Isner : “L’ATP est un système à bout”

John Isner a violemment réagi aux informations de Tennis Majors sur la baisse du prize money au Masters 1000 de Miami par un thread sur Twitter s’attaquant à la façon dont l’ATP rémunère les joueurs.

John Isner, Miami 2019

Son dernier tweet en date était un hommage à la bravoure des marines américains pendant la Seconde Guerre mondiale. A sa façon, le numéro 25 mondial et numéro un américain, John Isner, a lui aussi sorti l’artillerie lourde pour dire ce qu’il pensait de la façon dont l’ATP gouverne le tennis professionnel, mercredi.

Avec une franchise inédite pour un joueur de ce niveau, Isner a retweeté les informations de Tennis Majors sur la baisse drastique de la dotation au Miami Open pour dire sa certitude que l’ATP est désormais « un système à bout ».

« Les joueurs et les tournois sont des partenaires qui doivent travailler ensemble mais 60% de baisse de revenus d’un coup et 80% de baisse pour le vainqueur, pour l’un des plus gros événements qui a une diffusion télé, la data, des sponsors et les nouveaux revenus des paris, ce n’est plus un partenariat. »

Isner : “Le tennis vit en vase clos”

Isner fait référence à la dotation de 3,34 millions de dollars pour l’édition 2021 du premier Masters 1000 de l’année, contre 8,35 millions pour la précédente disputée en 2019 (soit une baisse exacte de 60%), et à la somme de $300 110 attribuée au futur vainqueur, contre la somme d’1,354 millions pour Roger Federer en 2019. Isner poursuit :

« Que diriez-vous d’un audit sur le contrecoup réel subi par les tournois, audit qui déboucherait sur une répartition harmonieuse après les événements ? C’est fou que ce ne soit pas déjà prévu pour nos gros événements. Ça n’a pas de sens. »

« Le tennis vit en vase clos. Jetez un œil à la NBA, la MLB, la NHL, la PGA, etc. Je ne nous compare pas aux revenus et au rayonnement de ces sports. Mais regardez bien la structure, la représentation des talents et la redistribution des revenus. Le tennis est rongé par les conflits d’intérêt et le manque de transparence. »

John Isner, Delray Beach 2021

John Isner s’en prend ici à l’ATP, l’Association des Tennismen Professionnels, instance de représentation des intérêts des joueurs, qui a pris le contrôle des plus grands tournois du monde en 1990, hors tournois du Grand Chelems. L’ATP est une des sept governing bodies du tennis avec la WTA (pour le tennis féminin), l’ITF (la fédération internationale) et les quatre organisateurs des tournois du Grand Chelem.

« Les promoteurs de tournoi ont des actifs qui s’apprécient avec le temps tandis que les joueurs ont très peu de temps pour rentabiliser leur talent, conclut Isner. Ce système est à bout. C’est donc aux joueurs de baisser leur revenu de 60%, tandis que les dirigeants de l’ATP conservent leurs salaires, bénéfices et notes de frais ? Ça n’a aucun sens. Tout est un rien hypocrite, vous ne trouvez pas ? »

Ex-vainqueur et finaliste à Miami

Le thread de John Isner s’inscrit dans le cadre de puissantes rivalités politiques dans le monde du tennis professionnel pour porter les intérêts des joueurs auprès des tournois, rivalités marquées notamment par la création de la PTPA, un syndicat de joueurs qui ne dit pas son nom et porté par Novak Djokovic. La baisse sensible de leurs revenus est aussi un des facteurs du coup de blues manifesté par les joueurs en Australie. Isner n’était pas à Melbourne, ayant déclaré forfait pour l’Open d’Australie pour des raisons familiales.

John Isner, 35 ans, a connu les plus belles épopées de sa carrière au tournoi de Miami, qu’il a remporté en 2018 et dont il a été finaliste en 2019.

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Une réponse à “Isner : “L’ATP est un système à bout”

  1. Bonjour l’ATP doit être refondu et la fusion avec la WTA semble être la solution d’avenir. Il faudrait aussi que de manière générale, le format des matchs évolue vers un peu plus de spectacle, d’interactions avec le public tout en laissant les joueurs exprimés leurs personnalités

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