« J’ai dû retrouver mon chemin » : Anisimova, d’une pause salvatrice à une demi-finale à Wimbledon
Un an et demi après une pause nécessaire pour se reconstruire mentalement, Amanda Anisimova s’offre une deuxième demi-finale en Grand Chelem. Qualifiée pour le dernier carré à Wimbledon, elle s’apprête à défier la n°1 mondiale Aryna Sabalenka, avec la sérénité de celle qui revient de loin.

Il y a un an, Amanda Anisimova n’entrait même pas dans le tableau principal de Wimbledon. Battue en qualifications, en plein doute, elle se débattait avec ses blessures, sa forme physique et un mental éreinté. Mardi, elle s’est qualifiée pour sa deuxième demi-finale en Grand Chelem, six ans après la première, et avec un sourire qu’on ne lui voyait plus depuis longtemps.
« C’est une histoire spéciale, un vrai tournant. L’année dernière, j’ai perdu en qualifs ici, c’était dur à digérer. Cette année, je me bats encore, mais je gagne. »
J’étais arrivée à un point où je ne pouvais plus avancer.
Avant de disparaître du circuit, Amanda Anisimova avait déjà vécu une carrière à haute intensité. Révélée très tôt, la Floridienne d’origine russe avait impressionné en atteignant les demi-finales de Roland-Garros à seulement 17 ans, en 2019, après avoir éliminé Simona Halep. Classée dans le top 30 dès son adolescence, elle semblait promise à une trajectoire linéaire vers les sommets.
Mais derrière cette ascension fulgurante se cachaient des turbulences profondes. La perte brutale de son père et entraîneur en 2019 a marqué un tournant dans sa vie personnelle et sportive. Les années suivantes ont été marquées par l’instabilité, les blessures et une lassitude croissante. En 2023, alors classée au-delà de la 250e place mondiale, elle décide de faire une pause.
« Je ne dirais pas que c’est la meilleure chose que j’ai faite, mais c’était nécessaire », confie-t-elle aujourd’hui, « J’étais arrivée à un point où je ne pouvais plus avancer, j’étais perdue dans ma vie et dans ma carrière. Ce break m’a permis de respirer, de réfléchir, et d’apprendre. »
Revenir, dit-elle, n’a pas été une ligne droite. Il y a eu « En revenant, ce n’était pas tout rose, des hauts, des bas, du travail physique, beaucoup d’entraînement. Il a fallu retrouver une routine, réapprendre à vivre comme une athlète ». Mais, lentement, le tennis s’est remis en place. Et avec lui, la confiance. « Depuis l’été dernier, tout remonte. J’ai retrouvé mon jeu. »
Une place dans le top 10 en ligne de mire
Depuis son retour au plus haut niveau début 2024, Amanda Anisimova a avancé sans tapage, mais avec une régularité impressionnante. Après un premier trimestre de rodage, elle signe une finale surprise à la Rogers Cup à Montréal l’été dernier, confirmant que son jeu et sa puissance étaient intacts.
En 2025, elle retrouve de la continuité. Vainqueur à Doha en février, finaliste au Queen’s sur gazon, elle entre dans Wimbledon en tant que tête de série n°13. Et c’est là, sur l’herbe londonienne, qu’elle retrouve enfin les sommets. En écartant Pavlyuchenkova mardi (6-1, 7-6 [9]), elle se qualifie pour la deuxième demi-finale en Grand Chelem de sa carrière, six ans après la première.
« C’est un long chemin que j’ai parcouru depuis les qualifs de l’an dernier ici… J’ai beaucoup travaillé physiquement. J’ai retrouvé confiance à chaque tournoi, et là, je sens que tout clique », analyse-t-elle avec lucidité.
Elle retrouvera jeudi Aryna Sabalenka, numéro 1 mondiale. Une adversaire qu’elle connaît bien. « On se pousse mutuellement à notre meilleur niveau. » Elle en a gagné cinq de leur huit confrontations, et sait à quoi s’attendre: « Nos matches ont toujours été des combats. Ce sera difficile, mais c’est exactement pour ce genre de défi que je suis revenue. »
À seulement 23 ans, celle qui avait explosé à Roland-Garros en 2019 retrouve les sommets. Sa victoire en deux manches (6-1, 7-6) face à Pavlyuchenkova l’a envoyée dans le dernier carré d’un Majeur pour la deuxième fois de sa carrière. Grâce à ce parcours, elle intégrera le top 8 mondial pour la première fois.
Et ce n’est peut-être pas fini.




