Scène surréaliste à Bogota : L’arbitre se trompe de score en plein jeu et fait basculer le match !

Le match du premier tour de Bogota, entre Astra Shamar et Giulia Gatto-Monticone, a basculé sur une incroyable maladresse de l’arbitre de chaise. Ce dernier s’est trompé de score dans le troisième jeu du troisième set, ce qui a fait complètement sortir de l’Australienne de son match et aura des conséquences bien au-delà de ce tournoi.

Astra Sharma, Bogota, 2019

Il est commun dans le tennis amateur, où l’autoarbitrage est fréquent, que le score exact d’un jeu ou d’un set prête à confusion. C’est bien plus rare chez les professionnels, surtout sur un WTA 250. C’est pourtant ce qu’il s’est produit à Bogota ce mardi, avec des conséquences fâcheuses sur le résultat final du match du premier tour entre l’Australienne Astra Sharma, 134e joueuse mondiale, et l’Italienne Giulia Gatto-Monticone, 177e au classement WTA.

Voir aussi : Le tableau complet du tournoi de Bogota

Les deux joueuses étaient à égalité à une manche partout après s’être partagées les deux premières. Sharma avait remporté la première 6-4 et Gatto-Monticone lui avait répondu en empochant la deuxième 7-5. Le score était de 1-1 dans le troisième set quand l’arbitre de chaise de la rencontre s’est emmêlé dans le décompte du score. Il est descendu sur le court pour voir une marque trop longue du côté de Sharma et a validé le fait que la balle était en dehors des limites du court. Le score dans le jeu était alors de 0-30 sur le service de Gatto-Montincone et aurait dû passer à 0-40. Sauf qu’en remontant sur sa chaise, l’arbitre a annoncé : “30-15”.

Sharma : “Le superviseur de la WTA m’a dit que je devais me concentrer davantage sur le score à l’avenir”

Les deux joueuses ont pourtant continué le jeu comme si de rien n’était, malgré quelques hésitations d’un côté et de l’autre. Après un retour envoyé directement dans le filet par Sharma, Gatto-Montincone a envoyé un coup droit trop long qui aurait dû offrir le jeu à l’Australienne. Pas dans l’esprit de l’arbitre, pour qui le score était de 40-30. L’Italienne a finalement empoché le jeu sur un nouvelle faute en coup droit de Sharma, sous les yeux éberlués du commentateur anglophone pour Prime Video.

Ce qui aurait pu relever de l’anecdote a plombé le match de Sharma, qui n’a plus marqué un jeu par la suite et s’est finalement inclinée en trois sets (4-6, 7-5, 6-1). L’Australienne a fait part, sur Twitter, de la réaction du superviseur du tournoi après la rencontre.

“Le superviseur de la WTA m’a dit que je devais retenir la leçon et me concentrer davantage sur le score que sur mon tennis à l’avenir. Ma confusion n’est pas une excuse.”

Ellen Perez, Australienne née en 1995 comme Sharma, a pris la défense de sa compatriote.

“Il n’y a aucune excuse pour cette erreur ridicule de l’arbitre et pour que le superviseur le défende, blâmer la joueuse pour ne pas s’être concentrée sur le score est répugnant. Honte à vous ! J’en ai tellement marre de ces arbitres qui jouent un rôle dans le résultat des matchs.”

Sharma est revenue plus en détail sur sa mésaventure ce mercredi.

“Pour ceux qui disent que j’aurais dû connaître le score, voici mon point de vue :

1- A 40-15, je pensais avoir gagné le jeu, mais quand j’ai demandé à l’arbitre, il m’a dit non. Je pensais avoir mal compté, il m’arrive de perdre le fil du score quand je suis concentré, donc je fais confiance à l’arbitre.

2- J’étais perdue et étonnée, j’essayais de me rappeler les points que j’avais gagnés, donc je pensais par erreur qu’il disait que c’était 40-30 pour moi, je me disais que c’était possible, j’avais dû oublier un point.

3- Après avoir annoncé jeu à mon adversaire sur le point suivant, j’ai compris que quelque chose n’allait pas. Je savais que je n’avais pas perdu tant de point. J’ai essayé de discuter avec lui et il a répondu qu’il ne se rappelait pas le déroulement des points, mais moi non plus, donc je ne pouvais rien faire.

4- Je me rappelais simplement que j’avais joué deux fois trop long. L’arbitre et mon adversaire m’ont tous les deux indiqué que j’avais visiblement raté deux retours en revers et commis une faute en coup droit. Je ne pouvais pas me défendre parce que je n’arrivais pas à leur expliquer comment j’avais gagné les autres points.

5- Je savais que quelque chose n’allait pas, donc j’ai demandé une vérification vidéo, mais l’arbitre m’a dit qu’il n’y en avait pas. J’ai demandé à parler aux juges de ligne qui avait annoncé les fautes de mon adversaire. L’arbitre m’a indiqué qu’une rotation avait eu lieu et qu’il ne pouvait pas les faire revenir. Il m’a mis la pression en me disant que je ne pouvais pas retarder la reprise du jeu si je n’avais pas de preuve.

6- Je commençais à devenir folle et à douter de moi-même, les deux semblaient se rappeler de choses dont je ne me souvenais pas. Je ne savais pas quoi faire, tout ce que je pouvais dire au superviseur était que je pensais avoir gagné le jeu, mais ma preuve était qu’elle avait joué deux fois trop long.

7- Je me sentais vraiment impuissante et stupide, parce que c’était leur version, qu’il corroborait à deux, contre la mienne.”

Dans une réponse sur Twitter, Sharma a précisé avoir contacté la WTA, qui l’aidera à déposer une plainte officielle.

La dégringolade pour Sharma, finaliste à Bogota en 2019

Quart-de-finaliste à Guadalajara mi-mars, Sharma avait aussi atteint le deuxième tour de Roland-Garros en 2020, après avoir bénéficié d’un statut de lucky-loser. Cette ancienne membre du Top 100 (85e à son meilleur, en juin 2019) avait surtout disputé la finale du même tournoi de Bogota en 2019 (défaite 4-6, 6-4, 6-1, contre Amanda Anisimova). C’est son meilleur résultat en simple en carrière sur un tournoi WTA. Cette élimination d’entrée lui coûtera ainsi le bénéfice des 170 points glanés à l’époque et aura pour conséquence de la faire encore dégringoler au classement (au moins 30 places de perdues).

C’est tout l’inverse pour Gatto-Monticone, sortie des qualifications pour intégrer le tableau principal à Bogota cette année et affrontera au deuxième tour Tamara Zidansek, tête de série N.5. Montée jusqu’à la 148e place mondiale en 2020, l’Italienne de 33 ans n’avait plus gagné un match dans un tableau principal de niveau WTA 250 ou supérieur depuis juillet 2019 à Palerme. Gatto-Monticone pourrait en profiter pour faire un bond au classement (10 places gagnées au classement virtuel). C’est dire si l’erreur d’inattention de l’arbitre a joué un rôle crucial pour les deux joueuses, pour ce tournoi et au-delà.

Giulia Gatto-Monticone, Roland-Garros, 2020
Your comments

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *