Mouratoglou n’envisage pas que Serena arrête sans avoir regagné un Grand Chelem

Patrick Mouratoglou a indiqué au site PEOPLE qu’il n’imaginait pas Serena Williams mettre un terme à sa carrière avant d’avoir remporté un 24e titre du Grand Chelem. Mais le coach français de l’Américaine admet que le sujet est « sensible ».

Patrick Mouratoglou, Australian Open, 2021

Voilà quatre ans que Serena Williams n’a pas ajouté de titre du Grand Chelem à sa collection, qui en compte 23. Un de moins que le record historique, femmes et hommes confondus, détenu par Margaret Court. L’Américaine de 39 ans a de nouveau échoué dans sa quête du fameux 24e, à l’Open d’Australie (défaite 6-3, 6-4 en demi-finale contre Naomi Osaka).

Après le match, ses adieux émouvants avec le public de la Rod Laver Arena et sa conférence de presse écourtée par les larmes qui lui montaient ont laissé à penser que ce pourrait être sa dernière participation à l’Open d’Australie, qu’elle a remporté sept fois dans sa carrière.

Son coach, Patrick Mouratoglou, a toutefois tempéré les rumeurs d’une retraite imminente, dans une interview accordée au site PEOPLE. Parce qu’elle est revenue sur le circuit après la naissance d’Olympia, sa première fille, avec une seule obsession : égaler Margaret Court.

« Je pense qu’elle n’arrêtera pas tant qu’elle n’a pas gagné au moins un Grand Chelem, parce qu’elle est revenu pour remporter ces tournois. Elle n’est pas du genre à abandonner. (…) Je ne pense pas qu’elle ait planifié sa retraite. Elle a dédié toute sa vie au tennis depuis qu’elle est enfant. Donc le jour où elle prendra sa retraite, elle aura la sensation de refermer une période de 40 ans de sa vie. Ce n’est pas simple à comprendre pour les gens. C’est pourquoi c’est un sujet si sensible, sur lequel elle est très émotive. Je le comprends complètement. »

Mouratoglou : « Elle n’aurait jamais entrepris tout ça si elle ne se pensait pas capable de gagner un autre Grand Chelem »

Après ce nouvel échec, Serena Williams pourrait être prise d’une forme de lassitude. Mais Patrick Mouratoglou garde foi en sa joueuse.

« Il faut que j’y croie, et elle aussi. Si ce n’était pas le cas, elle arrêterait. Après tout ce qu’elle a accompli au cours de sa carrière, à son âge, après avoir eu un premier enfant et fondé une famille, c’était un effort incroyable de revenir. Tant mentalement que physiquement, tellement d’heures pour revenir en forme. Elle n’aurait jamais entrepris tout ça si elle ne se pensait pas capable de gagner un autre Grand Chelem. (…) C’est là que Serena est vraiment exceptionnelle. Elle met la barre tellement haute pour elle-même, et elle trouve un moyen d’atteindre ses objectifs, peu importe ce qu’il en coûte. »

Il a fallu toutefois que Serena intègre les sacrifices à faire sur sa vie de maman pour continuer à être performante. Dans un entretien accordé à beIN Sports en décembre dernier, Patrick Mouratoglou avait expliqué, comme jamais auparavant, qu’il n’avait pas été si facile de trouver un terrain d’entente sur le point d’équilibre à trouver entre vie de famille et investissement sportif. En particulier pour atteindre le niveau d’excellence requis dans le but de remporter des titres du Grand Chelem.

« Avoir un enfant, encore plus pour une femme, parce que c’est elle qui l’a porté, c’est un bouleversement physique et psychologique, un nouvel équilibre à trouver. Je pense que ce n’est pas facile d’allier le métier d’athlète de haut niveau avec le fait d’être maman. La maternité passe souvent avant le sport haut niveau et on ne peut pas faire des choses exceptionnelles dans un domaine si ce domaine-là n’est pas prioritaire. Il lui a fallu du temps pour ne pas culpabiliser vis-à-vis de sa famille quand elle passe de trop de temps sur le côté de tennis. Elle a eu des remords, elle s’est sentie coupable, des sentiments très humains et très compréhensibles. »

Mais il faut accepter de les ressentir pour se donner une chance de remporter ce si précieux 24e titre du Grand Chelem.

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