13 décembre 1982 : Le jour où Kriek a gagné l’Open d’Australie pour la deuxième fois… dans la même année

Le 13 décembre 1982, Johan Kriek a accompli un exploit particulier : remporter l’Open d’Australie pour la deuxième fois dans la même année, et en battant le même adversaire en finale, Steve Denton.

Johan Kriek, On This Day

Ce qu’il s’est passé : L’improbable doublé de Kriek

Ce jour-là, le 13 décembre 1982, Johan Kriek réalise un exploit à la fois unique et étrange : en remportant l’Open d’Australie 1982, il gagne le tournoi pour la deuxième fois au cours de la même année calendaire. En effet, Kriek avait triomphé à l’issue de l’édition 1981, qui s’était terminée le 3 janvier 1982 (en battant en finale Steve Denton, 6-2, 7-6, 6-7, 6-4). C’est ainsi que, lorsqu’il domine à nouveau le même Denton en finale (6-3, 6-3, 6-2), il devient le seul et unique joueur de l’histoire à remporter le même tournoi du Grand Chelem à deux reprises en moins de douze mois. Le tout en battant le même adversaire en finale.

Les personnages : Le gaucher sud-africain naturalisé américain et le serveur surpuissant

Johan Kriek, originaire d’Afrique du Sud, mais qui vient d’obtenir la nationalité américaine, est né en 1958. Son tennis très offensif en fait surtout un adversaire redoutable sur surface rapide. Il passe pro en 1978 et, dès l’année suivante, il remporte son premier tournoi, à Sarasota, aux dépens de Rick Meyer (7-6, 6-2). En 1980, il réalise une première performance marquante en Grand Chelem, lorsqu’il se hisse en demi-finales de l’US Open et se détache deux sets à zéro face à Bjorn Borg, avant de s’écrouler (4-6, 4-6, 6-1, 6-1, 6-1). En 1981, il est quart-de-finaliste à Wimbledon (battu par John McEnroe, 6-1, 7-5, 6-1). Mais à la fin de l’année, il devient le premier Sud-Africain à s’imposer en Grand Chelem, lorsqu’il bat Steve Denton en finale de l’Open d’Australie (6-2, 7-6, 6-7, 6-4). Un mois plus tard, à Memphis, il parvient à battre McEnroe (6-3, 3-6, 6-4), remportant ainsi son cinquième titre. Mais le gaucher américain le domine à nouveau en quarts de finale de Wimbledon (4-6, 7-5, 6-2, 6-3). À l’entame de l’Open d’Australie 1982, il est 12e mondial.

Steve Denton est considéré comme le serveur le plus puissant de son temps. En 1982, l’Américain, né en 1956, a servi plus d’aces que n’importe quel autre joueur du circuit, et il affirme avoir réussi 12 aces consécutifs lors d’un match de double à Stockholm. Il a la particularité de prendre deux pas d’élan avant de servir (ce qui sera ensuite interdit par le règlement). Joueur à maturation tardive ayant joué pour l’Université du Texas, il dispute sa première finale à l’Open d’Australie 1981, où il est battu par Johan Kriek. L’année suivante, il se hisse en huitièmes de finale de Wimbledon (éliminé par Gene Mayer, 6-3, 6-4, 6-4), et à l’US Open, associé à Kevin Curren, il remporte l’épreuve de double. Il arrive à l’Open d’Australie avec le dossard No 13.

Le lieu : L’Open d’Australie enfin posé à Melbourne

Contrairement aux autres tournois du Grand Chelem, l’Open d’Australie (d’abord appelé Championnat d’Australasie puis Championnat d’Australie) a changé plusieurs fois de lieu au fil des ans. L’épreuve changeait même de ville chaque année avant de s’installer à Melbourne en 1972, et pas moins de cinq villes australiennes l’ont accueillie à au moins trois reprises : Melbourne, Sydney, Adelaïde, Brisbane et Perth. Ses dates ont été assez mouvantes, entre début décembre et fin janvier, faisant de l’Open d’Australie parfois le premier, parfois le dernier Grand Chelem de la saison. Jusqu’à 1982, la plupart des meilleurs joueurs font l’impasse sur l’épreuve en raison de son éloignement, des dates proches des fêtes de fin d’année et du prize-money insuffisant.

Melbourne Park, Aus.

L’histoire : Cette fois, une finale à sens unique

Bien qu’ils ne soient que 12e et 13e au classement mondial, Johan Kriek et Steve Denton sont les têtes d’affiche de l’Open d’Australie 1982. D’ailleurs, les deux joueurs se sont déjà affrontés lors de la finale de l’édition 1981, qui s’est bizarrement tenue le 3 janvier 1982, et Kriek l’avait emporté en quatre sets.

Dans un tournoi miné par la pluie, au point que les troisième et quatrième tours ont été joués au meilleur des trois manches, les deux joueurs se font chacun une frayeur au stade des demi-finales. Kriek s’en sort de justesse face à Paul McNamee (7-6, 7-6, 4-6, 3-6, 7-5), tandis que Denton est poussé dans ses retranchements par Hank Pfister (6-4, 4-6, 6-3, 3-6, 7-6).

La finale, disputée le 13 décembre, est en revanche à sens unique, Kriek dominant largement Denton en trois sets (6-3, 6-3, 6-2) et devenant ainsi le seul joueur de l’histoire du tennis à gagner deux fois le même tournoi du Grand Chelem au cours de la même année calendaire.

La postérité du moment

À partir de 1983, les meilleurs joueurs commenceront à faire le déplacement à l’Open d’Australie, et Kriek y sera battu par Mats Wilander en 1983, 1984 et 1985 (une fois en demi-finale, deux fois en quarts). Atteignant son meilleur classement, 5e mondial, en 1985, Kriek atteindra aussi le dernier carré de Roland-Garros en 1986, battant au passage Guillermo Vilas (3-6, 7-6, 7-6, 7-6), avant de tomber sur un os contre Ivan Lendl (6-2, 6-1, 6-0).

Steve Denton ne dépassera plus jamais le troisième tour d’un tournoi du Grand Chelem. Malgré six finales disputées au long de sa carrière, il ne gagnera pas le moindre tournoi, et son meilleur classement restera une 12e place mondiale atteinte en 1983. En 1984, Denton établira un record de vitesse au service (222 km/h) qui ne sera battu que 13 ans plus tard par Mark Philippoussis, qui atteindra les 229 km/h.

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