“Quand le corps dit stop, il faut l’accepter” (Mouratoglou)

Patrick Mouratoglou explique que Serena Williams espérait contrôler sa douleur au tendon d’Achille au cours de ce Roland-Garros 2020. Exclu Tennis Majors.

1 octobre 2020

Son forfait à Roland-Garros pourrait être synonyme de fin de saison pour Serena Williams, mais pas une fin de carrière. Son entraîneur Patrick Mouratoglou a confirmé, en exclusivité dans le talk show et podcast The French Insider, de Tennis Majors, que l’Américaine avait été très affectée par cette blessure persistante à un tendon d’Achille mais qu’elle n’en avait pas fini avec sa quête de record en Grand Chelem (23 titres pour elle, 24 pour Margaret Court).

“Ç’a été une décision extrêmement difficile à prendre, a raconté le coach de Serena Williams. Mais il n’y avait aucune autre option et il faut accepter que le corps puisse décider à notre place. Tout a commencé avec la demi-finale de l’US Open face à Victoria Azarenka, où Serena a ressenti une douleur pendant le match.”

Avec un calendrier chamboulé par l’épidémie de Covid-19, la récupération était bien trop courte avant d’aller à Paris pour disputer le Grand Chelem français :

“Une semaine de récupération n’était pas assez car c’était une grosse inflammation. Mais il fallait commencer à préparer Roland-Garros. C’était plus ou moins sous contrôle, même si c’était douloureux. Quand elle a joué son premier match à Roland-Garros, la douleur est montée d’un cran. Et ce matin (mercredi) à l’entraînement, j’ai vu qu’elle n’était pas capable de bouger, et sprinter vers l’avant était presque impossible.”

“Elle ne pouvait plus gagner le tournoi”

Pour l’Américaine, qui vient de fêter ses 39 ans, le risque aurait été trop grand de continuer, même si la question s’est posée :

“Elle m’a expliqué la situation : dans un monde idéal, la douleur serait restée constante jusqu’à la fin du tournoi, même si c’était déjà trop. Mais l’évolution la plus probable était que l’inflammation continue de s’aggraver puisque les matchs sont de plus en plus compliqués et agressifs. On a déduit qu’elle ne serait pas capable de gagner le tournoi. Le risque que ça devienne vraiment grave n’en valait, dès lors, pas la peine. La seule solution était d’arrêter. A son âge, prendre le risque de rompre un tendon ne serait pas raisonnable. C’est dur, le haut niveau est comme ça, il faut l’accepter.”

Serena Williams a elle-même confié en conférence de presse qu’il lui faudrait cinq à six semaines de repos. Elle ne sera pas là en 2020, comme elle l’a laissé entendre, mais son son coach assure qu’elle sera bien là en 2021.

“Prendre ces cinq-six semaines pour guérir avant de reprendre l’entraînement pour préparer la saison 2021, c’est triste, mais on doit l’accepter. Bien sûr cette dernière partie de sa carrière est plus difficile, parce qu’il y a plus “d’ingrédients” qui n’étaient pas là avant : elle est plus âgée, elle est mère… Il y a davantage de “distractions” à cause de sa maternité bien sûr, et son corps n’a plus la même jeunesse. Elle le sait et elle l’accepte. Elle est très courageuse de faire face à tout ce qu’elle traverse depuis trois ans. Ce que j’admire le plus, c’est qu’elle a toujours cette motivation, peu importe l’obstacle devant elle. Elle le veut. Elle est toujours là, elle y croit, elle veut continuer. Le sport du haut niveau est cruel, et les plus grands ont cette capacité à s’y habituer, l’accepter et revenir plus forts à chaque fois.”

Car même si elle a déjà tout gagné, l’ancienne numéro un mondiale a toujours en tête de rentrer un peu plus dans l’histoire en soulevant un vingt-quatrième trophée du Grand Chelem, pour (enfin) égaler le record de Margaret Court derrière lequel elle court depuis 2017.

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