21 août 2004 : le jour où Justine Henin a décroché la médaille d’or olympique

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Le 21 août 2004, la numéro 1 mondiale, Justine Henin, domine la numéro 2 mondiale, Amélie Mauresmo, en finale du tournoi olympique à Athènes (6-3 6-3).

Justine Hénin

Ce qui s’est passé jour-là : Henin championne olympique

Ce jour-là, le 21 août 2004, la numéro 1 mondiale, Justine Henin, domine la numéro 2 mondiale, Amélie Mauresmo, en finale du tournoi olympique à Athènes (6-3 6-3). Obtenir la médaille d’or est un véritable miracle pour la Belge car, après son sacre à l’Open d’Australie, a souffert d’une forme de cytomégalovirus et de problèmes immunitaires qui l’ont empêchée de s’entraîner pendant trois mois. De plus, en demi-finale du tournoi olympique, elle s’est retrouvée menée 5-1 au dernier set face à Anastasia Myskina, avant de finalement venir à bout de la récente championne de Roland-Garros, 7-5 5-7 8-6.

On this day - JO 2004

Les acteurs :

Justine Henin, numéro un mondiale

Justine Henin, née en 1982, est l’une des joueuses dominantes depuis 2003. Après plusieurs années à jouer les premiers rôles sans jamais s’imposer en Grand Chelem, elle engage Pat Etcheberry comme entraîneur physique à la fin de la saison 2002. Le travail acharné auquel elle s’astreint porte ses fruits dès l’année suivante, en 2003, où elle remporte Roland-Garros et l’US Open, en battant à chaque fois sèchement sa rivale Kim Clijsters en finale. Son jeu tout en variations ne se contente pas d’émerveiller les amateurs de tennis – surtout son magnifique revers à une main, très rare dans le tennis féminin moderne – mais fait également d’elle l’une des meilleures joueuses de terre battue de son temps. Numéro 1 mondiale pour la première fois le 20 octobre 2003, elle occupe cette place depuis déjà 42 semaines. En 2004, elle s’impose à l’Open d’Australie en battant sa compatriote Clijsters pour la troisième fois lors d’une finale majeure (6-3 4-6 6-3). Malgré une finale disputée à Londres, en 2001 (battue par Venus Williams, 6-1 3-6 6-0), Wimbledon est le seul titre majeur qui manque encore à son palmarès. Elle a également remporté la Fed Cup en 2001, faisant pour une fois équipe avec Kim Clijsters en dépit de leur rivalité. En 2004, après son succès à Melbourne Park, elle gagne le tournoi d’Indian Wells, mais elle tombe ensuite malade au mois d’avril, victime d’un syndrome immunitaire. Henin essaie bien de défendre son titre à Paris, mais, affaiblie par le virus, elle s’incline au second tour face à la 86e mondiale, Tatiana Garbin (7-5 6-4) et décide de faire l’impasse sur Wimbledon.

Justine Henin

Amélie Mauresmo, numéro deux mondiale

Amélie Mauresmo est née en 1979. Elle devient célèbre en 1999, alors qu’elle est 29e mondiale, en atteignant la finale de l’Open d’Australie, éliminant la numéro 1 mondiale Lindsay Davenport en demi-finale (4-6 7-5 7-5) avant de s’incliner devant Martina Hingis (6-2 6-3). Cette année-là, elle entre pour la première fois dans le top 10 et gagne son premier tournoi à Bratislava. Elle confirme son talent en 2001, soulevant quatre trophées sur le circuit et se hissant jusqu’en quarts de finale à l’US Open (battue par Jennifer Capriati, 6-3 6-4). Entre le début 2002 et les Jeux Olympiques 2004, développant un jeu agressif basé sur un bon service et un revers à une main très solide, Amélie Mauresmo remporte sept tournois (dont quatre « Tier I », les tournois les plus importants en-dessous des Majeurs) et dispute trois demi-finales ainsi que cinq quarts de finale en Grand Chelem, sans jamais parvenir en finale. Son manque de succès en Grand Chelem met son mental sous le feu des critiques, mais elle n’a encore que 25 ans et son potentiel n’est pas remis en question.

Le lieu : Centre Olympique de Tennis, Athènes

Aux Jeux Olympiques d’Athènes, en 2004, le tournoi de tennis se dispute sur dur, au Centre Olympique de Tennis, qui comporte dix courts. Pour la première fois, l’épreuve octroie des points ATP et WTA aux joueurs, espérant ainsi attirer les meilleurs, sans trop de succès : malgré la présence du n°1 mondial, Roger Federer, et du n°2, Andy Roddick, beaucoup de stars manquent à l’appel chez les hommes : Guillermo Coria (n°3), Andre Agassi (n°6), Lleyton Hewitt (n°8), David Nalbandian (n°9) et Gaston Gaudio (n°10). Chez les femmes, on note surtout l’absence de Serena Williams qui a déclaré forfait au dernier moment, et de Kim Clijsters, qui ne participe pas en raison d’un conflit de sponsors . En tout, 172 joueurs et joueuses s’affrontent dans quatre tableaux différents.

L’histoire : Surprenante Justine Henin

La simple participation de Justine Henin aux Jeux Olympiques 2004 à Athènes est déjà une surprise en soi. Affaiblie par un syndrome immunitaire diagnostiqué en avril, la numéro 1 mondiale n’a été que l’ombre d’elle-même à Roland-Garros, et n’a pas joué à Wimbledon. Incertaine à propos des Jeux, elle décide finalement de faire le déplacement :

“A un moment je pensais que les Jeux Olympiques se joueraient sans moi cette année. Puis j’ai décidé d’y aller parce que c’est une expérience que vous ne pouvez vivre qu’une fois ou deux dans votre carrière. J’ai dit que j’allais y aller et que ce serait spécial de retourner sur les lieux d’origine des Jeux Olympiques”, confiera-t-elle, des années plus tard, lors d’une interview pour l’ITF.

Finalement, la Belge évolue à un très bon niveau et se promène jusqu’en demi-finale, sans lâcher le moindre set. Là, elle se tire d’un match au scénario incroyable face à la Russe Anastasia Myskina : après avoir servi pour le match au deuxième set, Henin se retrouve menée 5-1 au troisième, mais parvient à remonter pour s’imposer sur le fil, 7-5 5-7 8-6, et se qualifier pour la finale.

La présence d’Amélie Mauresmo en finale des Jeux est beaucoup moins étonnante. La tête de série n°2 vient juste de remporter le Tier I de Montréal, surclassant en finale Elena Likhovtseva, 6-1 6-0, et à Athènes, seule Svetlana Kuznetsova lui a opposé une farouche résistance en quarts de finale (7-6 4-6 6-2).

Pourtant, Henin expliquera plus tard à quel point elle était confiante avant la finale (propos rapportés par proximus.be) : 

“Après ce qui s’est passé en demi-finale, je n’avais pas l’impression qu’il pouvait m’arriver grand chose. J’étais sûr de mon coup : j’allais gagner ce match.”

Les faits lui donnent ensuite raison : en seulement une heure et dix-huit minutes, elle balaie Mauresmo (6-3 6-3) sans même avoir la moindre balle de break à sauver. La Belge met le revers de Mauresmo sous pression constante, tandis que la Française, à nouveau trahie par ses émotions, se démène avec son service. 

Après trois mois difficiles, Justine Henin peut savourer son triomphe : elle est à présent la deuxième sportive Belge de l’histoire à avoir obtenu une médaille d’or olympique.

La postérité du moment : Une victoire de choix pour une immense carrière

Le triomphe d’Henin aux Jeux Olympiques de 2004 restera l’un des plus beaux souvenirs de sa carrière pourtant riche en succès, au cours de laquelle elle remportera pas moins de sept titres du Grand Chelem. Elle expliquera à l’ITF :

“Lorsque je suis allée aux Jeux Olympiques, je ne pensais pas que je serais aussi fière de la médaille et je pense qu’aujourd’hui, mes plus beaux souvenirs sont mon premier titre à Roland-Garros et juste derrière, la médaille d’or olympique. L’expérience elle-même était géniale et puis je venais de nulle part. Deux ou trois mois avant les Jeux, je ne pouvais même pas m’entraîner une heure et demie, et là, c’était juste magique, il s’est passé quelque chose de très dur à décrire.”

Amélie Mauresmo deviendra une numéro 1 mondiale controversée quelques semaines après les Jeux Olympiques, mais en 2006, elle parviendra enfin à maîtriser ses émotions pour s’adjuger deux titres du Grand Chelem à quelques mois d’intervalle, à l’Open d’Australie puis à Wimbledon.

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