Swiatek, entre l’envie de confirmer et le risque de s’impatienter

Iga Swiatek, impressionnante dès son premier match sur terre battue en 2021 jeudi à Madrid, a dédié une semaine de préparation spécifique à la saison sur ocre, sa surface préférée. Victorieuse de Roland-Garros à l’automne dernier, elle retrouve l’ocre avec ambition, tout en sachant qu’elle doit encore gagner en expérience et ne pas se frustrer en cas d’échecs.

Iga Swiatek, Madrid, 2021

Si sa victoire autoritaire contre l’Américain Alison Riske jeudi (6-1, 6-1), pour son entrée en lice dans le tournoi de Madrid, est une quelconque indication, Iga Swiatek est prête pour ses retrouvailles avec sa surface favorite : la terre battue. De retour sur l’ocre pour la première fois depuis sa démonstration à Roland-Garros à l’automne dernier pour conquérir son premier titre majeur, sans perdre un seul set, Swiatek a dominé du début à la fin contre Riske.

Il faut toutefois se méfier du score final. Swiatek est toujours en phase d’ajustement aux conditions particulières de Madrid, et à la vie sur le circuit en général. A seulement 19 ans, il faut noter qu’elle a joué moins de 20 matchs sur le circuit WTA sur terre battue (19 exactement, et 59 au total, toutes surfaces confondues).

Swiatek : « Je dois prendre du recul et ne pas m’attendre à jouer parfaitement »

Swiatek a reconnu qu’il était difficile de passer de Sotogrande, son camp d’entraînement pour préparer la saison sur terre battue, dans le Sud de l’Espagne, à Madrid, qui est connu pour son altitude (640 mètres), la vitesse du jeu et les rebonds hauts.

« En l’état, j’ai l’impression qu’il est très difficile de changer de lieu, de modifier son jeu, de s’ajuster, a-t-elle confié à Tennis Majors après sa victoire de jeudi. Je jouais vraiment, vraiment bien à Sotogrande. Je me sentais parfaitement, peut-être pas au début, mais après un peu de travail, c’était vraiment solide et en place. Mais quand je suis arrivée ici, j’avais la sensation de ne plus savoir jouer au tennis, parce que les balles rebondissaient différemment, la terre battue était un peu différente. »

Iga Swiatek, Madrid, 2021

Swiatek, qui fêtera ses 20 ans à Roland-Garros cette année, a passé sa jeunesse à s’entraîner et à jouer sur terre battue. Elle aime la surface plus que les autres, mais il n’y a aucun doute sur le fait qu’elle est désavantagée quand elle doit affronter une joueuse qui a déjà 15 ou 20 matchs à Madrid à son actif. L’expérience compte énormément sur le circuit, même s’il n’y a pas de colonne pour ça sur la feuille de score. Par exemple, la prochaine adversaire de Swiatek, l’Allemande Laura Siegemund, a atteint au moins le troisième tour à trois reprises à Madrid.

« C’est ennuyeux pour moi, a expliqué Swiatek, entre l’envie d’être à la hauteur de ses attentes élevées et la réalité d’une phase d’apprentissage sur le circuit. Vous jouez sur dur la plupart de la saison. Vous jouez sur terre battue sur certaines périodes. Les courts en dur sont différents sur chaque tournoi. Les courts en terre battue sont différents sur chaque tournoi. C’est la spécificité de cette discipline. Donc je dois prendre du recul et ne pas m’attendre à jouer parfaitement. »

Une pause salvatrice après Miami

Swiatek a pris la décision crucial de zapper Stuttgart, afin qu’elle n’ait pas à faire une transition trop rapide entre la terre battue indoor et glissante en Allemagne et les conditions complètement différentes à Madrid. Peut-être que ce sera un défi pour la saison prochaine, mais rien ne presse. Elle indique aussi qu’elle avait besoin d’une pause pour se relaxer, après une période de deux mois où elle a disputer cinq tournois sur trois continents.

Les résultats de Swiatek en 2021 : 11-4, un titre

Iga Swiatek celebrates her Adelaide International win

« C’est évident que j’avais besoin d’une petite pause pour ma tête, parce que j’avais l’impression d’être sur le circuit depuis un long moment, a soufflé Swiatek. Même si j’ai perdu à Miami au troisième tour, je jouais encore le double. En fait, mon coach a eu le temps de prendre des vacances, mais j’étais dans la bulle pour près de deux semaines. J’avais l’impression que ce n’était pas la meilleure solution d’aller à Stuttgart, surtout parce que la terre battue y est différente. »

Swiatek précise que le temps passé à Sotogrande répondait à un double objectif : l’aider à s’entraîner dans des conditions idéales et lui permettre de s’éloigner de la Pologne, de la pression qui va avec son statut de sportive reconnue qui est scrutée de près par les médias.

« Je pense que c’était la décision parfaite, parce que c’est difficile pour moi de me concentrer en Pologne. J’ai de nombreuses obligations en ce moment. Tout n’est pas encore en place, parce que je n’étais pas encore trouvé le meilleur système pour tout gérer après Roland-Garros, parce que la situation est nouvelle. Nous sommes venus ici. C’était hyper intense. J’ai eu six jours d’entraînement vraiment durs. Je les sens encore dans mes jambes. Oui, oui, c’était intense. Ce n’était pas une pause. C’était comme une mini pré-saison. »

Pour préparer au mieux le moment de l’année qu’elle préfère sur le circuit. Et surtout celui où elle a le plus de chances de faire du bruit.

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