19 août 2007 : le jour où Roger Federer a remporté son 50e titre

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Le 19 août 2007, en battant James Blake en finale du Masters 1000 de Cincinnati, Roger Federer remporte son 50e titre sur le circuit ATP.

Roger Federer

Ce qui s’est passé jour-là : La domination sans partage de Federer

Ce jour-là, le 19 août 2007, en battant James Blake (6-1 6-4) en finale du Masters 1000 de Cincinnati, Roger Federer remporte son 50e titre sur le circuit et, à l’âge de 26 ans, devient le 9e joueur le plus titré de l’histoire. C’est son 5e titre de la saison, mais c’est surtout son 39e depuis son accession à la première place mondiale, après avoir gagné l’Open d’Australie trois ans et demi plus tôt. En cours de route, le Maestro a depuis accumulé pas moins de 10 titres du Grand Chelem. Ces chiffres fantastiques montrent l’étendue de la domination de Federer lors de ses plus grandes années. 

Les acteurs :

Federer le patron

Roger Federer, le génie suisse, âgé de 25 ans, est numéro 1 mondial sans interruption depuis le 2 février 2004. Depuis juillet 2003, il a remporté onze tournois du Grand Chelem : l’Open d’Australie (2004, 2006, 2007), Wimbledon (2003, 2004, 2005, 2006, 2007) et l’US Open (2004, 2005, 2006). En 2006, sa meilleure saison à ce jour, il a gagné douze tournois dont trois Grands Chelems, le Masters et quatre Masters Series, comptabilisant 92 victoires pour seulement 5 défaites, dont quatre contre son seul vrai rival du moment, Rafael Nadal. L’Espagnol est la raison principale pour laquelle Federer n’a pas encore triomphé à Roland-Garros : il s’est incliné contre lui en demi-finale en 2005 (6-3 4-6 6-4 6-3), puis en finale en 2006 (1-6 6-1 6-4 7-6). Il a commencé l’année 2007 en s’imposant à l’Open d’Australie sans perdre un set, en disposant en finale de Fernando González (7-6 6-4 6-4). Il a ensuite connu une étrange tournée Indian Wells/Miami, s’inclinant deux fois contre le même joueur, l’Argentin Guillermo Canas, de retour sur le circuit après avoir été suspendu pour dopage. Retrouvant la forme au printemps, Federer gagne le tournoi de Hambourg, où il bat pour la première fois sa bête noire espagnole sur terre battue, mais à Roland-Garros, Nadal le défait à nouveau en finale. Le Suisse prend sa revanche sur le gaucher à Wimbledon, où il s’impose à l’issue d’une finale en cinq sets (7-6 4-6 7-6 2-6 6-2).

Roger Federer - Cincinnati

Blake, solide top 10

James Blake est né en 1979. Après avoir joué deux ans sous les couleurs de l’Université de Harvard, il se lance sur le circuit en 1999, et en septembre 2001, il intègre le top 100. Blake joue un jeu très offensif, avec des coups très à plat. En 2002, après avoir disputé ses première finales sur le circuit pro à Memphis (battu par Andy Roddick, 6-4 3-6 7-5) et à Newport (vaincu par Taylor Dent, 6-1 4-6 6-4), James Blake remporte son premier titre à Washington, où il domine Paradorn Srichaphan en finale (1-6 7-6 6-4). En 2003, Blake confirme son statut de solide top 30, mais il traverse une passe difficile en 2004, se fracturant d’abord une vertèbre à Rome, avant d’affronter le décès de son père et de développer un zona qui lui paralyse temporairement la moitié du visage et perturbe sa vision. Il chute jusqu’au 231e rang mondial en avril 2005. Quelques mois plus tard, invité dans le tableau de l’US Open, il se hisse jusqu’en quarts de finale, où il est battu par Andre Agassi à l’issue d’une épique bataille en cinq sets (3-6 3-6 6-3 6-3 7-6). 2006 reste sa meilleure saison. Cette année-là, en septembre, il monte à la 4e place mondiale, son meilleur classement, après avoir remporté cinq titres, atteint les quarts de finale de l’US Open (éliminé par Roger Federer, 7-6 6-0 6-7 6-4), et disputé la finale du Masters (battu à nouveau par Federer, 6-0 6-3 6-4). En 2007, ses meilleurs résultats sont un huitième de finale à l’Open d’Australie (perdu contre Fernando Gonzalez, 7-5 6-4 7-6) et un titre conquis à Sydney aux dépens de Carlos Moya (6-3 5-7 6-1).

Le lieu : Le Lindner Family Tennis Center, à Cincinnati

Le Lindner Family Tennis Center, à Cincinnati, dans l’Ohio, accueille un tournoi de tennis prestigieux depuis 1899. En 1981, le tournoi intègre le fameux Grand Prix et de nombreux grands joueurs y viennent préparer l’US Open. A cette époque, les vainqueurs du tournoi de Cincinnati se nomment John McEnroe (1981), Ivan Lendl (1982) ou encore Mats Wilander (1983, 1984, 1986, 1988). En 1990, avec l’instauration de l’ATP Tour en tant que circuit professionnel unique, Cincinnati devient un Super 9 (aujourd’hui Masters 1000), et voit triompher plusieurs n°1 mondiaux, tels que Stefan Edberg (1990), Pete Sampras (1992, 1997, 1999), Andre Agassi (1995, 1996, 2004), Andy Roddick (2003, 2006) ou encore Roger Federer (2005).

L’histoire : Une finale à sens unique

En août 2007, Roger Federer est le numéro 1 mondial incontesté. Depuis qu’il s’est installé au sommet du classement ATP, en février 2004, il domine le circuit comme personne avant lui. En trois ans et demi, il a remporté la bagatelle de 39 titres, dont 10 Grands Chelems, 2 Masters de fin d’année et 12 Masters 1000. Même sur terre battue, où son jeu est réputé moins efficace, seul Rafael Nadal a pu l’empêcher de triompher plusieurs fois à Roland-Garros. En août 2007, Roger Federer vient de décrocher son 5e titre consécutif à Wimbledon, égalant ainsi le record de Bjorn Borg, mais à Montréal, il s’est incliné en finale contre le jeune Serbe qui monte, Novak Djokovic (7-6 2-6 7-6). A Cincinnati, après avoir surmonté l’obstacle Lleyton Hewitt en demi-finale (6-3 6-7 7-6), Federer affronte James Blake en finale, avec un 50e titre en ligne de mire.

L’Américain, bien qu’il n’ait jamais battu le Suisse en six rencontres, croit en ses chances après avoir éliminé Nikolay Davydenko en demi-finale (6-4 6-2) :

“Roger a clairement été le meilleur joueur du monde ces derniers jours, mais lorsque j’arrive en finale, je sais que je joue un grand tennis, donc j’ai ma chance.”

Roger Federer - Cincinnati

Roger Federer commence le match avec deux aces, et dès le deuxième jeu, il prend le service de Blake et sape sa confiance. Malgré trois balles de break obtenues par Blake à 3-1, Federer reste solide et boucle la première manche, 6-1. L’Américain n’aura pas de nouvelle occasion de breaker avant d’être mené 4-3, service à suivre par Federer. Le Suisse écarte à nouveau ces balles de break et, deux jeux plus tard, il décoche le dernier de ses 9 aces du jour sur la balle de match pour s’imposer 6-1 6-4 et soulever le 50e trophée de sa carrière.

“Ce n’est pas un but que je m’étais fixé, mais c’est certainement un joli chiffre à atteindre, surtout en nombre de titres”, déclare Federer, sur espn.com. “Ca fait vraiment beaucoup, vous savez, donc c’est génial.”

Le numéro 1 mondial affirme conserver ses coupes dans une pièce à part.

Ça fait la taille d’un  bureau, à présent. Je les garde sous verre, pour ne pas avoir à les dépoussiérer tout le temps.”

La postérité du moment : Federer confirmera à l’US Open.

James Blake finira par battre Federer, une seule fois en onze confrontations. En quarts de finale des Jeux Olympiques de Pékin, en 2008, l’Américain prendra le dessus (6-4 7-6). 

Peu après la finale de Cincinnati, Roger Federer ajouter un 12e trophée du Grand Chelem à son palmarès en triomphant à l’US Open, où il battra Novak Djokovic en finale (7-6 7-6 6-4). Au total, le Suisse remportera 8 tournois en 2007. Treize ans plus tard, en 2020, Roger Federer comptabilisera 103 titres à son incroyable palmarès, dont 20 Grands Chelems, 6 Masters et 28 Masters 1000.

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