27 décembre 1985 : le jour où est mort le légendaire entraîneur australien Harry Hopman

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Aujourd’hui, nous retournons en 1985 pour rendre hommage à l’un des plus célèbres entraîneurs de tennis de tous les temps, l’Australien Harry Hopman, qui, en tant que capitaine, a remporté la Coupe Davis à 16 reprises.

27 décembre 2021

Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Une légende s’est éteinte

Ce jour-là, le 27 décembre 1985, Harry Hopman succombe à une crise cardiaque dans sa maison de Seminole, en Floride, où il avait établi son académie. 16 fois vainqueur de la Coupe Davis en tant que capitaine, la légende australienne est également connue pour avoir participé à la formation de grands joueurs tels que Rod Laver, Ken Rosewall, et plus tard, John McEnroe et Vitas Gerulaitis.

Le personnage : Harry Hopman

  • Une carrière de joueur honorable

Né en 1906, à Glebe, non loin de Sydney en Nouvelle-Galles du Sud, Harry Hopman ne commence à jouer au tennis qu’à l’âge de 13 ans. Bien que son palmarès ne soit pas comparable à celui d’autres légendes du tennis australien, il n’en reste pas moins impressionnant. Trois fois finaliste des championnats d’Australie en simple (1930, 1931, 1932), Hopman obtient plus de succès en double : vainqueur des championnats d’Australie en 1929 et 1930 (avec Jack Crawford, qui l’a battu en simple lors des finales de 1931 et 1932), il remporte cinq titres majeurs en double mixte (quatre en Australie avec sa femme, Nell Hall Hopman, et le dernier aux championnats des États-Unis de 1939, avec Alice Marble). 

  • Le capitaine de Coupe Davis le plus titré de tous les temps

Malgré ce palmarès honorable, Harry Hopman est surtout connu pour son rôle de capitaine de la glorieuse équipe australienne de Coupe Davis. Il mène sa première campagne a lieu en 1938, et les Australiens (Adrian Quist et John Bromwich) sont battus par les États-Unis en finale du Challenge Round. C’est la première des 22 équipes australiennes dirigées par Hopman, et l’année suivante, les mêmes Quist et Bromwich, pourtant menés 2-0, renversent la vapeur pour battre les États-Unis et remporter le titre. 

Après la Seconde Guerre mondiale, Hopman se concentre sur son métier de journaliste sportif pendant quelques années, mais après que l’Australie a perdu trois finales contre les États-Unis, il reprend son rôle de capitaine. Sous sa houlette, l’Australie remporte  la bagatelle de 16 titres de Coupe Davis, le dernier en 1967, et au cours de ces années, il entraîne des légendes telles que Lew Hoad, Ken Rosewall, Roy Emerson, John Newcombe et, bien sûr, Rod Laver. En tant que capitaine, Hopman est connu pour son engagement total envers ses joueurs. Jack Kramer, qui n’aimait pas particulièrement Hopman, écrira qu' »il n’avait pas d’enfants, pas de hobbies, et le tennis était tout pour lui ». Selon sa biographie sur hopmancup.com, lorsqu’il était en charge de l’équipe, il « organisait leurs programmes physiques, gardait l’équipe unie et à l’abri des regards indiscrets de la presse, surveillait leur hygiène de vie et maintenait un regard critique et constant sur leurs techniques. »

  • Un entraîneur emblématique, pionnier de la préparation physique et de l’entraînement rigoureux

En 1969, après le décès de sa première femme, Harry Hopman, farouche opposant au sport professionnel qui avait lutté contre la mise en place de ce qui serait plus tard connu comme « l’ère de l’Open », quitte l’Australie et commence à travailler à la Port Washington Tennis Academy, à Long Island. Ses résultats en tant que capitaine de la Coupe Davis parlent d’eux-mêmes et il devient rapidement l’un des entraîneurs de tennis les plus demandés du pays.  Il se retrouve à conseiller quelques futurs champions tels que Vitas Gerulaitis et John McEnroe. Cependant, Hopman s’intéresse également à des joueurs de moindre niveau, comme le rappelle Chris Lewis, finaliste  de Wimbledon 1983 qui s’est entraîné avec lui dans les années 1970. 

« L’une des raisons pour lesquelles Hopman était aussi respecté, c’est qu’il aimait vraiment le jeu. Il ne s’intéressait pas seulement aux grands noms, mais à tous ceux qui voulaient jouer au tennis. Dans son camp, il y avait toujours des dizaines de joueurs inexpérimentés, ainsi que des grands noms, et Hopman s’intéressait personnellement à chacun d’entre eux. »

Hopman est un entraîneur qui croit en la persévérance et en l’importance de l’entraînement physique. En 1976, il s’installe en Floride, où, selon Lewis,  »il observait ses joueurs depuis son balcon avec des jumelles pour s’assurer qu’ils respectaient le parcours et couraient à la bonne vitesse » pendant leurs séances physiques. 

« Il s’impliquait personnellement dans tous les programmes », explique sa veuve, selon le New York Times, après son décès des suites d’une crise cardiaque, le 27 décembre 1985. « Il essayait d’aller sur le terrain tous les jours. Il jouait encore ici hier après-midi. »

Ses protégés ont tant de respect pour lui que nul ne se permet de l’appeler par son prénom. Même pour John McEnroe au sommet de la gloire, le mythique entraîneur restera toujours « M. Hopman ».

La postérité du moment : Création de la Hopman Cup en 1989

Après sa mort, l’académie d’Harry Hopman continuera de porter son nom et demeurera un haut lieu du tennis mondial. Ses installations seront utilisées par de nombreuses stars du tennis, telles que Martina Hingis et Jennifer Capriati.

Une compétition mixte, dans laquelle les joueurs et les joueuses représenteront leur pays, sera appelée Hopman Cup en hommage au célèbre entraîneur. Créée en 1989, elle se tient à Perth. Sa seconde épouse, Lucy, y assistera chaque année jusqu’à sa mort, en 2018.

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