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7 mars 2004 : Le jour où Spadea remporte son premier titre après son triste record de 21 défaites consécutives

L’Américain Vince Spadea, célèbre détenteur du record de la plus longue série de défaites de l’histoire du tennis, remporte le 7 mars 2004 son premier titre ATP à Scottsdale.

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Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Spadea redore son image avec un premier titre

Ce jour-là, le 7 mars 2004, l’Américain Vince Spadea, célèbre détenteur du record de la plus longue série de défaites de l’histoire du tennis, remporte son premier titre ATP à Scottsdale, Arizona. Pour réaliser cet exploit, Spadea a dû battre Andy Roddick, n°3 mondial, en demi-finale (6-7, 6-3, 6-4), et Nicolas Kiefer, alors 46e mais ancien n° 4 mondial, en finale (7-5, 6-7, 6-3).

Les personnages : Vince Spadea et Nicolas Kiefer

  • Vince Spadea, 29e mondial

Vince Spadea, né en 1974 et vainqueur de l’Orange Bowl 1992, est passé pro en 1993. Après être entré dans le top 100 en 1994, il s’installe confortablement dans le top 50, atteignant les huitièmes de finale de l’US Open 1995 (battu par Petr Korda, 6-2, 7-5, 6-4), et disputant la finale à Sankt Pölten en 1998 (défait par Marcelo Rios, 6-2, 6-0). Sa meilleure saison à ce jour est 1999, lorsqu’il se qualifie pour les quarts de finale de l’Open d’Australie (éliminé par Tommy Haas, 7-5, 7-6, 6-3) et atteint une deuxième finale sur le circuit, à Indianapolis (dominé par Nicolas Lapentti, 4-6, 6-4, 6-4).

A la fin de l’année, alors qu’il atteint au mois d’octobre la 19e place mondiale, son meilleur classement, il perd en demi-finale de Lyon contre Lleyton Hewitt, démarrant alors ce qui deviendra la plus longue série de défaites de l’histoire du tennis. En juin 2000, au début de Wimbledon, il est déjà retombé à la 61e place mondiale lorsqu’il parvient à battre Greg Rusedski (6–3, 6–7, 6–3, 6–7, 9–7). Spadea n’est pas pour autant tiré d’affaire : il ne remporte que deux autres matches sur le circuit principal avant la fin de la saison, et il se retrouve 237e mondial. De retour sur le circuit Challenger, il ne revient dans le top 100 qu’en février 2002, et en mars 2004, il est 29e mondial.

Vince Spadea
  • Nicolas Kiefer, ancien 4e mondial

L’Allemand Nicolas Kiefer est né en 1977. Il est un junior très prometteur, remportant deux titres du Grand Chelem en 1995, et il se qualifie pour son premier tableau final de Grand Chelem à l’Open d’Australie 1996. Il se révèle au grand public en 1997, lorsqu’après avoir atteint les quarts de finale à Wimbledon (battu par Todd Woodbridge, 7-6, 2-6, 6-0, 6-4), il termine la saison en tant que n°1 allemand. La même année, il remporte son premier titre ATP, à Toulouse, en battant Mark Philippoussis en finale (7-5, 5-7, 6-4).

En 1999, Kiefer remporte trois titres, dont le plus important est conquis à Halle (en battant Nicklas Kulti en finale, 6-3, 6-2). En atteignant deux autres finales à Dubaï et à Vienne, il se hisse au quatrième rang mondial, ce qui lui permet de se qualifier pour le Masters, où il s’incline en demi-finale face à Pete Sampras (6-3, 6-3). Lors de l’année 2000, bien qu’il ajoute deux titres à son palmarès, l’Allemand est retombe au 20e rang mondial à la fin de l’année et, les saisons suivantes, il se maintient  dans le top 50 mais reste à bonne distance du top 10.

Le lieu : sur le prestigieux court de Scottsdale

Le tournoi de Scottsdale a été créé en 1986. Organisé fin février ou début mars, il s’agit d’un tournoi sur dur prestigieux, remporté par trois anciens numéros un mondiaux : Jim Courier (1995), Lleyton Hewitt (2000, 2003) et surtout Andre Agassi, qui détient le record de quatre titres remportés en Arizona (1993, 1994, 1998, 2002).

L’histoire : le soulagement après le tourment

En mars 2004, la performance la plus célèbre de Vince Spadea, 29 ans, est sa série de 21 défaites consécutives en 1999-2000, années où l’Allemand Nicolas Kiefer figure parmi les dix meilleurs mondiaux. Aujourd’hui, lors de la finale de Scottsdale, Spadea, qui a réussi à revenir au sommet, est  le 29e joueur mondial, tandis que Kiefer occupe le 46e rang du classement ATP.

En demi-finale, à la surprise générale, Spadea a éliminé Andy Roddick, 3e mondial, après avoir été mené d’un set et un break.

“C’est toujours un grand accomplissement de battre un joueur classé aussi haut et qui a accompli ce qu’il a accompli”, déclare Spadea. “Surtout avec un set et presque deux breaks de retard, j’aurais pu me coucher, mais je ne l’ai pas fait.

Dans le premier set, Spadea se montre plus régulier du fond de court et breake Kiefer au 10e jeu, empochant ainsi le premier set 7-5. Le deuxième set lui glisse des doigts, bien qu’il ait servi pour le set à 5-4, mais lors du set décisif, l’Américain finit par s’imposer (7-5, 6-7, 6-3). Au cours de ce troisième set, quelques mots sont échangés lorsque Spadea boit une gorgée d’eau au cours du septième jeu, ce qu’il n’avait techniquement pas le droit de faire.

Après les difficultés qu’avait rencontrées Spadea quelques années auparavant, remporter son premier tournoi ATP lors de sa 224e tentative représente un grand moment pour lui. “Je suis très enthousiaste”, dit-il.

“J’ai 29 ans. Je suppose que cela montre qu’on peut apprendre au vieux singe à faire la grimace. Je n’avais jamais réalisé que mes objectifs n’avaient jamais été aussi précis, mais cette semaine, c’était le cas. J’aurai une mentalité différente à partir de maintenant. Je pensais que le simple fait de jouer sur le circuit était assez satisfaisant. Mieux vaut tard que jamais”.

“Il n’a pas gagné, c’est moi qui ai perdu”, commente de son côté Kiefer.

La postérité du moment : deux autres finales, pas d’autre titre

Malgré sa nouvelle mentalité, Vince Spadea ne gagnera pas d’autre tournoi avant sa retraite. Cependant, il atteindra deux autres finales, la première en 2004, à Delray Beach, et la seconde à Newport en 2005, ce qui lui permettra de se hisser à la 18e place mondiale. L’Américain prendra sa retraite en 2010.

Nicolas Kiefer n’ajoutera pas d’autre titre à son palmarès, mais en 2006, il atteindra les demi-finales de l’Open d’Australie (battu par Roger Federer, 6-3, 5-7, 6-0, 6-2), et en 2008, il terminera finaliste malheureux face à Rafael Nadal au Masters 1000 de Toronto (6-3, 6-2). L’Allemand prendra également sa retraite en 2010.

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