4 janvier 1981 : le jour où la surprise Brian Teacher a remporté l’Open d’Australie

Le 4 janvier 1981, le surprenant Brian Teacher domine Kim Warwick (7-5, 7-6, 6-2) pour s’adjuger son premier et unique titre majeur à l’Open d’Australie.

On this day 04.01.2021

Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Brian Teacher remporte son unique Grand Chelem à la surprise générale

Ce jour-là, le 4 janvier 1981, le surprenant Brian Teacher, qui n’avait auparavant jamais atteint les quarts de finale d’un tournoi du Grand Chelem, domine Kim Warwick (7-5, 7-6, 6-2) pour s’adjuger son premier et unique titre majeur. Teacher avait failli renoncer à participer au tournoi en raison de problèmes conjugaux, mais avait, au dernier moment, décidé de jouer quand même.

Les acteurs

Brian Teacher, 17e mondial

Né en 1954, Brian Teacher étudie et joue au tennis à l’Université de Californie du Sud jusqu’à ce qu’il décide de passer pro, en 1976. Pratiquant le service-volée, il est plus à l’aise sur surface rapide, et, après avoir remporté ses deux premiers titres sur moquette en 1977 et 1978, il gagne le tournoi le plus important de sa carrière en 1979, à Newport, en battant Stan Smith en finale (1-6, 6-3, 6-4). En Grand Chelem, il atteint les huitièmes de finale à l’US Open 1978 (éliminé par Johan Kriek, 7-6, 6-3, 7-6) et à Wimbledon en 1979 (battu par Bjorn Borg, 6-4, 5-7, 6-4, 7-5). Avant l’Open d’Australie, il dispute quatre finales consécutives et occupe le 17e rang mondial.

Kim Warwick, 36e mondial

L’Australien Kim Warwick est né en 1952. 36e mondial, il a remporté le plus important de ses 3 titres en novembre 1980, à Johannesbourg, aux dépens de Fritz Buehning (6-2, 6-1, 6-2). Son meilleur résultat en Grand Chelem est un quart de finale disputé à l’Open d’Australie en 1975 (battu par Jimmy Connors, 6-3, 6-2, 6-2). Warwick est également connu pour avoir manqué 11 balles de match avant de s’incliner face à Adriano Panatta au premier tour des Internationaux d’Italie en 1976.

Le lieu : l’Open d’Australie

Contrairement aux autres tournois du Grand Chelem, l’Open d’Australie (d’abord appelé Championnat d’Australasie puis Championnat d’Australie) a changé plusieurs fois de lieu au fil des ans. L’épreuve changeait même de ville chaque année avant de s’installer à Melbourne en 1972, et pas moins de cinq villes australiennes l’ont accueillie à au moins trois reprises : Melbourne, Sydney, Adelaide, Brisbane et Perth. Ses dates ont été assez mouvantes également, entre début décembre et fin janvier, faisant de l’Open d’Australie parfois le premier, parfois le dernier Grand Chelem de la saison. À l’époque, la plupart des meilleurs joueurs font l’impasse sur l’épreuve en raison de son éloignement et des prix insuffisants. 

L’histoire : Teacher aurait pu ne jamais jouer un point en Australie

Le premier joueur à se qualifier pour la finale de l’Open d’Australie 1980, Brian Teacher, s’était à l’origine retiré du tournoi. Après sa défaite en finale à Sydney, il téléphone à sa femme pour lui parler des balles de match qu’il a manquées, et elle réplique en l’informant qu’elle demande le divorce. Teacher a l’intention de rentrer chez lui pour sauver son mariage : « J’ai appelé (le directeur du tournoi) Colin Stubbs et je me suis retiré du tableau. J’ai dit à Colin que je m’étais fait mal au dos avec toutes ces finales consécutives et il m’a dit, ‘c’est dommage’ ».

Toutefois, son beau-père le dissuade finalement de rentrer, et le directeur du tournoi parvient à le réintégrer discrètement au tableau :

« Brian, tu sais que je ne peux pas faire ça, je viens de t’enlever et j’ai mis quelqu’un à la place, mais je crois que quelqu’un d’autre est sur le point de déclarer forfait, laisse-moi voir ce que je peux faire, mais tu ne peux en parler à personne parce que je ne suis pas censé faire ça. »

Teacher, qui vient d’atteindre quatre finales d’affilée avant le tournoi, est en grande forme, et son jeu de service-volée est particulièrement efficace sur gazon. Les trois meilleurs mondiaux ont à nouveau ignoré le tournoi, et il se fraye ainsi un chemin jusqu’en finale, après s’être défait de Peter McNamara en demi-finale (6-7, 7-5, 6-3, 6-4).

En finale, il affronte un joueur local, Kim Warwick, qui, malheureusement, entame la finale à bout de forces, sa demi-finale contre le double tenant du titre Guillermo Vilas ayant été disputée sur deux jours. Ainsi, le 4 janvier 1980, Warwick commence par jouer la fin de son match contre Vilas (6-7, 6-4, 6-2, 2-6, 6-4), avant de remporter la finale du double, associé à Mark Edmondson. Son épaule lui fait déjà souffrir le martyre, et il reçoit une injection contre la douleur avant le double.

« Je ne veux pas me trouver d’excuse, je n’aurais probablement pas gagné de toutes façons », déclare Warwick, d’après le New York Times. Il ajoute qu’en se levant le matin, il était incapable de lever le bras droit. « Je ne pouvais pas soulever une tasse de thé”, précise-t-il.

Sans surprise, Teacher s’impose en trois sets, 7-5, 7-6, 6-2.

« Jusqu’à présent, je ne pensais pas que je gagnerais un jour un tournoi du Grand Chelem », déclare l’improbable vainqueur de l’Open d’Australie 1980. « C’est une sensation très agréable. Je crois que je voulais vraiment gagner le tournoi et j’étais plutôt déterminé à me battre jusqu’au bout. Avoir gagné me donne beaucoup de confiance. »

La postérité du moment

Brian Teacher atteindra son meilleur classement, 7e mondial, en mai 1981. Au cours des années à venir, il ajoutera 4 titres à son palmarès, le plus important d’entre eux étant celui de Dortmund, en 1982, conquis aux dépens de Wojtek Fibak (6-7, 6-4, 6-4, 2-6, 6-4). En 1982, il atteindra les quarts de finale à Wimbledon (battu par Tim Mayotte, 6-7, 7-6, 7-5, 3-6, 6-1) et à l’Open d’Australie (éliminé par Hank Pfister, 6-1, 6-3, 6-7, 1-6, 7-6).

Montant jusqu’à la 15e place mondiale en 1981, Kim Warwick disputera les quarts de finale de l’Open d’Australie cette même année (battu par Pfister, 6-1, 4-6, 6-4, 6-3), avant d’atteindre ce stade de la compétition une dernière fois à l’US Open 1982 (éliminé par Ivan Lendl, 6-4, 6-3, 6-1).

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