6 septembre 1975 : Le jour où Chris Evert a gagné son premier US Open

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Le 6 septembre 1975, Chris Evert remportait à 20 ans l’US Open, après 4 échecs en demi-finales.

On this day in 1975 : Chris Evert won the US Open

Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Evert remporte enfin l’US Open

Ce jour-là, le 6 septembre 1975, Chris Evert, 20 ans, s’impose à l’US Open pour la première fois, après s’être arrêtée quatre fois de suite en demi-finale. En finale, elle prend sa revanche sur Evonne Goolagong, qui l’avait battue à l’occasion de la demi-finale 1974, 5-7, 6-4, 6-2. Evert profite du fait que l’US Open passe du gazon à la terre battue, surface sur laquelle elle n’a pas perdu depuis 77 matches lorsque le tournoi démarre. C’est le premier des trois titres consécutifs remportés à Forest Hills par Evert. Elle triomphera encore à trois reprises à Flushing Meadows.

Les actrices

Chris Evert, 20 ans et déjà titrée 3 fois en Grand Chelem

Chris Evert est née en 1954 en Floride. Entraînée par son père, elle développe un jeu basé sur la régularité. L’Américaine tient ses adversaires à distance du filet grâce à sa longueur de balle. Et les sanctionne avec ses passing shots si elles montent sur le court.

Evert obtient son premier résultat notable à l’âge de 16 ans. Elle se hisse en demi-finales de l’US Open (éliminée par la numéro 1 mondiale, Billie Jean King, 6-3, 6-2). En 1973, à 18 ans, elle est finaliste à Roland-Garros et à Wimbledon, battue par les deux meilleures joueuses du monde, King et Margaret Court.

En 1974, elle remporte finalement son premier puis son second titre du Grand Chelem, dominant Olga Morozova en finale à Paris ainsi qu’à Londres. Evert termine l’année deuxième mondiale, ayant gagné la bagatelle de 16 tournois, et voit son exposition médiatique exploser en raison de sa liaison avec Jimmy Connors.

Chris evert at Roland Garros in 1974

En 1975, elle continue sa série de victoires sur terre battue en gagnant Roland-Garros pour la deuxième fois, aux dépens de celle qui deviendra sa plus grande rivale, Martina Navratilova (2-6, 6-2, 6-1). Cette année-là, l’US Open doit se jouer sur terre battue verte pour la première fois, ce qui en fait la grande favorite, même si cette surface est plus rapide que la terre battue européenne.

Evonne Goolagong, la Sunshine Supergirl

Evonne Goolagong est née en 1951 dans une famille aborigène australienne. Malgré les lourds préjugés raciaux en vigueur dans l’Australie rurale, elle est encouragée à jouer au tennis. En 1965, elle part à Sydney étudier au lycée et perfectionner son jeu.

Elle se révèle à l’international en 1971. Goolagong remporte successivement Roland-Garros et Wimbledon, où elle bat Margaret Court en finale (6-4, 6-1). Les années suivantes, elle s’incline à sept reprises en finale de tournois majeurs, et s’adjuge deux Opens d’Australie en 1974 (battant Chris Evert en finale, 7-6, 4-6, 6-0) et en 1975 (aux dépens de Martina Navratilova, 6-3, 6-2).

En 1975, elle arrive avec de grandes ambitions à l’US Open. Elle y a échoué en finale lors des deux précédentes éditions. Surnommée « Sunshine Supergirl”, Goolagong est célèbre pour sa grâce et son jeu décontracté.

Le lieu : Forest Hills passe à la terre battue

L’US Open (appelé US Nationals avant 1968 et le début de l’Ère Open) a été créé en 1881. Bien qu’il soit le seul Grand Chelem à avoir été disputé sans la moindre interruption depuis ses débuts, le tournoi a changé de site à plusieurs reprises au fil des ans.

Les premières éditions se déroulent sur les courts en herbe du Casino de Newport, à Rhode Island, puis, en 1915, l’épreuve s’installe à New-York, au West Side Tennis Club, dans le quartier de Forest Hills. Traditionnellement disputé sur gazon, il a été décidé qu’à partir de 1975, le tournoi se jouerait sur terre battue verte, connue sous le nom de har-tru.

L’histoire : une opposition de styles

La finale dames de l’US Open 1975 voit s’affronter deux joueuses aux styles diamétralement opposés. Chris Evert s’appuie principalement sur la régularité, la patience et un jeu de défense très solide. Evonne Goolagong est une joueuse créative, qui fait le jeu avec un revers très fluide, lorsqu’elle n’est pas déjà montée à la volée. Les deux jeunes femmes se sont déjà rencontrées à trois reprises, à chaque fois sur gazon. Goolagong a toujours pris le dessus.

Cette fois, cependant, en finale de Forest Hills, la terre battue verte est censée avantager la joueuse de fond de court, Evert. L’Américaine est sur une série de 82 victoires consécutives sur terre. Goolagong ne se laisse pas impressionner par ces chiffres : elle est concentrée sur son tennis.

Et quel tennis ! Alternant revers liftés et slicés, distillant de splendides amorties et réussissant les coups gagnants les plus improbables, elle rend la vie difficile à Evert dès les premiers jeux. Goolagong s’empare de la première manche, 7-5. Evert avait déjà déclaré que sa principale difficulté, face à Goolagong, était de ne pas se laisser distraire par sa grâce.

Cette fois, les enjeux sont trop importants pour qu’elle se déconcentre. Alors que l’Australienne continue de toucher les lignes avec une insolente facilité, la jeune américaine s’accroche à son plan, en espérant que Goolagong commettra les quelques erreurs qui lui permettront de faire basculer le match. Cela ne se produit qu’à 4-4 au deuxième set. Evert saisit l’opportunité pour empocher le set, 6-4. Au troisième, après avoir été menée 1-2, elle remporte les cinq derniers jeux pour battre « Sunshine Supergirl » et triompher à l’US Open pour la première fois (5-7, 6-4, 6-2).

« Je me souviens d’avoir regardé ma mère après le match, elle sanglotait, hystérique, racontera Evert. Je me suis sentie un peu gênée car je suis plus comme mon père. Je ne montre pas mes émotions. C’était un match à rebondissements. Je me sentais plus concentrée qu’elle, mais elle est tellement douée et brillante. Remporter ce tournoi signifie beaucoup pour moi. »

La postérité du moment : le début de la moisson d’Evert

Evert s’imposera trois fois consécutivement à Forest Hills. En 1975, 1976 et 1977. Elle reste la seule joueuse à avoir remporté l’US Open sur terre battue. Le tournoi déménagera sur les courts en dur de Flushing Meadows en 1978. Sa série de victoires sur terre ne s’arrêtera qu’en mai 1979, après 125 victoires. La “Dame de Glace” deviendra l’une des plus grandes joueuses de tous les temps, accumulant pas moins de 18 titres du Grand Chelem jusqu’à sa retraite, en 1989.

Evonne Goolagong remportera en tout 7 titres majeurs. A Wimbledon, en 1980, en battant Evert en finale (6-1, 7-6), elle deviendra la première maman à s’imposer au All England Club au cours de l’Ère Open, trois ans après la naissance de sa fille, Kelly.

 

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