Ces come-back de reines (et roi) dont pourra s’inspirer Kim Clijsters, en bien ou en mal

De Justine Henin à Björn Borg en passant par Justine Henin et Vera Zvonareva, Kim Clijsters, qui souhaite à 38 ans se relancer sur le circuit, pourra tirer pas mal d’enseignements de ces anciennes gloires qui ont tenté avant elle un retour sur le devant de la scène, avec plus ou moins de réussite.

29 septembre 2021
Bjorn Borg and Kim Clijsters

Quand vous avez débuté il y a quasiment 25 ans une carrière professionnelle auréolée par quatre titres du Grand Chelem et une place de n°1 mondiale, il est compliqué de croire qu’il y a encore la place pour faire mieux. Mais Kim Clijsters, battue cette semaine par Su-Wei Hiseh au 1er tour du tournoi de Chicaco, persiste et signe dans son processus de come-back, après avoir pourtant dû surmonter pas mal d’obstacles depuis deux ans.

La joueuse de 38 ans est à elle seule un cas à part : elle a déjà pris deux fois sa retraite. La première fois en 2007, à l’âge de 23 ans, pour fonder une famille. Clijsters s’est mariée avec le basketteur Bryan Lych, avant de donner naissance à leur fille Jada, en 2008. Elle est revenue au tennis en 2009, gagnant l’US Open dès son troisième tournoi en battant Serena Williams lors d’une demi-finale marquée par le coup de colère de l’Américaine à l’encontre d’une juge de ligne, et son point de pénalité encaissé sur la balle de match. 

Clijsters est alors entrée dans les livres d’histoire en devenant la première joueuse non tête de série – et la première mère de famille depuis Evonne Goolagong en 1980 – à remporter l’US Open. Avec, en prime, cette image célèbre de Jada la rejoignant sur le court pour fêter le titre.

La Belge, déjà victorieuse de l’US Open en 2005, a remporté un troisième sacre new-yorkais en 2010, avant de remporter dans la foulée l’Open d’Australie 2011. Mais elle a été poussée à une seconde retraite en 2012, après une série de blessures qui ont perturbé sa saison cette année-là.

Et finalement, plus de sept ans plus tard, elle a annoncé fin 2019 son intention de revenir une fois de plus, jouant son tournoi de rentrée début 2020 à Dubaï. La suspension du circuit en raison du Covid a immédiatement mis un terme à son retour, avant qu’elle ne soit à nouveau arrêté en fin de saison par une blessure au genou qui a nécessité une opération. Ensuite, Clijsters a été touchée par le Covid-19 et a mis un peu plus de temps que prévu à récupérer de sa blessure au genou.

Malgré tout, elle était plutôt satisfaite de son premier match disputé en plus d’un an – elle avait disputé l’US Open 2020, pour une défaite d’entrée -, face à Hsieh à Chicago, poussant sa piégeuse adversaire à un match en trois sets finalement perdu 6-3, 5-7, 6-3 en 2h18. Bilan des courses : quatre matches disputés depuis son come-back, quatre défaites. Affaire à suivre…

Kim Clijsters n’est pas la première championne de renom à avoir décidé que la retraite n’était pas pour elle. Beaucoup, dans le passé, ont déjà tenté un improbable retour au plus haut niveau, avec plus ou moins de succès. On pense notamment à :

Vera Zvonareva

L’ancienne n°2 mondiale fait partie de celles qui ont quitté le circuit pour se consacrer à leur vie familiale. Elle et son mari Alexandre ont accueilli leur premier enfant, une petite fille prénommée Evelina, en 2016. 

Avant de s’éloigner pendant deux ans du circuit, la Russe avait déjà connu pas mal de blessures qui avaient perturbé sa carière, ce qui ne l’avait pas empêché d’atteindre deux finales du Grand Chelem en 2010, à Wimbledon et à l’US Open. 

Depuis son retour en 2017, elle a essentiellement réussi en double, remportant le tournoi de Saint-Petersbourg en 2018 avec Timea Bacsinszky, puis à Moscou avec Anastasia Potapova. Mieux encore : elle a remporté l’US Open 2020 avec Laura Siegemund. Elle est tout de même revenue dans le top 100 en simple, classée 93è mondiale le 27 septembre 2021.

Vera Zvonareva
© Rob Prange/AFP7 via ZUMA Wire)

Justine Henin

Au cours de sa fabuleuse carrière, la compatriote de Kim Clijsters a remporté sept titres du Grand Chelem, plus l’or olympique en 2004. Après une spectaculaire année 2006 qui l’a vue atteindre les quatre finales du Grand Chelem (remportant le titre à Roland-Garros), elle a a été vraiment dominante en 2007, défendant son titre à Paris, atteignant les demi-finales à Wimbledon puis s’imposant à l’US Open, et finissant l’année à la place de n°1 mondiale. Le tout en ayant manqué l’Open d’Australie, en raison de problèmes maritaux. 

Mais 2008 a été une autre histoire : elle a été victime d’une blessure au genou et commencé à sperdre des matches qu’lle gagnait par le passé. Alors qu’elle était encore n°1, elle a annoncé avant Roland-Garros qu’elle se retirait, avec effet immédiat.

Et puis, inspirée par le retour Clijsters en 2009, animée aussi par le désir de remporter à Wimbledon le seul Grand Chelem qui manquait encore à son palmarès, Henin est revenue sur le circuit en 2010, atteignant la finale de l’Open d’Australie, où elle a été battue par Serena Williams. Ensuite, à Wimbledon, elle a été battue par Kim Clijsters en huitième, mais surtout été victime d’une vilaine chute lors de ce match perdu 2-6, 6-2, 6-3 ; la blessure au coude qui en a résulté l’a poussée à se retirer définitivement en janvier 2011.

Martina Hingis

Martina Hingis at Roland-Garros in 2021
© Panoramic

La superstar suisse est un autre exemple de joueuse qui, comme Clijsters, a connu plusieurs retraites. Elle a éclaté sur la grande scène à 14 ans avant de devenir la plus jeune gagnante en Grand Chelem de l’histoire, remportant le double à Wimbledon en 1996 aux côtés d’Helena Sukova, à l’âge de 15 ans et 9 mois.

A 21 ans, elle a été perturbée pendant plusieurs mois par des problèmes à la cheville qui ont nécessité une opération. Mais c’est une blessure à la hanche qui l’a finalement poussée à la retraite, en février 2003, à l’âge de seulement 22 ans.

Deux ans plus tard, en novembre 2005, elle annonçait vouloir tenter son retour, finalement effectif à temps plein en 2006. Puis elle s’est retirée à nouveau en 2007 après avoir été contrôlée positive à la cocaïne à Wimbledon cette année-là – un résultat qu’elle n’a pas contesté.

Pendant les cinq années qui ont suivi, elle s’est contentée de disputer des exhibitions, remportant sept tournois des légendes, et faisant même une apparition dans la version britannique de Danse avec les Stars, sur la BBC.

Et puis, en juillet 2013, après avoir été introduite au Hall of Fame, elle a annoncé son intention de sortir de sa retraite. Pendant quatre ans, elle s’est consacrée intensément au double, avec différents partenaires, mais particulièrement avec Yung-jan Chan, aux côtés de qui elle a remporté six titres en 2017, ainsi que Sania Mirza, avec qui elle a décroché trois titres du Grand Chelem consécutifs – Wimbledon et l’US Open 2015 suivis de l’Open d’Australie 2016.

Elle a aussi formé, avec Leander Paes, une brillante équipe de double mixte qui a remporté tous les titres majeurs, signant le petit Chelem en 2015 (Open d’Australie, Wimbledon et US Open cette année-là), avant de triompher à Roland-Garros en 2016. Elle s’est ensuite associée à Jamie Murray pour un succès à Wimbledon et à l’US Open en 2017.

Hingis s’est retirée à nouveau en octobre 2017, laissant Roland-Garros comme le seul titre du Grand Chelem qu’elle n’ait jamais remporté en simple.

Björn Borg

Seul homme dans ce panthéon de champions, Borg a lui aussi atteint la gloire dans ses années de teenager. Il avait 18 ans lorsqu’il a triomphé pour la première fois à Roland-Garros, un tournoi qu’il a remporté six fois, rajoutant cinq sacres à Wimbledon à son palmarès.

Borg a pris sa retraite en janvier 1983 à l’âge de 26 ans, expliquant son départ par un burn-out et un manque de motivation. Puis il a fait son retour en 1991 avec les mêmes cheveux longs et la vieille raquette en bois de ses années de gloire. Son histoire est évidemment l’écueil principal que souhaitera éviter Clijsters : Borg n’a pas remporté le moindre match après son retour. 

Bjorn Borg 1981
Bjorn Borg – Finale Roland Garros – 1981 – Tennis – Hauteur action archive archives
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