Antidopage : « Nous faisons de notre mieux pour poursuivre les tests » – Stuart Miller (Responsable du programme de l’ITF)

Stuart Miller, le responsable du programme anti-doping du tennis, nous explique comment le programme poursuit son cours malgré Covid-19.

ITF anti-doping programme

Stuart Miller est le responsable du programme anti-doping du tennis, sous l’égide de l’ITF au nom de l’ATP, de la WTA et des tournois du Grand Chelem. Nous lui avons demandé de nous donner quelques détails sur le déroulement des tests malgré le Covid-19. Le circuit est en sommeil, mais les tests continuent. Voilà comment et pourquoi.

Qu’advient-il des tests hors compétition et de l’obligation des joueurs de vous dire où ils se trouvent pendant cet arrêt du circuit ?
La réponse simple est : oui, les tests continuent. Mais évidemment, il y a des restrictions et elles varient d’un pays à l’autre. Ce que nous pouvons faire en terme de tests est évidemment limité en fonction des restrictions de mouvement mises en place par les gouvernements. Par principe, nous continuons selon un certain nombre de directives. Pour répondre spécifiquement à votre question sur la localisation des joueurs : oui, tous ceux qui devaient fournir leurs informations de déplacement sont toujours tenus de les indiquer exactement de la même manière qu’avant.

Nous avons donc encore la possibilité de faire des tests en dehors des compétitions. Le principe primordial est que nous devons protéger la santé de toutes les personnes concernées, que ce soit les joueurs ou le personnel chargé du prélèvement des échantillons. L’objectif est de minimiser le risque de transmission d’un virus et de de protéger les joueurs.

Les joueurs ont-ils bien réagi à ces changements ?
Jusqu’à présent, oui! Je ne peux pas prédire ce qui se passera à l’avenir, mais jusqu’à présent oui, très bien. Nous avons fourni des avis de sensibilisation aux joueurs, à tous les joueurs qui font partie de notre pool, pour leur dire quels étaient les plans concernant les tests, pour leur dire quelles étaient les précautions mises en place afin qu’ils soient conscients que nous prenions cela très au sérieux et que nos priorités concernait la santé des personnes impliquées.

C’est impressionnant de réussir à maintenir ce système dans ce chaos…
Les éléments de la vie qui obligent à être libre de ses mouvements sont évidemment affectés. Personne ne va donc prétendre qu’il n’y a aucun effet. Cela signifie simplement que vous devez trouver des opportunités. Vous devez trouver des solutions. Vous devez accepter les contraintes, puis vous devez trouver la meilleure façon de faire votre travail.

Je ne dis en aucun cas que c’est facile. C’est un défi pour nous tous. Mais nous essayons de trouver un équilibre entre la nécessité de protéger l’intégrité du sport avec l’obligation pour tout le monde de protéger la santé publique. L’évidence reste que tout le monde du tennis reconnaît l’importance de protéger l’intégrité du sport. Et tout relâchement de cette protection est évidemment un risque et personne dans le tennis ne voudrait ça. Nous n’avons eu aucune discussion sur un impact sur le budget.

« Il n’y a pas de réponse unifiée du monde au Covid-19 »

Même pour obtenir le matériel, je suppose que ce doit être difficile ?
Nous avons de la chance d’avoir ce matériel pour effectuer les tests. Nous avons un équipement de protection individuelle à la disposition de tous les agents de contrôle du dopage. Nous avons du désinfectant pour les mains. Nous avons des masques. Nous avons des gants. Et nous les avons également offert aux joueurs afin que ce ne soit pas seulement les agents de contrôle du dopage qui disposent de cet équipement. Si les joueurs sont testés, ils peuvent en bénéficier s’ils le souhaitent. Donc, encore une fois, quelles que soient les précautions raisonnables que nous pouvons prendre, nous les prenons aussi bien que possible.

Selon les pays, certains joueurs pourraient recommencer à jouer des tournois avant les autres : cela va-t-il être difficile à suivre pour vous ?
Non, ça ne le sera pas. Dans la mesure où les tournois qui entrent dans le cadre du programme antidopage de tennis sont tous ceux des partenaires du programme, tels que l’ITF, l’ATP, la WTA et le Grand Chelem: nous avons donc toutes ces informations. Pour les organisations nationales antidopage, le défi pourrait être beaucoup plus grand car il peut y avoir des événements organisés sans que ces instances ne soient au courant alors que cela ne peut pas nous arriver.

Mais l’un des défis, pour toute organisation antidopage, est qu’il n’y a pas de réponse unifiée du monde au Covid-19. Chaque nation a sa propre stratégie. Et bien sûr, cela laisse la porte ouverte à un impact potentiel sur l’organisation du tennis. Et cela pourrait affecter l’antidopage. Mais pour le moment, nous n’avons aucune information à ce sujet. Nous aurions donc tort de spéculer, mais c’est une possibilité.

« Nous faisons de notre mieux pour poursuivre les tests »

Le report des Jeux olympiques a-t-il eu des conséquences sur votre programme de tests?
Non, le report ne nous affecte pas du tout. En fait, pour la protection des Jeux Olympiques, nous avons une fenêtre de planification qui, espérons-le, ne comprendra pas les restrictions de Covid19 que nous connaissions lorsque nous avons eu Covid19, mais que le CIO disait qu’il y aura toujours des Jeux olympiques en 2020. Maintenant, et en supposant que nous serons de retour à la normale, quelle que soit la normale, d’ici la fin de l’année, nous espérons que nous serons en mesure de faire tout le travail d’antidopage que nous devons faire pour protéger correctement les prochains Jeux Olympiques.

Mais bien sûr, cela s’applique aussi à tous les autres grands événements de tennis que nous avons dans le calendrier. Donc, si l’US Open a lieu en août / septembre comme prévu, nous avons la responsabilité de faire de notre mieux pour essayer de protéger l’intégrité de cet événement. Et tous les autres événements couverts par le programme antidopage du tennis. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous faisons de notre mieux pour poursuivre les tests d’ici le retour du circuit. Ce n’est pas facile, mais nous essayons de faire de notre mieux.

L’importance du passeport biologique pour votre stratégie explique pourquoi vous devez continuer les tests en ce moment ?
Le passeport biologique est un outil particulièrement utile car il permet de détecter des preuves d’utilisation de substances, même si vous ne détectez pas la substance elle-même dans un échantillon. Dès qu’il y aura un assouplissement général des restrictions de mouvement, alors évidemment nous ferons beaucoup plus de tests et puis nous aurons l’occasion de regarder en arrière les résultats enregistrés en ce moment également. Donc, oui, c’est un outil particulièrement utile. Et bien sûr, nous faisons d’autres choses comme surveiller les allées et venues des joueurs, surveiller également nos sources de renseignement pour nous assurer que s’il y a quelque chose dont nous devons prendre note et agir, nous le pouvons. Les gens pensent souvent qu’un programme antidopage ne concerne que les tests, mais c’est aussi une question de dissuasion, d’éducation, d’utilisation du renseignement.

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