Atmane : « J’ai des sensations similaires à Cincinnati, mais ça ne garantit rien »
Terence Atmane s’est confié au micro de Tennis Majors après sa très probante victoire contre Félix Auger-Alissime qui le propulse en 8e de finale à Miami et dans le Top 50.
Terence Atmane, 2025 | © Zuma / PsNewz
Tennis Majors : Terence, comment tu analyses tout cette très belle victoire contre un Top 10, Félix Auger-Aliassime (6-3, 1-6, 6-3) ?
Atmane : Fantastique. J’ai eu un très beau début de partie malgré un peu de stress au démarrage, que j’ai su surpasser. Réussir le break à 3-2 dans la première manche m’a donné beaucoup de confiance. Dans le deuxième set, Félix a été meilleur que moi sur tous les plans – je galérais à marquer le moindre point, donc ça s’est enchaîné très vite (6-1). Je savais que je repartais avec des balles neuves, ce qui jouait en ma faveur. Dans le troisième set, l’objectif était clair : maximiser mes premières balles. Sur deuxième, Félix était très agressif et me faisait vraiment mal. J’ai réussi à tenir cet objectif, à gérer le match de bout en bout, et à conclure. Belle victoire contre un top 10, ça fait vraiment plaisir.
Tennis Majors : Tu vas entrer dans le top 50 la semaine prochaine, c’est un premier gros palier après tes résultats exceptionnels au Masters 1000 de Cincinnati l’été dernier. Qu’est-ce que ça va changer ?
Atmane : On a travaillé très dur pour ça. C’était l’objectif fixé avec mes coaches pour cette tournée américaine : finir dans le top 50. La case est cochée. Maintenant, quand je regarde mon tennis, j’ai encore énormément de travail, sur tous les aspects de mon jeu. La prochaine grande étape, c’est la constance : être moins cyclique dans mes résultats et réussir à maintenir ce niveau deux, trois, quatre semaines de suite. Une fois le top 50 acquis, on vise le top 40, et on verra ensuite. Petit à petit.
Tennis Majors : Cette semaine ressemble beaucoup à Cincinnati – tout semble aligné pour toi…
Atmane : Je pense que les surfaces américaines me correspondent, elles m’aident à imposer mon jeu. J’ai des sensations similaires à Cincinnati, mais ça ne garantit pas forcément de réitérer l’exploit d’une demi-finale. En tout cas, je vais tout donner, rester dans ma zone et reproduire ce que j’ai montré ces derniers jours.
Tennis Majors : Ton service est assez particulier, avec un impact dans la phase montante de la balle. Quelle est sa spécificité et en quoi est-ce une grosse arme ?
Atmane : La spécificité vient du fait qu’à la base, je n’ai pas beaucoup de force. À seize ans, avec mon coach, on a cherché des solutions pour servir plus fort, et servir en rythme rapide a tout de suite fait la différence – j’ai immédiatement pu dépasser les 200 km/h. L’avantage principal, c’est que je prends la balle très tôt, ce qui rend la lecture de zone extrêmement difficile pour l’adversaire. Le désavantage, c’est que je n’ai aucune marge d’erreur sur le lancer. Pendant quelques années, on a vraiment beaucoup travaillé pour stabiliser ce lancer et tenir un taux de premières balles régulier, au-delà de 55-60 % par match. Et maintenant que je suis plus fort physiquement, le service passe encore plus vite. Sur le circuit, je suis le seul à servir comme ça. Nick Kyrgios s’en approchait un peu, mais il laissait la balle redescendre davantage, même s’il allait rapidement avec les jambes. Vu ses statistiques au service, c’est toujours bien de s’inspirer des meilleurs. C’est quelque chose qui vient très naturellement chez moi, mais que je ne conseillerais pas à n’importe qui : ça demande beaucoup de travail et surtout beaucoup de relâchement. Si je suis un peu crispé en match, j’ai des douleurs terribles à l’épaule le soir. Il y a une vraie contrepartie. Mais c’est unique, et c’est cool d’avoir ça dans mon jeu.
Tennis Majors : Les Français réussissent bien à Miami cette année, avec Fils et Humbert en 8e de finale. Quel est le secret ?
Atmane : Il faudrait poser la question à Arthur. 6-0, 6-1 contre Stefanos, c’est vraiment impressionnant.