatiquement qualifié pour la finale, qu’il dispute à domicile. En 1957, c’est l’Australie qui avait triomphé.

Afin de pouvoir défier l’Australie pour le titre, les États-Unis ont d’abord dû remporter le tournoi de la zone américaine, avant de gagner l’épreuve interzone. Ce tournoi interzone se déroule déjà en Australie, à Perth, et en finale, l’équipe américaine domine l’Italie (5-0). Lors de cette rencontre, le capitaine Perry Jones fait le choix critiqué de sélectionner Alex Olmedo, qui vient de jouer les quarts de finale de l’US Nationals, mais qui n’a pas la nationalité américaine. Les règles lui permettent de jouer, car son pays d’origine n’a pas d’équipe de Coupe Davis, et il est résident américain depuis plus de trois ans. Si certains journalistes n’y trouvent rien à redire (c’est le cas d’Allison Danzig, du New York Times, pour qui les autorités « donnent une chance égale à chaque joueur, qu’il soit né sur le sol américain ou non »), d’autres s’indignent qu’on ne puisse pas trouver de joueur « local » digne de représenter la nation (comme par exemple Arthur Daley, qui écrit dans The times of the World que la participation d’Olmedo « doit faire du tennis américain la risée du monde entier.»)

La controverse s’apaise lorsqu’Olmedo gagne ses deux simples ainsi que le double pour qualifier son équipe pour le fameux Challenge Round. Cependant, Perry Jones aime prendre des risques. Le 29 décembre 1958, il démarre la grande finale en collant sur le banc le n°1 américain, Ham Richardson, pour lancer Olmedo contre le n°2 mondial, Mal Anderson, qui a joué trois finales majeures ces deux dernières années. Ce choix audacieux s’avère payant, puisque le Péruvien s’impose (8-6, 2-6, 9-7, 8-6), apportant à son équipe un précieux premier point avant que son coéquipier, Barry MacKay, ne s’incline face au n°1 mondial, Ashley Cooper (4-6, 6-3, 6-2, 6-4).  

La postérité du moment

Le jour suivant, Alex Olmedo confirmera sa grande forme du moment. Associé à Ham Richardson, il vient à bout de Neale Fraser et Mal Anderson à l’issue d’un double homérique (10-12, 3-6, 16-14, 6-3, 7-5). Le dernier jour, le Péruvien apporte aux États-Unis le point de la victoire en battant le meilleur joueur au monde, Ashley Cooper, en quatre sets (6-3, 4-6, 6-4, 8-6). 

Grâce à la confiance accumulée à l’issue de cette incroyable performance, Olmedo remportera ses deux seuls titres du Grand Chelem en 1959, dominant Fraser en finale des Championnats d’Australie (6-1, 6-2, 3-6, 6-3) et Rod Laver en finale de Wimbledon (6-4, 6-3, 6-4). Après sa défaite en finale des US Nationals contre Fraser (6-3, 5-7, 6-2, 6-4), il passera professionnel en 1960.

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