Le record de Djokovic, l’exploit de Schwartzman… : Ce qu’il faut retenir après Rome

Novak Djokovic a remporté le 36e Masters 1000 de sa carrière en dominant en finale un Diego Schwartzman épatant. Rafael Nadal, lui, a laissé entrevoir qu’il était encore en rodage à une semaine du début de Roland-Garros. Voici tout ce qu’il faut retenir du tournoi masculin de Rome.

Djokovic, seul recordman de victoires en Masters 1000

Novak Djokovic entre un peu plus dans la légende. Dans la capitale italienne, le numéro un mondial s’est offert son 36e titre en Masters 1000, soit un de plus que Rafael Nadal (35), loin devant Roger Federer (28). Il en a profité pour s’offrir une cinquième couronne à Rome, après une finale perdue contre le Taureau de Manacor (2019), et dépasse son idole Pete Sampras au classement des joueurs ayant passé le plus de semaines en tête du classement ATP (287 semaines). Le Serbe a désormais en ligne de mire le détenteur absolu de ce record, le Suisse Roger Federer (310).

S’il quitte l’Italie avec les valises pleines de performances notables, Nole n’a pas vécu un tournoi de tout repos. Un set laissé à l’Allemand Dominik Koepfer, 97e mondial, en quarts de finale, une demie où il aura dû s’employer grandement face au jeune talent norvégien Casper Ruud (21 ans), puis une finale entamée par un regrettable 0-3 contre Diego Schwartzman, avant d’inverser la tendance pour l’emporter 7-5, 6-3. Djoko n’a pas eu à faire face à Nadal (éliminé dès les quarts par Schwartzman), Thiem (au repos après son sacre à l’US Open), ou encore Federer (blessé). Mais il paraît définitivement prêt à réaliser un grand Roland-Garros.

Diego Schwartzman – Denis Shapovalov : Le match de la semaine

Samedi 19 septembre, la night session au Foro Italico a accouché d’un duel aussi inédit que fabuleux pour une place en finale. Un combat de plus de 3h15 entre la tête de série No 8 argentine, tombeuse de l’ogre Nadal au tour précédent, et un jeune Canadien de 21 ans, qui a disputé son premier quart de finale de Grand Chelem à l’US Open une semaine et demie plus tôt.

Au vu de ce qu’ils avaient montré durant la semaine, Schwartzman et Shapovalov promettaient d’offrir une belle prestation devant les quelques spectateurs autorisés à assister à la demi-finale. Ils ont livré une lutte sensationnelle à coups de rallyes interminables, de frappes puissantes et fluides, et ce, jusqu’au bout de la nuit. L’Argentin a finalement trouvé la clé au tie-break du troisième set (6-4, 5-7, 7-6) pour se qualifier pour la première finale de Masters 1000 de sa carrière.

Temps forts et performances

  • Novak Djokovic, Roland-Garros en ligne de mire : Le numéro un mondial joue peut-être actuellement le meilleur tennis de sa carrière. C’est en tout cas ce qu’il estime lui-même. Mise à part sa disqualification atypique à l’US Open, le Serbe a remporté ses deux tournois de reprises, deux Masters 1000 : Cincinnati et Rome. Et face à un Nadal en manque de matches cette saison, Nole aura peut-être l’opportunité de soulever à nouveau le trophée parisien. Chose qu’il n’a faite qu’une fois dans sa carrière, en 2016.
  • Diego Schwartzman, l’exploit : S’il y avait une performance majuscule à ressortir de l’édition 2020 du Masters 1000 de Rome, ce serait sans aucune hésitation la victoire inattendue du spécialiste de la terre argentin face au nonuple vainqueur du tournoi, Rafael Nadal (6-2, 7-5). Pour son retour sur les courts après sept mois d’interruption à cause de la pandémie de Covid-19, le plus grand joueur de l’histoire sur terre battue a tout simplement été surclassé en quarts de finale.
  • Lorenzo Musetti, la belle histoire : En l’espace de 48 heures, Lorenzo Musetti (249e joueur mondial) a fait tomber Stan Wawrinka (6-0, 7-6) et Kei Nishikori (6-3, 6-4), deux anciens membres du Top 5. Le jeune Italien (18 ans) a ensuite chuté contre Dominik Koepfer en huitièmes de finale (6-4, 6-0). Mais il peut être considéré comme étant l’agréable surprise de cette édition.
  • Denis Shapovalov, meilleur classement : Grâce à son excellent parcours en terres italiennes jusque dans le dernier carré, le jeune Canadien intègre pour la première fois de sa carrière le Top 10. Il passe de la 14e à la 10e place du classement ATP et pourrait encore engranger de nombreux points à Roland-Garros puisque, l’an dernier, Shapovalov avait été éliminé dès le premier tour. Une seule victoire Porte d’Auteuil donc et son classement évoluera positivement.
  • Des Français en difficulté : Les Bleus n’ont pas franchement brillé dans la Ville éternelle. De retour à la compétition après de longs mois d’arrêt, Gaël Monfils est apparu à court de rythme contre Dominik Koepfer, qui l’a éliminé dès son entrée en lice (6-2, 6-4). Adrian Mannarino a également chuté au 2e tour contre Milos Raonic (7-6, 6-2), tandis que Benoît Paire a été l’auteur d’une prestation plutôt gênante face à Jannik Sinner (6-2, 6-1). A vrai dire, seul Ugo Humbert, battu en huitièmes par Shapovalov (6-7, 6-1, 6-4), après avoir sorti Kevin Anderson (6-3, 7-6) et Fabio Fognini (7-5, 7-6), a tiré son épingle du jeu.

Ugo Humbert, Rome 2020

Casper Ruud, l’oublié de la Next-Gen

A seulement 21 ans, le fils de Christian Ruud, ancien 39e joueur mondial, rentre dans le Top 30 pour la première fois de sa carrière après sa demi-finale perdue mais plus respectable que le score ne le laisse penser, contre Novak Djokovic (7-5, 6-3). Avant cela, le Norvégien avait écarté un autre membre du Top 10 en quarts de finale, Matteo Berrettini (4-6, 6-3, 7-6), et l’ancien vainqueur de l’US Open, Marin Cilic, en huitièmes (6-2, 7-6).

La phrase de la semaine

« Maintenant, ce n’est pas le moment de trouver des excuses. C’est juste le moment d’accepter que je n’ai pas suffisamment bien joué. »

Rafael Nadal, au sortir de sa défaite contre Diego Schwartzman (6-2, 7-5) en quarts de finale.

Rafael Nadal Rome 2020

La stat : Shapo n’y arrive pas…

A l’automne dernier, Denis Shapovalov avait tiré profit du forfait de Rafael Nadal pour se hisser en finale du tournoi de Paris-Bercy, étant ensuite battu par Novak Djokovic (6-3, 6-4). C’est la seule fois que le Canadien a réussi à atteindre ce niveau en Masters 1000, malgré cinq apparitions dans le dernier carré… dont la dernière à Rome dimanche, avec une demie perdue au terme d’un scénario invraisemblable contre Diego Schwartzman (6-4, 5-7, 7-6).

Retour sur terre brutal pour tous les participants à l’US Open ?

La question était dans toutes les têtes, et elle paraissait on ne peut plus légitime : comment les joueurs ayant brillé à Flushing Meadows allaient-ils s’adapter à la terre battue romaine ? Tous n’ont eu que très peu de temps pour gérer ce changement de surface, et force est de constater que peu d’entre eux ont connu une transition réussie. Félix Auger-Aliassime, Alex De Minaur, Karen Khachanov et David Goffin, pour ne citer qu’eux, ont été éliminés dès leur entrée en lice. Andrey Rublev et Borna Coric n’ont gagné qu’un match. Demi-finaliste à New-York, Pablo Carreño Busta n’a quant à lui même pas fait illusion devant Rafael Nadal (6-1, 6-1).

Il serait néanmoins erroné d’affirmer qu’il n’y a eu que des défaillances. Déjà parce que Novak Djokovic – certes obligé de quitter New York avec une semaine d’avance sur son programme – a soulevé le trophée au Foro Italico. En fin de compte, le meilleur contre-exemple est sans doute incarné par Denis Shapovalov. Une dizaine de jours après avoir atteint les quarts de finale de l’US Open, le joueur canadien a disputé les demies du tournoi romain et aurait même pu viser plus loin (il a servi pour le match contre Schwartzman avant de céder au jeu décisif). Une performance qu’il faudra confirmer à partir de la semaine prochaine, du côté de Roland-Garros.

Denis Shapovalov, Rome 2020

 

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