Sinner : « Avant de gagner des gros tournois, il faut perdre des grands matches »

Jannik Sinner s’est confié au journal l’Equipe sur sa progression fulgurante, les attentes en Grand Chelem de côté de l’Italie ou encore sur son Open d’Australie où il a eu l’occasion de s’entraîner pendant deux semaines avec Rafael Nadal.

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A 19 ans, Jannik Sinner, 34e mondial, est le plus jeune membre du Top 100. Le natif de San Candido est un phénomène de précocité et un grand espoir du tennis mondial. A Sofia en novembre dernier, il est devenu le plus jeune Italien à remporter un titre ATP. Il a récidivé en janvier en remportant le Great Ocean Road Open, devenant ainsi le plus jeune joueur à avoir deux titres à son palmarès depuis Djokovic en 2006. Dans une interview accordée au journal L’Equipe ce jeudi, Jannik Sinner s’est confié sur cette progression fulgurante, lui qui n’était encore que 553e mondial au début de l’année 2019.

« Parfois, pour franchir des étapes, vous avez besoin de beaucoup de temps et parfois, ça va très vite. Pour moi, passer de la 500e à la 50e place a été très rapide et plus encore de passer des tournois Futures à ceux de l’ATP. Je n’ai pas joué en juniors, j’ai préféré aller sur les Futures pour jouer contre les adultes. Ma trajectoire a été rapide, mais je regarde devant. Les trois années à venir sont cruciales pour moi. Je dois travailler, perdre des matches, comprendre pourquoi j’ai perdu et jouer autant de matches que possible pour m’améliorer. Quand j’aurai 200 matches ATP au compteur, je commencerai à mieux me connaître. »

Le joueur de 19 ans ne veut pas se précipiter et prend les choses étapes par étapes. Il veut durer longtemps sur le circuit, à l’image de Roger Federer.

« J’ai besoin de deux ou trois ans pour comprendre mieux les choses sur le court et à côté. Je veux rester relax, car mon but est de jouer encore vingt ans. Oui, je suis devenu pro à 18 ans, donc je veux jouer jusqu’à mes 38 ans ! »

Sinner, le successeur de Panatta ?

Sinner n’est « que » le troisième joueur italien au classement ATP, derrière Matteo Berrettini (10e) et Fabio Fognini (18e). Pourtant, les attentes sont tellement grandes qu’il porte sur ses épaules les espoirs du pays, qui voit en lui le potentiel successeur d’Adriano Panatta, dernier Italien vainqueur d’un Grand Chelem, à Roland-Garros en 1976.

Jannik Sinner, Melbourne, 2021

«  J’ai 19 ans, la route est longue et la plus grande pression que je ressens est celle que je me mets. Avant de gagner ces grands tournois, vous devez perdre des grands matches. Cela fait mal, mais ça vous fait grandir. Comme ma défaite contre Shapovalov au premier tour de l’Open d’Australie. J’ai eu du mal à l’encaisser, j’ai beaucoup discuté avec mon équipe. Notre boulot est de gagner mais, je me répète, c’est aussi important de perdre quand tu es jeune. »

Le ski avant le tennis

Avant de se concentrer à 100% sur le tennis, Sinner a pratiqué le ski lorsqu’il était plus jeune. Originaire du nord de l’Italie, le joueur de 19 ans a pu profiter des nombreuses montagnes pour progresser et même devenir champion d’Italie en géant chez les benjamins en 2008. Alors, pourquoi avoir arrêté ? Pour le plaisir du jeu.

« Dans le nord de l’Italie, on a des montagnes superbes, de magnifiques hivers, de belles stations, donc tout le monde skie. J’ai commencé très jeune, à 3 ans et demi, puis j’ai suivi les entraînements. Mais à 13 ans, j’ai commencé à perdre, parce que je n’étais pas assez costaud physiquement. Et j’ai appris à apprécier le tennis parce que c’est vraiment un jeu. En ski, vous faites une descente d’une minute et demie, et si vous faites une erreur, vous êtes mort, vous ne pouvez plus gagner. En tennis, vous pouvez faire une erreur et jouer encore deux heures et demie. Moi, j’aime le jeu, avoir plusieurs options, jouer vite, ralentir. »

Sinner n’oubliera jamais son entraînement avec Nadal

Alors que la plupart des joueurs et joueuses étaient en quarantaine du côté de Melbourne avant l’Open d’Australie, Sinner était à Adélaïde. L’Italien a eu la chance d’être le partenaire d’entraînement de Rafael Nadal pendant deux semaines avant le premier Grand Chelem de l’année. Une expérience inoubliable pour Sinner.

« Le match contre Nadal à Roland-Garros l’an passé a été très important pour moi. Et mon entraînement avec lui avant l’Open de Melbourne a été encore plus important que le fait de jouer à Melbourne. A 19 ans, m’entraîner pendant deux semaines avec un joueur qui a gagné 20 Grands Chelems, c’est la meilleure chose qui pouvait m’arriver. Pas seulement pour ma carrière, mais aussi comme expérience de vie. Je ne l’oublierai jamais. »

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