3 juillet 1995 : Le jour où Pancho Gonzales, légende du jeu à la personnalité controversée, est mort

Pancho Gonzales est décédé le 3 juillet 1995, des suites d’un cancer de l’estomac, après une carrière singulière et une vie agitée. Il n’en a pas mons marqué l’histoire du tennis.

3 juillet 2021
Pancho Gonzales, On This Day

Ce qui s’est passé ce jour-là et pourquoi cela a marqué l’histoire du tennis

Le 3 juillet 1995, la légende du tennis Pancho Gonzales, de son vrai nom Ricardo Alonso González, meurt des suites d’un cancer de l’estomac, à l’âge de 67 ans. Vainqueur de l’US Nationals, l’ancêtre de l’US Open, en 1948 et 1949, Gonzales est rapidement passé professionnel et a dominé le circuit pro dans les années 1950. Connu pour sa technique irréprochable et son esprit combatif, il était également connu pour sa personnalité controversée et sa vie personnelle agitée.

L’histoire

  • La jeunesse

Pancho Gonzales est né en 1928 au Mexique. Mais sa famille déménage à Los Angeles lorsqu’il est encore enfant. Il commence à jouer au tennis à l’âge de 12 ans, lorsque sa mère lui achète une raquette à 50 cents avec laquelle il apprend à jouer lui-même sur les courts publics de Los Angeles. Dans ses jeunes années, il est ignoré par l’establishment du tennis en raison de son origine sociale et de ses démêlés avec la justice (il a été arrêté une fois pour cambriolage à l’âge de 15 ans). Gonzales ne renonce pourtant pas à son rêve et, dès 1948, il remporte l’US Nationals, à Forest Hills, en battant Eric Sturgess en finale (6-2, 6-3, 14-12). Un an plus tard, après avoir défendu son titre avec succès, Gonzales prend la décision de signer un contrat avec Jack Kramer pour devenir professionnel, à l’âge de seulement 21 ans.

  • Un des plus grands joueurs de son temps avec une forte personnalité

Comme l’avaient prédit des joueurs expérimentés comme Don Budge et Bobby Riggs, Gonzales est alors bien jeune pour se lancer chez les pros et, au cours de sa première année, lors d’une longue tournée face à Kramer lui-même, il est battu 96 fois en 123 matchs. Beaucoup pensent alors que sa carrière ne s’en remettra pas, et cette expérience difficile a un impact terrible sur sa personnalité. Cependant, Gonzales revient plus fort les années suivantes, et dès 1955, il domine le tennis professionnel. Plus grand que la plupart de ses adversaires, il s’appuie sur un grand service, mais il est également admiré pour son jeu de jambes et son habileté au filet. Au cours de ces années, il vient à bout de nombreux grands noms, tels que Tony Trabert, Pancho Segura, Lew Hoad et Ken Rosewall.

Gonzales remporte l’US Pro à huit reprises, record absolu du tournoi. Jusqu’en 1968, les joueurs professionnels ne sont pas autorisés à participer aux tournois du Grand Chelem, ce qui explique que les exploits de Gonzales soient un peu oubliés après sa carrière. De fait, au moment de l’avènement de l’ère Open, il a 40 ans, mais il veut faire partie de ce grand moment de l’histoire du tennis. “Après avoir attendu ça toutes ces années, dit Gonzales, selon Sports Illustrated, je devais être là quand c’est enfin arrivé.” Lors des British Hard Court Championships à Bournemouth, le tout premier tournoi Open, il est le premier joueur professionnel à perdre contre un amateur, Mark Cox. Malgré son âge, il ne veut pas mettre un terme à sa carrière de la sorte et s’entraîne intensivement pour retrouver la forme. Au premier tour de Wimbledon 1969, à 41 ans, il remporte un match qui marquera l’histoire du tournoi, en battant Charlie Pasarell (22-24, 1-6, 16-14, 6-3, 11-9), après 5 heures et 12 minutes de jeu. Non seulement ce match restera le plus long jamais joué à Wimbledon jusqu’en 2010, mais il amènera également les promoteurs du tennis à réfléchir à l’introduction du tie-break.

Pancho Gonzales est également célèbre pour sa personnalité controversée. Hurlant sur les juges de ligne ainsi que sur ses adversaires, il est souvent décrit comme “un loup solitaire” que la plupart des autres joueurs n’apprécient pas.
“C’était le compétiteur le plus acharné qui ait jamais joué. Il se battait encore et encore, jusqu’à sa mort”, estime Charlie Pasarell, tandis que, selon Rod Laver : “Il devient plus méchant à chaque fois que vous jouez contre lui”. Certains joueurs cependant, comme Tony Trabert, pensent que Gonzales va trop loin, en faisant une affaire personnelle. De plus, ses relations avec les sponsors et les promoteurs sont toujours extrêmement compliquées.

  • Vie privée

La vie privée de Pancho Gonzales est agitée, à l’image de son comportement sur le terrain. Le plus grand joueur des années 1950 se marie à six reprises, chacun de ses mariages se soldant par un divorce, et a sept enfants. Capitaine de l’équipe américaine de Coupe Davis en 1963 lors de la finale contre l’Australie, confronté à de graves problèmes dans son second mariage, il quitte son équipe avant même le début des matchs. Sa dernière épouse, Rita, est la sœur aînée d’une future légende du tennis, Andre Agassi.

Gonzalez s’éteint le 3 juillet 1995, pauvre et isolé, des suites d’un cancer de l’estomac. C’est Agassi, N°1 mondial à l’époque, qui paie ses funérailles. “L’histoire du tennis est assez complexe”, explique Agassi, “et à moins d’en avoir pris connaissance, on peut ne pas avoir une idée de l’importance de Pancho Gonzalez.”

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