De l’évacuation en pleine nuit à Dubaï à son premier tour victorieux à Indian Wells : le périple fou de Daniil Medvedev
Après une évacuation en pleine nuit de son hôtel, puis un périple éprouvant via Oman et Istanbul, le Russe a surmonté un véritable parcours du combattant avant de s’imposer avec autorité dès son entrée en lice à Indian Wells face à Alejandro Tabilo.
Daniil Medvedev – Dubaï 2026 © Imago / Psnewz
L’arrivée de Daniil Medvedev dans le désert californien pour le Masters d’Indian Wells 2026 ressemble moins à une histoire de tennis qu’à un véritable casse-tête logistique. Après une semaine chaotique au Moyen-Orient – où il a remporté l’ATP 500 de Dubaï par forfait le 28 février, le jour même où les frappes militaires entre les États-Unis/Israël et l’Iran se sont intensifiées – le Russe a dû gérer un départ pour le moins étrange et stressant : évacuation en pleine nuit, détour par Oman, et un décalage horaire de 12 heures qui aurait épuisé la plupart des athlètes.
« Pour être honnête, si je n’avais pas eu le tennis, je serais probablement resté à Dubaï, parce que je m’y sentais plutôt en sécurité. Peut-être que je me trompe, mais c’est le sentiment que j’avais. Mais pour moi la question était : comment rejoindre Indian Wells, et comment faire rentrer ma femme auprès de nos enfants à Monaco. Finalement, on a réussi. »
Un retour très solide à Indian Wells
Medvedev s’exprimait après sa victoire lors de son entrée en lice contre Alejandro Tabilo dans le désert californien. Malgré ce voyage éprouvant, sa performance a été remarquable. Il s’est imposé 6-4, 6-2, avec une impressionnante maîtrise pour un joueur qui avait passé sa préparation à regarder son téléphone plutôt qu’à s’entraîner sur un court.
« Honnêtement, je me suis senti très bien aujourd’hui. Ça veut dire que le jet lag est passé. J’ai bien dormi et j’ai fait ce qu’il fallait. J’espère être à 100 % pour les prochains matchs, même si aujourd’hui c’était déjà très bien. »
De Dubaï au désert : un cauchemar logistique
La principale source de fatigue de Daniil Medvedev n’était pas le match, mais sa sortie plus que compliquée de Dubaï. Ce qui devait être un simple vol s’est finalement transformé en une longue coordination par messages avec ses compatriotes Andrey Rublev et Karen Khachanov.
« Ce n’était pas facile de décider quoi faire, c’était la partie la plus compliquée. À un moment, on échangeait énormément de messages avec Andrey et Karen. Finalement, avec Andrey on s’est dit : allons à Oman et essayons de trouver un vol là-bas. Ce n’était pas simple, parce que tout le monde essayait de partir et il n’y avait pas beaucoup d’avions disponibles. »
« Mais on a réussi à trouver un vol. Karen nous a rejoints, puis le lendemain on a pu voler vers Istanbul, et ensuite d’Istanbul à Los Angeles. C’était juste plus long et beaucoup plus stressant que d’habitude au niveau de l’organisation. J’ai passé énormément de temps au téléphone, et ça aussi c’est très fatigant. »
Notre chauffeur ne trouvait plus son passeport
Plus tôt dans la semaine, Medvedev avait raconté certains détails à la journaliste russe Sofya Tartakova pour le média Bolshe!, notamment un épisode rocambolesque à la frontière :
« On est arrivés à Oman en voiture. Certains ont mis 4 h 30, d’autres 9 heures, nous environ 7 heures. Notre chauffeur ne trouvait plus son passeport. On était les seuls à passer la frontière, on a dû faire demi-tour et revenir aux Émirats. Il a finalement retrouvé son passeport sur le parking, et on est repartis pour Oman. »
L’aventure ne s’est pas arrêtée là. Le groupe a ensuite dû traverser plusieurs continents pour atteindre les États-Unis. « On a passé la nuit à Oman. Le lendemain on a pris un vol pour Istanbul, on a dormi à l’hôtel, puis on a pris un autre vol pour Los Angeles. C’était simplement plus long et plus stressant que d’habitude. »
Si Medvedev a remporté son premier match avec autorité, ses compagnons de voyage ont eu plus de mal à digérer ce périple. Andrey Rublev a été éliminé par Gabriel Diallo (6-7, 7-6, 6-3), semblant physiquement et mentalement à bout dans le troisième set. Karen Khachanov s’est incliné de manière encore plus cruelle face au jeune João Fonseca (4-6, 7-6, 6-4) après avoir laissé filer deux balles de match dans le tie-break du deuxième set.
Une évacuation d’hôtel en pleine nuit
Pour Daniil Medvedev, l’enjeu dépassait largement la simple préparation sportive. Il a révélé avoir été directement touché par les tensions locales, ce qui a entraîné une évacuation nocturne de son hôtel avec sa femme.
« Je logeais dans un hôtel où il s’est passé quelque chose, donc on a dû évacuer en pleine nuit avec ma femme. Tout dépend de la personne et de la situation. Si mes enfants avaient été avec moi, j’aurais probablement été beaucoup plus stressé. Mais ils étaient restés à Monaco. »
S’adapter au désert
Indian Wells reste un endroit particulier où la transition depuis Dubaï est toujours compliquée, surtout pour Daniil Medvedev qui n’a jamais caché ses galères dans le désert californien.
« Indian Wells est un endroit étrange pour moi. Surtout les premiers jours : le décalage horaire depuis Dubaï ne peut pas être pire. Je joue toujours Dubaï, puis j’arrive ici avec 12 heures de différence. Les courts sont complètement différents. Même les balles semblent différentes à cause de la surface. Les deux ou trois premiers jours, je me dis souvent : il n’y a aucune chance que je gagne mon premier tour. Mais cette année, c’était un peu différent. Et finalement, j’ai réussi à bien jouer. »
Au moment d’entrer sur le court face à Tabilo, le chaos du trajet Oman-Istanbul-Los Angeles semblait derrière lui. Sa victoire un peu plus tard dans la journée l’a encore plus confirmé.