11 mars 1991 : le jour où Monica Seles est devenue numéro 1 mondiale

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Le 11 mars 1991, Monica Seles devenait numéro 1 mondiale pour la première fois. A 17 ans. Un record à l’époque.

Seles OTD 11_03

Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Monica Seles, 17 ans, prend la première place mondiale à Steffi Graf

Ce jour-là, le 11 mars 1991, Monica Seles devient numéro 1 mondiale pour la première fois, mettant fin au règne de Steffi Graf, qui régnait depuis 186 semaines sur le classement WTA. La jeune Yougoslave de 17 ans ne joue à plein temps sur le circuit que depuis 1989 et, à l’époque, un an après être devenue la plus jeune championne de l’histoire de Roland-Garros, elle est la plus jeune joueuse à atteindre la première place mondiale.

L’actrice

Monica Seles est née en 1973. Elle fait ses premiers pas sur le circuit en 1988, à 14 ans, à Boca Raton, où elle bat la 31e mondiale Helen Kelesi (7-6, 6-3). Ses frappes à deux mains des deux côtés, son style de jeu précurseur tout en prise de balle tôt et en puissance, et bien sûr les cris caractéristiques qu’elle pousse à chaque frappe, révolutionnent le tennis féminin. En 1989, elle dispute sa première saison complète chez les pros et, après avoir gagné son premier tournoi au printemps, à Houston, elle participe à son premier tournoi du Grand Chelem à Roland-Garros. Sa première apparition à Paris fera date. Au troisième tour, opposée à la 4e mondiale Zina Garrison, la jeune Monica, 15 ans, entre sur le Central en distribuant des fleurs au public avant d’écraser son adversaire 6-3, 6-2. Elle se hisse jusqu’en demi-finales où elle est seulement battue en trois sets (6-3, 3-6, 6-3) par l’invincible Steffi Graf, vainqueur des cinq derniers tournois du Grand Chelem. En 1990, après avoir remporté cinq tournois d’affilée, dont trois sur terre battue, elle devient la plus jeune joueuse de l’histoire à gagner Roland-Garros, en battant sa rivale allemande en finale (7-6, 6-4). A présent 3e mondiale, elle parvient en quarts de finale de Wimbledon (éliminée par Garrison, 3-6, 6-3, 9-7), puis, au mois d’octobre, elle remporte son premier tournoi en salle à Oakland, en dominant Martina Navratilova en finale (6-3, 7-6). Elle termine l’année en battant Gabriela Sabatini en finale du Masters (6-4, 5-7, 3-6, 6-4, 6-2). À l’Open d’Australie 1991, elle remporte son deuxième titre du Grand Chelem, aux dépens de Jana Novotna (5-7, 6-3, 6-1). Ce n’est plus qu’une question de temps avant qu’elle ne dépasse Graf et ne s’empare de la première place mondiale.

Seles_Graf_Roland-Garros_1990

L’histoire : après une ascension inéluctable, Seles s’empare du trône

En mars 1991, l’incroyable est sur le point de se produire sur le circuit féminin : Steffi Graf, qui règne sans partage sur le circuit WTA depuis avril 1987, est sur le point d’être renversée par un ouragan nommé Monica Seles.

La jeune Yougoslave de 17 ans, qui a peaufiné son tennis en Floride, ne joue à temps plein sur le circuit que depuis deux ans, mais en 1990, elle est devenue la plus jeune joueuse à remporter Roland-Garros, et elle a confirmé son potentiel dans les mois suivants, en triomphant au Masters de fin d’année et à l’Open d’Australie. Elle est désormais certaine de bientôt atteindre la première place mondiale.

Après avoir remporté son deuxième titre du Grand Chelem à Melbourne, elle dispute l’Open de Palm Springs, où elle peut s’emparer de la première place si elle remporte le tournoi. Cependant, le 3 mars, elle est battue en finale par Martina Navratilova, qui réalise une performance d’anthologie (6-2, 7-6). Cette défaite l’empêche de devenir numéro 1 avec la manière, et retarde d’une semaine son accession au sommet.

« C’est un peu comme si c’était déjà arrivé », déclare alors Seles, selon le New York Times. Depuis mon arrivée sur le circuit, tout le monde disait : ‘C’est la prochaine numéro 1’, et je me demandais ce qu’il adviendrait de moi si je n’atteignais pas la première place ; est-ce que je ne serais qu’une autre, je ne suis pas sûre du mot… espoir déçue ? Mais maintenant, je l’ai fait. Et si je veux conserver cette position, je dois continuer à gagner des tournois. Sinon, je pourrais être la numéro 1 la plus brève de tous les temps. »

Une semaine plus tard, le 11 mars 1991, Monica Seles, qui avait fêté ses 17 ans en décembre 1990, est la plus jeune joueuse à atteindre la première place mondiale. Elle met également fin au plus long règne de l’histoire du tennis féminin, puisque Steffi Graf occupait sans interruption la tête du classement WTA depuis 186 semaines.

La postérité du moment

Les années suivantes, Seles dominera simplement le tennis et son palmarès parle de lui-même : à partir de janvier 1991, elle remportera sept des huit tournois du Grand Chelem auxquels elle aura participé, seulement battue en finale de Wimbledon 1992, présentant un rapport de 56 victoires pour une seule défaite. Elle s’adjugera également trois Masters d’affilée, en 1990, 1991 et 1992. Sa domination s’arrêtera de la plus tragique des manières lorsqu’elle sera poignardée en plein match par un déséquilibré en avril 1993. Même si elle finira par revenir et ajouter l’Open d’Australie 1996 à son palmarès, elle n’atteindra plus jamais de sommets comparables à ses premières années.

Avec 178 semaines passées au sommet, Seles sera loin d’être la « numéro 1 la plus brève de l’histoire ». Elle restera la plus jeune championne de Roland-Garros, mais en 1997, Martina Hingis deviendra numéro 1 mondiale à l’âge de 16 ans, effaçant des tablettes le record de Seles.

Your comments

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *