Auger-Aliassime : « A Montpellier, je lance vraiment mon année »
Tenant du titre à l’Open Occitanie de Montpellier (ATP 250), Félix Auger-Aliassime revient dans l’Hérault avec l’ambition de chasser les doutes nés d’un Open d’Australie il a abandonné sur crampes. Ce contre-temps de l’empêche pas de nourrir des ambitions sportives : le Canadien ne se contente pas de la 5e place mondiale.
Félix Auger Aliassime, Montpellier 2026 | © JB Autissier / Open Sud de France
Félix Auger-Aliassime retrouve la compétition à Montpellier, deux semaines après son abandon à l’Open d’Australie pour crampes inexpliquées au premier tour. Tête de série numéro 1, passé de la 5e à la 8e place mondiale durant ce mois de janvier raté, le Canadien a besoin de se rassurer sur sa capacité à produire du résultat, dans les conditions indoor qu’il apprécie tant. Son tableau à la Sud de France Arena est vicieux sur le papier avec potentiellement Stan Wawrinka en huitième de finale et Arthur Fils en quart de finale.
Félix, on t’avait quitté en difficulté physique à l’Open d’Australie. Où en es-tu aujourd’hui et te sens-tu à 100 % pour aborder ce tournoi de Montpellier ?
Félix Auger-Aliassime : Oui, je suis à 100 %. Depuis mon retour à la maison, je me suis bien entraîné, et depuis que je suis arrivé ici, tout se passe bien. En Australie, j’ai simplement eu des crampes. Avec mon équipe, on a cherché à comprendre pourquoi c’était arrivé aussi tôt dans le match et dans le tournoi. On a quelques pistes, mais globalement, je vais bien.
A Melbourne, on a vu d’autres joueurs cramper plus tard dans le tournoi, notamment Carlos (Alcaraz) et Jannik (Sinner), eux aussi dans un troisième set.
Félix Auger-Aliassime : L’apparition de ces crampes dès le début du troisième set a été la surprise. Des crampes, j’en ai déjà connues en demi-finale de l’US Open ou en finale à Madrid, mais là, l’explication était logique et j’avais pu terminer mes matchs. Aujourd’hui, avec l’intensité du tennis actuel, les conditions climatiques et la charge émotionnelle, on voit de plus en plus de joueurs cramper. Pour moi, c’était tout de même une anomalie. Ça ne m’a pas forcément rassuré de voir Jannik et Carlos en ressentir aussi, mais ça nourrit ma réflexion sur la manière dont je peux encore m’améliorer.
Rien ne s’est passé comme prévu en Australie.
Tu étais inscrit initialement à Montpellier, mais après cet Open d’Australie frustrant, comment abordes-tu ce retour ici ?
Félix Auger-Aliassime : En toute honnêteté, mon objectif cette année était de revenir dans le top 10 mondial et de me préparer spécifiquement pour les plus gros tournois. Le plan était d’avoir du repos entre ces échéances. Mais rien ne s’est passé comme prévu en Australie. Finalement, je n’ai pas vraiment entamé ma saison puisque j’ai disputé des matchs que je n’ai pas pu finir correctement (il a aussi battu Zhang et perdu contre Bergs à la United Cup, ndlr). Montpellier est donc l’occasion de véritablement lancer mon année, d’enchaîner les matchs et, je l’espère, d’aller jusqu’au bout.
Ton objectif est le doublé?
Félix Auger-Aliassime : Comme chaque joueur qui s’inscrit au tournoi, je crois, l’idée est de gagner le prochain match jusqu’à la finale. De mon côté, j’ai encore plus de raisons de le vouloir puisque je défends mon titre. C’est un privilège de revenir dans un tournoi où l’on a gagné l’année précédente. Je veux bien jouer dès mon premier tour (contre Medjedovic ou Wawrinka, ndlr), et oui, j’espère aller au bout, même s’il y a du chemin avant ça.
J’ai toujours eu de grandes ambitions. Avec les années, je gagne en maturité et en confiance « profonde ».
Après ton excellente fin de saison dernière qui t’a porté au 5e rang mondial, est-ce que tu abordes 2026 comme la saison où tu as les plus grandes ambitions de ta carrière ?
Félix Auger-Aliassime : J’ai toujours eu de grandes ambitions. Avec les années, je gagne en maturité et en confiance « profonde ». Ce n’est plus seulement la confiance liée aux résultats du moment, c’est une certitude interne qui se renforce. Cette 5e place mondiale était une belle étape, mais j’espère aller plus haut. Si la santé est là, beaucoup de choses sont à ma portée.
Comment gères-tu la pression des points à défendre, maintenant que tu es installé dans le haut du classement ? Et que retiens-tu de l’enchaînement 2022-2023, où tu t’étais retrouvé déjà dans cette situation ?
Félix Auger-Aliassime : Honnêtement, je n’y pense pas trop. C’est un classique, mais je me concentre vraiment sur un match à la fois, un point à la fois. Mon focus est sur la clarté de mon jeu et mes intentions sur le court. Si je fais bien les choses, les points viendront naturellement. J’ai appris des saisons passées qu’il ne faut pas trop s’en faire avec les défaites ou les périodes où l’entraînement est plus difficile. On ne peut pas être au top tout le temps. À 22 ou 23 ans, je perdais parfois trop d’énergie avec le stress ; aujourd’hui, j’essaie d’aborder ces moments avec plus de sérénité.
As-tu suivi la fin de l’Open d’Australie ? Si oui, qu’as-tu pensé du niveau de Novak Djokovic face à la nouvelle génération ?
Félix Auger-Aliassime : Oui, c’est impressionnant, mais d’un autre côté, on parle du meilleur joueur de tous les temps. Ce qui me marque le plus, au-delà de son niveau de jeu et de son palmarès, c’est sa résilience. Rester motivé avec ce qu’il a vécu, c’est exceptionnel. Il doit garder un classement élevé, gagner tous ses matchs de préparation… Sa passion pour le sport est un exemple pour nous tous, les jeunes joueurs.