« J’ai tenu mon niveau, joué des matches très serrés et je les ai tous gagnés » : aujourd’hui, Rybakina est la meilleure joueuse du circuit
Samedi, Elena Rybakina a définitivement franchi un cap. Menée d’un break dans la dernière manche, elle a renversé Aryna Sabalenka pour effacer la déception de 2023 et confirmer son incroyable dynamique des six derniers mois.
Elena Rybakina – Open d’Australie 2026 © Psnewz / Psnewz
La finale de l’Open d’Australie 2026 promettait un duel de cogneuses. Elle s’est finalement jouée sur la force mentale de celle que l’on surnomme l’« Ice Queen ». À 26 ans, Elena Rybakina, représentante du Kazakhstan, a décroché son deuxième titre du Grand Chelem en battant la numéro un mondiale Aryna Sabalenka 6-4, 4-6, 6-4.
Ce sacre marque un vrai cap depuis son premier titre majeur à Wimbledon en 2022. À l’époque, Rybakina s’imposait surtout grâce à sa puissance de frappe. Aujourd’hui, la numéro trois mondiale a montré une solidité mentale nouvelle, notamment en renversant un troisième set mal engagé après avoir été menée 3-0.
Le calme comme arme principale
Le combat, long de 2 h 18, a été éprouvant physiquement, mais c’est surtout la sérénité de Rybakina qui a fait la différence. Surnommée l’« Ice Queen » depuis 2023, elle impressionne par son calme presque imperturbable et ses réactions minimalistes, même dans les moments clés.
Cette froideur apparente n’est pourtant pas un manque d’émotion. Elle lui sert de protection : en restant neutre, elle évite de laisser transparaître le moindre doute et empêche ses adversaires de prendre l’ascendant psychologique. Un contraste frappant avec l’intensité débordante de Sabalenka.
En conférence de presse, Rybakina est revenue sur le chemin parcouru depuis sa défaite face à la Biélorusse trois ans plus tôt, un match où elle avait remporté le premier set avant de céder.
« Beaucoup de choses ont changé depuis. J’ai joué énormément de matches », a-t-elle expliqué. « J’essaie d’utiliser toute cette expérience, de rester concentrée sur mon plan de jeu et sur mon service. »
Un secteur clé de sa victoire : avec une pointe à 193 km/h cette saison, son service lui a permis de signer 47 aces sur l’ensemble du tournoi et de remporter 74 % des points derrière sa première balle.
Le rôle clé de Vukov et l’élan de Riyad
Le retour au premier plan de Rybakina est aussi étroitement lié à son entraîneur Stefano Vukov. Après une période compliquée marquée par son absence du circuit et leur séparation temporaire, les retrouvailles, à l’été 2025, ont relancé la machine. Depuis, Rybakina a remporté 20 de ses 21 derniers matches.
« Il me connaît mieux que personne », confie-t-elle. « Ses conseils pendant les matches font vraiment la différence. »
Depuis Wimbledon 2025, la Kazakhe enchaîne les performances de très haut niveau. Avec 38 victoires sur la saison — un total inédit sur le circuit — elle a progressivement retrouvé le sommet. Après des titres à Strasbourg et Ningbo, elle a frappé très fort aux Finales WTA de Riyad, qu’elle a remportées avec un parcours parfait (5 victoires, aucune défaite) et un prize money record de 5,235 millions de dollars.

À Riyad déjà, elle avait dominé Aryna Sabalenka (6-3, 7-6(0)), un succès fondateur. Cette confiance s’est confirmée à Melbourne, où elle a écarté Iga Świątek (7-5, 6-1), puis Jessica Pegula (6-3, 7-6), avant de prendre sa revanche sur Sabalenka en finale.
« Les Finales WTA m’ont donné énormément de confiance », explique-t-elle. « J’y ai battu les meilleures, j’ai tenu mon niveau et gagné tous les matches serrés. » Une assurance qui lui a permis de rester lucide, même menée 3-0 dans le set décisif.
Rybakina de retour au sommet
« À l’intérieur, c’était une vraie tempête d’émotions », a-t-elle reconnu. « Même si ça ne se voyait pas. »
Grâce à ce titre, Rybakina devrait retrouver son meilleur classement en carrière, la troisième place mondiale. Elle devient la première joueuse kazakhe à remporter l’Open d’Australie et rejoint Li Na et Naomi Osaka parmi les rares joueuses asiatiques à avoir disputé plusieurs finales à Melbourne.
Et la suite s’annonce ambitieuse. Rybakina vise clairement les sommets en 2026 : un nouveau Grand Chelem et, à terme, la place de numéro un mondiale. Parfois jugée en retrait par rapport à Sabalenka ou Świątek en termes de palmarès, elle affiche pourtant un CV solide : deux titres du Grand Chelem, une victoire aux Finales WTA et deux WTA 1000 (Indian Wells et Rome en 2023).
Depuis un an, une chose est claire : sur la dynamique actuelle, Elena Rybakina est tout simplement la joueuse la plus forte du circuit. À elle désormais de transformer cette domination en une saison qui pourrait marquer l’histoire.