12 décembre 1993 : le jour où Petr Korda a remporté la Coupe du Grand Chelem

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Le 12 décembre 1983, Petr Korda remporte la Coupe du Grand Chelem, après deux batailles homériques face aux numéros 1 et 2 mondiaux.

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Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Petr Korda soulève ce qui est alors le plus beau trophée de sa vie

Ce jour-là, le 12 décembre 1993, Petr Korda, qui avait déjà éliminé le numéro un mondial Pete Sampras en demi-finale (13-11 au cinquième set), domine à l’arraché le numéro 2 mondial, Michael Stich (2-6, 6-4, 7-6, 2-6, 11-9) en finale de la Coupe du Grand Chelem, à Munich. C’est de loin le plus grand succès de sa carrière, et il empoche un prix record de 1,625 millions de dollars.

Les acteurs

Petr Korda, père de Sesbastian Korda, est un gaucher à la technique très classique. Né à Prague en 1968, il devient professionnel en 1987, et il s’installe durablement dans le top 100 à partir de 1989, année où il dispute sa première finale sur le circuit, à Francfort (battu par Kevin Curren, 6-2, 7-5). Il remporte son premier titre à New Haven en 1991, aux dépens de Goran Ivanisevic, mais il perce réellement en 1992. Cette année-là, il ne se contente pas de remporter trois tournois (Washington, Long Island et Vienne), mais il atteint aussi la finale de Roland-Garros, où il s’incline face à Jim Courier (7-5, 6-2, 6-1). Grâce à ces résultats, il obtient le meilleur classement de sa carrière, se hissant à la 5e place mondiale au mois de juillet. En 1993, il atteint les quarts de finale de l’Open d’Australie (à nouveau défait par Courier, 6-1, 6-0, 6-4), mais à Paris, il est éliminé dès le deuxième tour par Marc-Kevin Goellner, ce qui le fait sortir du top 10. Le huitième de finale qu’il atteint ensuite à l’US Open le qualifie pour la Coupe du Grand Chelem.

 

L’Allemand Michael Stich, un serveur-volleyeur classique, vit dans l’ombre de son compatriote Boris Becker depuis ses premières années sur le circuit. Né en 1968, il intègre le top 100 en 1989, avant de remporter son premier titre à Memphis, en 1990 (aux dépens de Wally Masur, 6-7, 6-4, 7-6). En 1991, sa carrière décolle lorsqu’il parvient en demi-finale de Roland-Garros (battu par Jim Courier, 6-2, 6-7, 6-2, 6-4), mais le meilleur est à venir : quatre semaines plus tard, il s’impose à Wimbledon, après avoir battu à la fois Stefan Edberg et Boris Becker, qui s’étaient affrontés en finale des trois dernières éditions du tournoi. En finale, il délivre un match parfait pour vaincre son rival allemand en trois manches (6-4, 7-6, 6-4), à la surprise générale. Après une saison 1992 légèrement décevante, Stich est de retour en 1993. Demi-finaliste à l’Open d’Australie (éliminé par Courier, 7-6, 6-4, 6-2), il remporte ensuite six tournois, donc le Masters 1000 de Stockholm et le Masters de fin d’année, où il bat en finale le numéro 1 mondial, Pete Sampras (7-6, 2-6, 7-6, 6-2). Ces résultats fantastiques le propulsent à la deuxième place mondiale.

 

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Michael Stich (à droite) battu par Andre Agassi en finale de l’US Open 1994

Le lieu : la Coupe du Grand Chelem, à Munich

La Coupe du Grand Chelem a été créée en 1990 par l’ITF pour concurrencer le Masters de fin d’année organisé par l’ATP. Les 16 joueurs ayant obtenu les meilleurs résultats dans les tournois du Grand Chelem de l’année en cours sont qualifiés, et, alors que les deux premiers tours se jouent en deux sets gagnants, les demi-finales et la finale se disputent au meilleur des cinq manches. La Coupe du Grand Chelem est un tournoi controversé. Distribuant des prix plus élevés que n’importe quel autre tournoi de tennis au monde, il n’octroie en revanche pas de points ATP. De plus, il a lieu au mois de décembre, alors que les joueurs ont une longue saison derrière eux. Les meilleurs joueurs ne participant pas tous à l’événement, et lorsqu’ils le font, on les soupçonne parfois de venir encaisser leur prix sans donner le maximum. Les trois premiers vainqueurs de la Coupe du Grand Chelem sont Pete Sampras, David Wheaton et Michael Stich.

L’histoire : deux batailles homériques pour l’un des “grands moments de sa vie”

Après avoir atteint la 5e place mondiale en 1992, Petr Korda connaît une saison 1993 décevante. Ses résultats sont loin d’être mauvais (il est toujours 12e mondial), mais ils sont bien en-dessous de ses attentes. Malgré tout, il est qualifié pour la Coupe du Grand Chelem, ce qui lui donne une dernière chance de briller en 1993. Après avoir éliminé Alexander Volkov et Sergi Bruguera, il vient à bout du numéro 1 mondial, Pete Sampras, au terme d’une demi-finale homérique qu’il remporte 3-6, 7-6, 3-6, 7-6, 13-11.

 

 

Son adversaire en finale, Michael Stich, est l’homme en forme de cette fin de saison. Depuis sa défaite au premier tour de l’US Open, il s’est imposé à Bâle, Stockholm et au Masters, et pendant son temps libre, il a mené l’Allemagne à un nouveau triomphe en Coupe Davis, remportant ses deux matchs de simple ainsi que le double au cours de la finale contre l’Australie. 2e mondial, cinq manches lui ont été nécessaires pour se débarrasser de Stefan Edberg en demi-finale de la Coupe du Grand Chelem (2-6, 3-6, 6-3, 6-3, 6-1).

 

 

Dans ce contexte, il semble évident que le joueur qui aura le mieux récupéré de ses efforts l’emportera. Cependant, aucun des deux prétendants au titre ne veut s’avouer vaincu, et Stich et Korda parviennent ainsi au cinquième set.

Dans cette dernière manche, le Tchèque se procure deux balles de match à 5-4, sur le service adverse, mais l’Allemand les efface, avant de conclure le jeu en décochant l’un de ses 30 aces du jour. Les deux joueurs s’accrochent alors à leur service, Korda écartant tout de même 5 balles de break avant de finir par breaker Stich pour remporter la manche 13-11, après quatre heures et quarante-six minutes de jeu.

« C’est un grand moment dans ma vie, et je voudrais dire qu’après la mauvaise saison que j’ai eue cette année, peut-être que je le mérite », déclare le vainqueur. « Je travaille dur pour en être là, et je suis très heureux, parce que j’ai battu les deux premiers mondiaux, mais aussi, j’ai battu l’un des joueurs les plus en forme du moment. »

« Mes jambes m’ont simplement lâché », commente Stich, d’après le Washington Post. « J’ai de meilleures raisons d’être fatigué. Il a eu un match difficile hier, mais c’est ce qui arrive toutes les semaines. »

La postérité du moment

Le point culminant de la carrière de Korda sera son triomphe à l’Open d’Australie, en janvier 1998, aux dépens de Marcelo Rios (6-2, 6-3, 6-3), qui lui permettra de grimper à la 2e place mondiale. Cependant, il sera contrôlé positif à la nandrolone quelques mois plus tard, ce qui précipitera son départ à la retraite en 1999.

Michael Stich disputera deux finales de Grand Chelem supplémentaires au cours de sa carrière, la première à l’US Open 1994 (vaincu par Andre Agassi, 6-1, 7-6, 7-5), et la deuxième à Roland-Garros en 1996 (défait par Ievgueni Kafelnikov, 7-6, 7-5, 7-6). L’Allemand prendra sa retraite en 1997, à l’issue de sa demi-finale de Wimbledon perdue contre Cédric Pioline (6-7, 6-2, 6-1, 5-7, 6-4).

La controversée Coupe du Grand Chelem survivra jusqu’en 1999, et en 2000, elle fusionnera avec le Masters pour constituer une seule grande épreuve de fin d’année.

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