23 avril 2000 : Le jour où Pioline a décroché son plus grand titre à Monte-Carlo

Cédric Pioline, déjà finaliste deux fois à Monte-Carlo, remporte le tournoi le 23 avril 2000 pour obtenir son premier titre en Masters Series, aux dépens de Dominik Hrbaty. Le sommet d’une carrière qui déclinera rapidement par la suite.

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Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Pioline met fin à 37 ans de disette française à Monte-Carlo

Le 23 avril 2000, Cédric Pioline domine Dominik Hrbaty en finale du Masters Series de Monte-Carlo (6-4, 7-6, 7-6), remportant ainsi son tout premier titre dans cette catégorie et devenant par la même occasion le premier Français à remporter le tournoi depuis Pierre Darmon, en 1963. Pioline avait perdu deux finales à Monte-Carlo, en 1993 et 1998, avant de parvenir à conjurer le sort et remporter le plus grand titre de sa carrière.

Les acteurs : Pioline en quête d’un grand titre et Hrbaty en pleine montée en puissance

Cédric Pioline est né en 1969. Entré dans le Top 100 en 1991, il obtient son premier gros résultat l’année suivante, en disputant sa première finale à Lyon (perdue face à Pete Sampras, 6-4, 6-2). Il prend une nouvelle dimension en 1993, se hissant d’abord en finale de Monte-Carlo (battu par Sergi Bruguera, 7-6, 6-0), mais surtout en étant finaliste malheureux de l’US Open, défait à nouveau par Sampras (6-4, 6-4, 6-3). Quelques mois après cet exploit, le Français obtient son meilleur classement en grimpant à la 9e place mondiale. Par la suite, Pioline ne parvient pas à s’installer durablement dans le Top 10, mais il réalise régulièrement des coups d’éclat. Il accumule notamment trois titres, atteignant aussi de nombreuses finales, mais il dispute surtout une deuxième finale de Grand Chelem, à Wimbledon, en 1997, où Sampras le domine une nouvelle fois (6-4, 6-2, 6-4). Après une deuxième finale perdue sur le Rocher (face à Carlos Moya, 6-3, 6-0, 7-5), le Français atteint les demi-finales de Roland-Garros en 1998 (éliminé par Alex Corretja, 6-3, 6-4, 6-2). Pioline parvient jusqu’en quarts de finale à Wimbledon en 1999 (battu par Tim Henman, 6-4, 6-2, 4-6, 6-3), et en quarts de finale de l’US Open, il bat le N.6 mondial Gustavo Kuerten lors d’une night-session mémorable (4-6, 7-6, 7-6, 7-6). Mais au tour suivant, il est balayé par Todd Martin (6-4, 6-1, 6-2). Pioline termine cette grande saison par une déception encore plus grande, lorsqu’il ne peut empêcher Mark Philippoussis de ruiner les espoirs de l’équipe de France en finale de la Coupe Davis. En avril 2000, il est 12e mondial.

Le Slovaque Dominik Hrbaty est né en 1978. Surnommé « Dominator », il passe pro en 1996 et est élu « révélation de l’année », après être passé de la 315e place mondiale à la 78e, en douze mois seulement. Il remporte son premier titre à San Marin en 1998, écartant en finale Mariano Puerta (6-2, 7-5). Hrbaty réalise la meilleure performance de sa carrière en Grand Chelem en 1999, en se hissant en demi-finales de Roland-Garros, où il est battu par Andre Agassi (6-4, 7-6, 3-6, 6-4). En avril 2000, il est 24e mondial.

Dominik Hrbaty, 2004

Le lieu : Le Monte-Carlo Country Club

Situé en haut du Rocher de Monaco, avec une vue unique sur la mer Méditerranée, le Monte-Carlo Country Club accueille depuis 1928 l’un des plus anciens tournois internationaux de tennis. Il est généralement considéré comme le lancement de la saison sur terre battue, et il fait désormais partie de la catégorie des Masters 1000. Au palmarès du tournoi, on trouve de nombreuses terreurs de la terre battue, comme Björn Borg, Guillermo Vilas, Ivan Lendl, Mats Wilander, Sergi Bruguera ou encore Thomas Muster.

L’histoire : Pioline vainqueur sans trembler malgré la perte du 2e set

En avril 2000, Cédric Pioline a 30 ans. Tout au long de sa carrière, le Français a souvent obtenu de bons résultats dans les grands tournois – il a disputé deux finales de Grand Chelem ainsi que deux finales de Masters 1000 – mais il n’en a jamais remporté un seul. Ses deux finales de Masters Series ont eu lieu ici, au Monte-Carlo Country Club, et il a été battu à chaque fois par le futur vainqueur de Roland-Garros (Sergi Bruguera en 1993, Carlos Moya en 1998).

Cependant, en 2000, il y a quelque chose de nouveau chez Pioline : à la fin 1999, il a commencé à travailler avec un psychologue, afin d’améliorer sa communication avec son entraîneur de longue date, Pierre Cherret, et de diminuer son stress. Ce travail semble porter ses fruits et, dès le mois de février, le Français triomphe à Rotterdam en battant Tim Henman en finale (6-7, 6-4, 7-6).

Pour se donner le droit d’affronter Dominik Hrbaty, qui avait atteint les demi-finales de Roland-Garros en 1999, en finale de Monte-Carlo, le N.12 mondial n’a affronté que des joueurs moins bien classés que lui. Le dimanche 23 avril, avec ses résultats récents et le niveau de tennis qu’il a démontré toute la semaine, il est le favori. Cette fois, pour sa troisième finale à Monte-Carlo, le Français rentre bien dans la partie et remporte le premier set, 6-4. Après avoir gagné le tie-break du deuxième set, il est suffisamment confiant pour ne pas céder à la panique lorsqu’il perd son service au début du troisième set :

“J’ai fait deux erreurs sur des coups faciles et il en a profité. Il m’a breaké là-dessus. Je n’étais pas trop inquiet. Je menais deux sets à zéro et je jouais bien.”

Le finaliste de Wimbledon 1997 sauve trois balles de break à 5-5, dans un jeu long de 17 minutes. Mais il emmène ensuite Hrbaty dans un autre tie-break, et il porte le coup de grâce à sa deuxième balle de match, qu’il remporte après une défense héroïque.

À sa troisième tentative, Pioline sort enfin vainqueur d’une finale à Monte-Carlo. C’est de loin le titre le plus important de sa carrière.

“Je suis très heureux d’avoir gagné ici aujourd’hui, c’est le tournoi le plus important que j’ai jamais gagné”, déclare Pioline. “Dominik a joué un tennis incroyable, il frappait très fort. Mon objectif était de varier entre tenir l’échange et aller au filet, accélérer, et ça a marché. Je voulais aller jusqu’au bout et j’ai essayé de lui mettre la pression. C’était mon jour et c’est une grande victoire pour moi. J’ai couru partout comme si j’avais 20 ans et j’espère continuer pendant quelques années encore.”

La postérité du moment : Le début de la fin pour Pioline, Hrbaty touchera du doigt des grands titres

Malheureusement, Pioline ne continuera pas à courir comme un jeune de 20 ans pendant de nombreuses années. Après sa défaite en huitièmes de finale de Roland-Garros face à Marat Safin (6-4, 1-6, 6-3, 7-5), il ne disputera plus jamais de finale sur le circuit, et il ne se hissera plus jamais en deuxième semaine d’un tournoi du Grand Chelem. Il prendra sa retraite en 2002.

Dominik Hrbaty grimpera jusqu’au 12e rang mondial, en 2004. En 2005, avec Karol Beck et Karol Kucera, il mènera l’équipe slovaque en finale de la Coupe Davis. Bien que Hrbaty ait remporté ses deux matchs simples contre Mario Ancic et Ivan Ljubicic, son équipe sera battue par la Croatie (3-2). En 2006, il atteindra la finale du Masters 1000 de Paris, ce qui restera son dernier résultat remarquable sur le circuit. Ayant quitté le Top 100 en 2007, il prendra sa retraite en 2010.

Dominik Hrbaty & Nikolay Davydenko, Paris, 2006

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