Vous en rêviez, il l’a fait : Paire a (re)gagné un match !

Régénéré par le retour du public et des vacances salutaires, Benoît a renoué avec le succès en disposant de Nikoloz Basilashvili (6-4, 7-5 en 1h13) pour son entrée en lice au Masters 1 000 de Madrid. En conférence de presse, sa joie et son soulagement étaient palpables.

Un énorme « allez » pour conclure le premier set 6-4, un autre plus retentissant encore pour conclure le match. Personne ne pouvait soupçonner Benoît Paire de n’avoir pas joué pour gagner mardi à Madrid. Il voulait d’ailleurs tellement la victoire qu’il a pas mal tremblé pour la sceller, et qu’il est ensuite allé la fêter en se prenant en selfie devant la petite mais bruyante colonie de supporters français – dont un certain Pierre-Hugues Herbert – qui l’ont porté tout au long de son match. Et qui l’ont raccompagné à sa sortie du court, situé en pleine campagne madrilène, en s’époumonant : « Il est vraiment phénoménal ! » 

On peut accuser Benoît Paire de tous les maux mais il est fidèle à lui-même. Il avait dit et répété que son incapacité à bien jouer et à bien se comporter ces dernières semaines venait de son mal-être lié à l’absence du public. Le retour de celui-ci à Madrid l’a galvanisé :

« Se retrouver dans une ambiance incroyable, quasiment de coupe Davis, sentir le soutien des gens, ça m’a fait un bien fou. Je l’ai toujours dit, je joue pour ça. Je me devais aussi, pour la reconnaissance de ce soutien, de tout donner. Quelque part, ça m’a remis un peu de pression au moment de conclure. J’avais beaucoup d’émotions. »

Complètement dans le trou fin avril après une série de sept défaites consécutives, des frasques à répétition et une exclusion de l’équipe de France olympique pour les Jeux de Tokyo, Benoît Paire est apparu régénéré, probablement par les vacances salutaires qu’il a prises entre-temps.

Basilashvili en confiance mais fatigué

Certes, face à lui, il avait un Nikoloz Basilashvili assez erratique et probablement fatigué par son titre dimanche à Munich. Mais tout de même. Il fallait gagner et dans ce contexte, ça n’était pas évident. Le Français n’a pas été un monument de régularité mais il a su aller chercher son succès en retrouvant par séquences le tennis vif et inspiré qu’on lui connaît.

D’entrée, avec un premier jeu marqué blanc grâce à trois aces et un service gagnant, puis confirmé par un break dans la foulée, le Provençal a montré qu’il était dans un tout autre état d’esprit. La suite a été assez décousue, puisqu’il s’est fait rapidement rejoindre, mais il a profité d’une série d’erreurs grossières du Géorgien pour conclure le premier set sur le service de ce dernier.

Dans le deuxième set, Paire a cette fois concédé son service le premier sur une double faute, à 1-1. Mais il est revenu dans la foulée, avant de porter une nouvelle accélération pour servir pour le match à 5-3. C’est là où la peur de gagner l’a manifestement rattrapé, avec un débreak rendu blanc en commettant quatre grosses erreurs.

Et puis, c’est à nouveau en s’appuyant sur son service, percutant quoi qu’inconstant (14 aces, 9 doubles fautes, 8/11 balles de break sauvées) que l’Avignonnais a pu relancer la machine, avant de remettre, à 6-5 un gros coup de pression sur son adversaire, qui a fini par y succomber après avoir pourtant sauvé deux premières balles de match.

Benoît Paire : « J’avais envie de faire taire tous ces gens »

Pour Benoît Paire, c’est seulement la troisième victoire depuis la reprise du circuit en août dernier, après celles qu’il avait remportée à Roland-Garros en octobre face au Sud-Coréen Soonwoo Kwon et en février à Cordoba face au Chilien Nicolas Jarry. Sa première en Masters 1000 depuis le Rolex Paris Masters 2019. Celle-ci, clairement, compte double :

« J’avais envie de faire taire tous ces gens qui m’ont critiqué. Je voulais leur montrer qu’en retrouvant des conditions un peu plus normales, j’étais capable de retrouver un bon niveau. Il ne faut pas oublier qu’avant la pandémie, j’étais 22e mondial, je restais sur deux titres et des huitièmes de finale à Roland ainsi qu’à Wimbledon. » 

Au prochain tour, le 35e joueur mondial retrouvera l’homme en forme du moment, Stefanos Tsitsipas, face auquel il s’était lourdement incliné à Acapulco en mars. Mais, évidemment, c’était un tout autre contexte, un tout autre Benoît Paire.

C’est peu dire que ce dernier ne partira pas favori face au récent vainqueur de Monte Carlo et actuel leader de la Race. Mais peu importe. Pour lui, ce Masters 1000 de Madrid ressemblera quoi qu’il arrive à un nouveau départ : 

« J’ai l’impression que la saison commence maintenant pour moi. Pourtant, je ne me suis pas entraîné ces derniers temps, je suis parti en vacances avec ma copine et je n’ai absolument rien fait pendant dix jours. Mais ces vacances m’ont fait du bien. Et moi, ce qui me fait bien jouer au tennis, ce n’est pas de m’entraîner comme un acharné, c’est le fait d’être bien dans ma tête. Je suis arrivé ici, j’ai fait un petit entraînement avec Carla Suarez Navarro, un autre avec Arthur Cazaux et allez hop, c’était bon… »

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