Fils : « J’ai retrouvé mon niveau, à moi de viser plus haut »

Arthur Fils a rallié son cinquième quart de finale en Masters 1000 à Miami, réalisant l’exploit de n’avoir concédé aucun jeu de service depuis le début du tournoi. Le Français revient sur l’efficacité de sa mise en jeu, l’évolution technique de son coup droit, son retour de blessure, et explique pourquoi il aborde ses prochains duels avec une détermination de fer.

Arthur Fils - Miami 2026 Arthur Fils – Miami 2026 © Photo by Dax Tamargo/Shutterstock/SIPA

Arthur, comment décririez-vous votre niveau de jeu aujourd’hui face à Valentin Vacherot ?

Arthur Fils : C’était un bon match, mais loin d’être simple. Valentin joue très bien et s’appuie sur un excellent service. Il fallait que je reste extrêmement vigilant sur mes propres mises en jeu. J’ai essayé de grappiller quelques points en retour et j’ai réussi à le breaker deux fois. Globalement, c’était une belle bataille. On a tous les deux produit du bon tennis ; j’espère qu’on aura d’autres occasions de s’affronter ainsi.

Valentin expliquait que sur certaines balles, vous frappiez beaucoup plus fort que la moyenne. Là où d’autres se contenteraient de remettre la balle, vous preniez l’initiative avec une réussite totale. C’est ce qui l’a mis en difficulté.

Arthur Fils : Valentin est un très bon joueur. Quand j’entre sur le court, je sais que je dois produire mon meilleur tennis. Je ne peux pas le laisser installer son jeu, car si vous le laissez faire, vous pouvez vous retrouver mené 6-2, 6-2 en 40 minutes. J’ai essayé de mettre de l’intensité, de frapper fort, et aujourd’hui, ça a payé. On travaille dur pour que ce genre d’intentions se concrétise.

Vous avez fait évoluer votre technique en coup droit avec une préparation plus courte. Quelle en est la raison ?

Arthur Fils : Aujourd’hui, il faisait chaud et le court était très rapide. Dans ces conditions, si vous avez une grande préparation, c’est compliqué, et c’est valable pour tout le monde. Ce geste plus court fonctionne mieux ici. Et les résultats sont là.

Avec l’élimination de Carlos Alcaraz, estimez-vous avoir une chance de remporter le tournoi ?

Arthur Fils : Je ne sais pas, j’essaie simplement de rester concentré sur le prochain tour.

Après votre victoire contre Tsitsipas, vous disiez sur le court que vous étiez de retour, comme si vous n’étiez jamais parti. Avez-vous le sentiment d’être plus fort qu’avant votre blessure ?

Arthur Fils : C’est certain, j’ai progressé dans de nombreux secteurs. Je pense avoir retrouvé mon niveau désormais. J’enchaîne les matchs, ce qui est une excellente chose. Je dois juste rester focus. On verra ensuite si je peux franchir un nouveau cap.

Ma blessure ? ce n’était pas si difficile. J’ai presque apprécié cette période, pour être honnête.

Vous vous êtes retiré du circuit pendant un long moment après votre blessure. À quel point cela a-t-il été difficile, et ressentez-vous aujourd’hui les bénéfices de ne pas avoir précipité votre retour ?

Arthur Fils : À chaque fois qu’on me pose la question, je réponds la même chose : ce n’était pas si difficile. J’ai presque apprécié cette période, pour être honnête. Il faut savoir accepter le processus, et c’est ce que j’ai fait. Ce n’était pas simple tous les jours, mais mon équipe et ma famille m’ont beaucoup aidé. Aujourd’hui, j’en récolte les fruits. Nous avons ajusté certains détails, comme mes déplacements ou la gestion physique. Je me sens bien et j’évolue à nouveau à un excellent niveau.

Concernant votre service, vous n’avez toujours pas concédé le moindre break depuis le début du tournoi. Quel est le secret ?

Arthur Fils : Ça fonctionne très bien en ce moment. Je m’applique sur mes zones, je varie beaucoup. On fait un super boulot avec l’équipe, notamment avec Ivan (Cinkus) et Goran (Ivanisevic), mais c’est surtout avec Ivan que nous bossons le service. Ce travail paie enfin. J’espère que ça va durer, il n’y a pas de raison que ça s’arrête.

Arthur Fils - Miami 2026
Arthur Fils – Miami 2026 © Dax Tamargo/Shutterstock/SIPA

L’autre jour, vous disiez : « Pas de place pour la compassion dans ce sport. » Pouvez-vous nous expliquer cette philosophie ?

Arthur Fils : Quand on entre sur le court, ce sont deux hommes qui se battent pour la victoire. Il n’y a pas de pitié à avoir. C’est lui ou moi, et je fais en sorte que ce soit moi.

Le tournoi est-il en train de se transformer en Roland-Garros avec tous vos compatriotes encore en lice ? Atmane, Humbert, Moutet… Comment expliquez-vous cette forme du clan français ?

Arthur Fils : Je ne sais même plus où on en est (rires). Est-ce qu’Ugo joue ? Est-ce qu’il a gagné ? C’est vrai qu’il y a beaucoup de Français ici et j’en suis ravi. Terence Atmane a signé une superbe victoire hier, je suis très content pour lui. Ugo est de retour à son meilleur niveau. On fait tous du bon boulot.

« Let’s f***ing go », c’est efficace. Après, c’est vrai que parfois… ça me coûte quelques amendes !

L’an dernier, vous survoliez le tournoi avant que votre dos ne vous lâche. Vous revoilà en quarts. On sent que vous adorez cet endroit. Mais sincèrement, sans Alcaraz dans le tableau, est-ce que le titre est dans un coin de votre tête ?

Arthur Fils : J’ai fait quart l’an dernier, je suis encore en quart cette année… Je suis très satisfait de mon niveau de jeu et je dois continuer sur cette lancée. J’adore être à Miami, j’aime ces courts, l’ambiance, et le public me soutient énormément ici. Et pour Alcaraz ? (sourire) Je ne sais pas, on verra bien. Je me concentre sur le tour suivant.

Question un peu plus légère : on remarque que vous jurez beaucoup en anglais sur le court. Le « Let’s f*ing go » semble être l’un de vos favoris. Est-ce que votre langage vous pose parfois des problèmes ?

Arthur Fils : Vous m’avez entendu ? (rires) Oui, c’est vrai. Écoutez, je jure en anglais pour que mon coach comprenne. Ce n’est pas que je me parle à moi-même, je m’adresse à lui. C’est pour ça que ça sort en anglais. J’essaie de me modérer, mais bon… « Let’s f***ing go », c’est efficace. Après, c’est vrai que parfois… ça me coûte quelques amendes !

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