1er septembre 1987 : Le jour où Chang a battu un record de précocité en passant un tour à l’US Open à 15 ans

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. En ce 1er septembre, retour en 1987 pour voir comment Michael Chang, 15 ans, a battu Paul McNamee au premier tour de l’US Open pour établir un record de précocité dans l’ère Open

1 septembre 2021
Michael Chang, On This Day

Ce qui s’est passé ce jour-là et pourquoi cela a marqué l’histoire du tennis

Le 1er septembre 1987, Michael Chang, alors âgé de 15 ans, bat l’expérimenté Paul McNamee au premier tour de l’US Open (6-3, 6-7, 6-4, 6-4). Le jeune Américain est le plus jeune joueur à avoir jamais remporté un match dans le tableau principal de l’US Open, et son record restera incontesté pendant les 34 années suivantes. Deux ans plus tard, à Paris, Chang établira un autre record en devenant le plus jeune joueur de l’histoire à remporter un tournoi du Grand Chelem.

Les acteurs

  • Michael Chang, un talent précoce qui ne passe pas inaperçu

Michael Chang, malgré ses 15 ans, est déjà une curiosité dans le milieu du tennis américain. Depuis l’âge de 12 ans, il bat tous les records de précocité. Il remporte le Championnat national des États-Unis des moins de 18 ans en 1987, ce qui lui permet d’obtenir une wild-card pour l’US Open. L’adolescent est déjà connu pour ses qualités défensives et sa grande ténacité.

  • Paul McNamee, spécialiste du double qui a quitté le Top 100 en simple

L’Australien Paul McNamee est âgé de 32 ans. En simple, il s’est hissé jusqu’au 24e rang mondial en 1986, après avoir remporté deux titres au cours de sa carrière, dont le plus important en 1982, à Baltimore, où il a battu Guillermo Vilas en finale (4-6, 7-5, 7-5, 2-6, 6-3). Il a eu plus de succès en double, ayant atteint la première place mondiale en 1981 et remporté quatre titres du Grand Chelem, deux à l’Open d’Australie et deux à Wimbledon, chaque fois avec son compatriote Peter McNamara. McNamee a également fait partie de l’équipe australienne qui a remporté la Coupe Davis en 1983 et 1986. En septembre 1987, il est 130e mondial.

Le lieu : L’US Open

L’US Open (appelé US Nationals avant 1968 et le début de l’ère Open) a été créé en 1881. Bien qu’il soit le seul Grand Chelem à avoir été disputé sans la moindre interruption depuis ses débuts, le tournoi a changé de site à plusieurs reprises au fil des ans. Les premières éditions se déroulent sur les courts en herbe du Casino de Newport, à Rhode Island, puis en 1915, l’épreuve s’installe à New York, au West Side Tennis Club, dans le quartier de Forest Hills, jusqu’en 1977 (avec une parenthèse de 1921 à 1923, où les joueurs s’affrontent à Philadelphie). De 1975 à 1977, le tournoi se dispute sur terre battue.

En 1978, l’US Open quitte le West Side Tennis Club, désormais trop petit pour accueillir un événement d’une telle importance, pour l’USTA National Tennis Center, situé à Flushing Meadows, à New York. Par la même occasion, le tournoi se dispute à présent sur surface dure. Le Tennis Center est l’un des plus grands complexes de tennis au monde et son court central est le Stade Louis Armstrong, d’une capacité de 14 000 places.

L’histoire : Chang, « un petit garçon » devenu grand

Michael Chang, 15 ans, bat tous les records de « plus jeune joueur de l’histoire » aux États-Unis depuis qu’il a remporté, à 12 ans, son premier titre national, l’USTA Junior Hard Court. En 1987, il est devenu le plus jeune joueur à avoir jamais remporté le Championnat national des États-Unis des moins de 18 ans. À l’époque, gagner cette épreuve signifie obtenir une wild-card pour le tableau final de l’US Open. Bien que l’adolescent ait dûment gagné sa place, de nombreux observateurs pensent qu’il est un peu tôt pour qu’un si jeune joueur soit jeté dans le bain d’un tableau final de Grand Chelem.

Au premier tour, le prodige affronte Paul McNamee, un joueur australien expérimenté, l’un des plus âgés du tableau (32 ans, plus de deux fois l’âge de Chang). McNamee, 24e mondial au meilleur de sa forme, est redescendu au 130e rang mondial, ce qui lui donne malgré tout un avantage considérable sur son jeune adversaire, 930e à l’ATP.

Mais Chang se montre à la hauteur de l’événement, faisant preuve d’un mental impressionnant, et, contre toute attente, il troque sa stratégie défensive habituelle contre un costume d’attaquant.

« Si vous m’aviez vu jouer ce premier match à l’US Tennis Center, vous auriez pensé que je jouerais le reste de ma carrière comme un serveur-volleyeur, écrira plus tard Chang dans son livre, Holding Serve : Persevering On and Off the Court. J’ai suivi mon service au filet à plusieurs reprises cet après-midi-là parce que j’avais remarqué que Paul avait du mal à retourner les services kickés haut sur son revers. »

Cette tactique s’avère payante et l’Américain s’impose en quatre sets (6-3, 6-7, 6-4, 6-4). C’est bien sûr l’un des grands événements de la journée, les journalistes sportifs américains ne se privant pas de le qualifier de « futur du tennis américain », à l’heure où ses anciens leaders, John McEnroe et Jimmy Connors, sont sur le déclin.

C’est lorsqu’il fait face à la presse, accompagné de sa mère, que l’on se rappelle à quel point Chang est encore jeune.

« Je ne sais pas quel sera l’avenir du tennis américain », dit-il. « Je me contente de jouer. »

« C’est encore un petit garçon et nous aimerions qu’il reste ainsi », déclare sa mère, Betty, à la presse.

La postérité du moment

Michael Chang sera éliminé au deuxième tour de l’US Open 1987 par Nduka Odizor, non sans avoir forcé son adversaire à lutter cinq sets (6-1, 6-2, 6-7, 3-6, 6-4). Par la suite, le jeune Américain battra plusieurs autres records de précocité. En octobre 1987, il sera le plus jeune joueur à atteindre les demi-finales d’un tournoi professionnel, à Scottsdale, ce qui lui permettra de devenir plus jeune Top 200 de l’histoire, à 15 ans, 7 mois et 26 jours. L’année suivante, en juin, à seulement 16 ans et 3 mois, il sera également le plus jeune joueur à entrer dans le Top 100. Sa carrière atteindra son apogée en 1989, lorsqu’à l’âge de 17 ans, il devient le plus jeune joueur à remporter un tournoi du Grand Chelem, en battant Stefan Edberg en finale de Roland-Garros (6-1, 3-6, 4-6, 6-4, 6-2). Son huitième de finale contre Lendl restera dans les annales du tennis, et le service à la cuillère de Chang deviendra presque aussi célèbre que la « main de Dieu » de Maradona au football.

Chang ne remportera pas d’autre titre majeur, mais il restera l’un des principaux joueurs du début des années 1990. Il sera au sommet de sa forme entre 1995 et 1997. Au cours de ces trois années, il disputera non seulement trois demi-finales de Grand Chelem, mais il atteindra également la finale à trois reprises : à Roland-Garros 1995 (battu par Thomas Muster, 7-5, 6-2, 6-4), à l’Open d’Australie 1996 (dominé par Boris Becker, 6-2, 6-4, 2-6, 6-4) et à l’US Open 1996 (défaite contre Pete Sampras, 6-1, 6-4, 7-6). En septembre 1996, il montera à la deuxième place mondiale, son meilleur classement. Quittant le Top 10 au début de 1998, il déclinera ensuite lentement jusqu’à sa retraite, en 2003.

Son adversaire du jour, Paul McNamee, sera, après sa carrière, connu pour avoir été directeur de la Hopman Cup et directeur général de l’Open d’Australie jusqu’en 2006.

Your comments

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *