Un blocage pour Serena en Grand Chelem ? « On cherche la solution » (Patrick Mouratoglou)

Serena Williams fera sa rentrée sur terre battue à Rome, à la mi-mai, pour se préparer à Roland-Garros, où elle disposera d’une nouvelle chance d’égaler le record de Margaret Court, établi à 24 titres en Grand Chelem. Mais pour cela, il va falloir passer un cap psychologique, d’après Patrick Mouratoglou, qui estime que les échecs répétés de sa joueuse en finale ces dernières années sont « un adversaire supplémentaire ».

Serena Williams & Patrick Mouratoglou, Melbourne, 2021

Serena Williams n’est plus apparue en compétition officielle depuis sa défaite en demi-finale de l’Open d’Australie, contre Naomi Osaka (6-3, 6-4), en février dernier. Après avoir déclaré forfait pour le tournoi de Miami, l’Américaine n’a pas encore entamé sa saison sur terre battue. Elle devrait faire son retour à la compétition à Rome, à en croire son entraîneur Patrick Mouratoglou, qui accueille l’Américaine dans son académie depuis ce week-end pour son programme d’entraînement.

Le coach français, interrogé sur le sujet par L’Equipe la semaine passée, a indiqué que Serena Williams devrait disputer le tournoi italien. « Là, on va avoir trois semaines intenses sur terre », a expliqué Mouratoglou, en préparation pour Roland-Garros, le deuxième tournoi du Grand Chelem de la saison. Ces rendez-vous sont bien évidemment la priorité de la joueuse de 39 ans, en quête d’un 24e titre majeur pour égaler le record absolu détenu par Margaret Court.

Pas de titre à Roland-Garros depuis 2015, pas de quart de finale depuis 2016

Roland-Garros est a priori le Grand Chelem le moins favorable pour l’Américaine. C’est le seul Grand Chelem que Serena Williams a remporté moins de six fois dans sa carrière (trois) et la terre battue est la surface qui convient le moins en jeu. Elle n’a plus gagné Roland-Garros depuis 2015 et n’a pas dépassé les huitièmes de finale lors de ses trois dernières apparitions Porte d’Auteuil, jusqu’à son forfait l’automne dernier en première semaine.

Serena Williams, Roland-Garros, 2020

Mais un beau parcours à Paris pourrait l’aider à préparer son grand objectif de la saison : Wimbledon, là où Serena Williams s’est déjà imposée sept fois en carrière et où elle abattra sa meilleure carte pour ajouter un 24e majeur à son palmarès. Elle court après depuis sa maternité, en novembre 2017, et a souvent atteint les derniers carrés en Grand Chelem. Sans parvenir à aller au bout.

« Depuis qu’elle est maman, Serena a joué quatre finales de Grand Chelem. Le niveau est correct, on va dire (sourire), mais c’est vrai qu’elle ne les gagne plus, a concédé Mouratoglou. Il y a un petit historique, de manière générale. Cet historique est un adversaire supplémentaire. C’est un fait. »

Mouratoglou ne comprend pas ce qu’il est arrivé à Serena à Melbourne

Toute la mission de Mouratoglou consiste ainsi à libérer mentalement sa joueuse, pour lui éviter de plier sous le poids de la pression et de l’histoire qu’elle veut écrire. Pour lui, c’est dans la tête, pas physiquement, que Serena Williams a perdu sa demi-finale contre Naomi Osaka à Melbourne.

« Tout le monde a pu voir qu’elle était très affûtée. Depuis qu’elle a eu sa fille, c’était le moment où elle l’a été le plus. Ça a été une grosse déception qu’elle rate son match contre Naomi. Autant elle avait fait des demies ou des finales en Grand Chelem où elle n’était pas complètement prête, autant là elle était vraiment bien. Donc, oui, on cherche la solution. »

A distance en l’état, puisque Mouratoglou passe le plus clair de son temps dans son Academy, à Sophia-Antipolis, dans le Sud de la France, quand Serena Williams est basée en Floride. Mais cette situation particulière n’inquiète pas le technicien français.

 

 
 
 
 
 
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« Avec le Covid, on ne se voit pas souvent. Mais on se connaît par coeur. J’ai des rapports quotidiens de son sparring, il filme des entraînements et me les envoie. Ça marche comme ça. Ce n’est pas idéal, mais qui peut dire qu’il y a un fonctionnement idéal en temps de Covid ? La communication entre nous est fluide. On s’en est rendu compte en Australie et c’est un très bon exemple car je n’avais pas pu être là pour la pré-saison. On a eu quinze jours ultra-efficaces ensemble. »

Il faudra encore maximiser le temps passé ensemble, jusqu’à la mi-juillet et la finale de Wimbledon. Avec l’espoir d’avoir alors décroché ce fameux 24e titre du Grand Chelem.

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