Andy Murray y croit dur comme fer : il veut à nouveau rivaliser avec les meilleurs

Avant son élimination au premier tour de l'ATP 250 de Montpellier, Andy Murray a réaffirmé sa volonté de rivaliser à nouveau avec les meilleurs joueurs du monde. Depuis son resurfaçage de la hanche subi deux ans en arrière, comment s'est déroulé son parcours du combattant.

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Andy Murray semble fait d’un métal différent. Non, pas parce qu’il joue avec une prothèse métallique vissée dans l’os de sa tête fémorale depuis sa dernière opération de la hanche, mais en raison de sa volonté de fer. En larmes pendant la conférence de presse suivant son élimination de l’Open d’Australie 2019, l’Écossais était tout proche d’une fin de carrière à cause d’une articulation aussi couinante qu’une vieille porte de grenier. Depuis, la médecine est venue changer les gonds. Celui qui n’arrivait « même plus à lacer ses chaussures sans ressentir la douleur » a pu à nouveau cavaler. Neuf mois après l’intervention chirurgicale subie fin janvier, il accouchait même d’un 46e titre en simple suite à un parcours épique à Anvers.

« Ces dernières années ont été très difficiles, et le tennis est ma passion », expliquait-t-il, les yeux rougis, après son succès en Belgique. « C’est pour ça que je suis si ému. Quand j’ai recommencé à jouer en simple (à l’été 2019), j’ai senti que ça allait mieux. Que je pourrais redevenir compétitif. J’avais atteint les quarts de finale de Wimbledon (2017) quasiment sur une jambe. Donc, si je pouvais à nouveau me déplacer ; pourquoi pas ? Mais je pensais que ça prendrait plus de temps. Je voulais juste donner mon maximum et rivaliser avec de très bons joueurs. Je ne m’attendais pas à regagner un tournoi aussi tôt, en me battant aussi longtemps (2 h 27 en finale) face à des gars comme Stan (Wawrinka). »

Le phœnix paraissait alors renaître de ses cendres. Malheureusement, le feu n’a pu être entretenu pour être aussi incandescent qu’espérer. Au fil des mois, les petits pépins physiques et une saison hachée par la pandémie de COVID-19 l’ont éteint. Alors qu’il avait besoin d’enchaîner les matchs pour poursuivre son ascension, le Britannique a été coupé dans son élan. Touché à l’aine lors de la Coupe Davis 2019, il a dû faire une croix sur le début de saison 2020. Arrêt du circuit oblige, il n’a pu retrouver la compétition que fin août, à l’occasion du Masters 1000 de Cincinnati. Là, il est sorti vainqueur de deux combats de 2h28 et 2h31, respectivement face à Frances Tiafoe et Alexander Zverev.

« J’ai foi en mon instinct de compétiteur », confiait-t-il à l’issue de son succès sur l’Allemand. « C’est une de mes plus grandes forces. Je n’ai pas encore perdu ça. Quand je le perdrai, alors il sera probablement temps d’arrêter. Mais j’ai toujours l’envie de me battre et donner tout ce que j’ai pour tenter de gagner chaque match. »

« Je pensais ne plus jamais en être capable »

En huitième de finale, fatigué physiquement, Murray s’est ensuite sèchement incliné devant Milos Raonic. Mais, moins d’une semaine plus tard, sur le dur l’US Open, il s’offrait, de son propre aveu, l’un des plus grands moments de sa carrière. Après tout ce qu’il avait traversé, il renversait Yoshihito Nishioka en 4h49 en remontant un handicap de deux manches.

« Je viens de jouer plus de 4h30 alors que je pensais ne plus jamais en être capable », a-t-il expliqué après la rencontre. « Étant donné les efforts fournis et le long chemin parcouru ; le combat pour arriver à cette victoire a été le plus dur de ma vie. Ce succès signifie beaucoup pour moi. »

Seul hic, comme à Cincinnati, le marathon a laissé des traces. La course new-yorkaise s’est arrêtée dès le tour suivant avec une défaite rapide (6-2, 6-3, 6-4) contre Félix Auger-Aliassime. Moins d’un mois après, Murray était écrabouillé par Stan Wawrinka à Roland-Garros. 6-1, 6-3, 6-2. Sa pire défaite en Grand Chelem, à égalité avec celle que lui a infligée Rafael Nadal porte d’Auteuil en 2014 (6-3, 6-2, 6-1). Dans la foulée, il tombait d’entrée à Cologne et annonçait un blessure au psoas gauche. Fin de saison. 127e mondial, il évoquait alors son avenir dans la presse allemande.

« Si dans un an je suis encore 100e, est-ce que je continuerai à jouer ? Possible que non, a-t-il répondu le Süddeutsche Zeitung du 15 octobre. J’espère être bien mieux classé. (…) « Je veux gagner régulièrement des matchs et me tester face aux grands de notre sport, poursuit-il. Si je suis capable de faire ça, je jouerai aussi longtemps que je le peux. Mais si j’ai des difficultés, que je ne gagne rien, le seul fait d’aimer jouer au tennis plus que tout ne suffira pas. Si je ne n’étais plus convaincu de pouvoir gagner un tournoi comme celui de Cologne, ce serait une raison déterminante pour arrêter. »

Malgré ces difficultés physique à enchaîner les longs matchs, Murray n’a pas changé d’objectifs. En amont de sa défaite face à Egor Gerasimov  au premier tour de l’ATP 250 de Montpellier, le natif de Glasgow a réaffirmé ses ambitions.

« J’ai fait des matchs d’entraînement avec beaucoup de très bons joueurs, classés entre la 20e et la 70e place, avait-il confié en conférence de presse. « Si j’étais écrasé par ces gars, je ne continuerais pas. Je sais à quel niveau je joue. (…) J’ai toujours la sensation que je peux me battre pour les grands tournois. Si je peux rester en bonne forme physique pendant une longue période, je ne vois pas pourquoi je ne serais pas capable de rivaliser à nouveau avec les meilleurs. Même si c’est très difficile face à des gars comme Roger (Federer), Rafa (Nadal), Novak (Djokovic), Thiem, Medvedev… »

« Je ne vois pas pourquoi je ne serais pas capable de rivaliser avec les meilleurs »

Si le revers face à Gerasimov, 83e mondial, a été salé, l’essentiel est ailleurs en ce début d’année pour Murray. Afin de pouvoir enchaîner les matchs, notamment en Grand Chelem, l’ancien numéro un mondial doit trouver un moyen de préserver son corps usé. S’il a songé à ajuster son style de jeu pour écourter les échanges, cette piste, au vu de ses dernières apparitions, n’a vraisemblablement pas été choisie. De quoi corroborer ses déclarations datant de Roland-Garros.

« J’ai pensé à modifier mon tennis pour raccourcir les échanges et préserver mon corps, avait-il admis en conférence de presse à Paris. « Mais c’est une question difficile. Il faut trouver le bon équilibre. À ce stade de ma carrière, je ne pense pas pouvoir changer complètement mon jeu en faisant service-volée, retour-volée. Je dois être agressif du fond de court. C’est comme ça que j’ai obtenu mes meilleurs résultats. »

Pour grimper au classement d’ici fin 2021, Andy Murray mise davantage sur sa capacité à retrouver sa plénitude physique.

« C’était bon d’enchaîner cinq matchs sans ressentir de douleur », a-t-il déclaré au sujet son parcours au Challenger de Bielle où il a atteint la finale le 14 février. « J’ai besoin de rester en bonne condition. Si je ne reste pas en forme, je n’arriverai pas là où je veux aller. Ce qui compte, c’est ce qu’il se passe passe quand je suis sur le court. Est-ce que je peux encore le faire (obtenir de grands résultats) ? On verra. »

Actuellement, son but est de « jouer le plus souvent possible. » Car, libéré de toute douleur, Andy Murray veut battre le fer tant qu’il est encore chaud pour monter en puissance physiquement. Sans ça, il sait qu’il aura bien du mal à jouer l’acier de façon régulière face aux cadors du circuit ATP.

 

 

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