« C’est la réalité avec laquelle je dois composer » : dans le dur physiquement, Djokovic ne donne pas détail et donne rendez-vous pour Roland-Garros
Battu en trois sets par Dino Prizmic lors de son premier match à Rome, Novak Djokovic s'est exprimé avec une franchise inhabituelle sur la condition physique dans laquelle il évolue actuellement – et sur les choix qui en découlent.
Samedi, Novak Djokovic a perdu dès son entrée en lice à Rome, 2-6, 6-2, 6-4 contre le jeune Croate Dino Prizmic, âgé de 19 ans, devant un public du Foro Italico qui, même face à cette défaite conclue sur un ace, a su communiquer toute son admiration au vainqueur de 23 Grands Chelems.
Ce fut évidemment la principale information d’une journée marquée par ailleurs par l’élimination d’Alex de Minaur. Interrogé sur la façon dont il avait préparé sa venue à Rome – son troisième tournoi seulement cette année après une longue absence pour blessure –, Djokovic a donné une réponse presque blasée.
Je ne me souviens pas de la dernière fois, ces deux dernières années, où je me suis préparé sans avoir le moindre problème physique
« Pas une préparation idéale, pour être honnête. Je ne me souviens pas de la dernière fois, ces dernières années, où j’ai pu me préparer sans rencontrer le moindre problème physique ou de santé à l’approche du tournoi. Il y a toujours quelque chose. C’est la réalité avec laquelle je dois composer désormais, à moi de m’adapter. »
Jusqu’en 2024, Djokovic multipliait les phrases comme « 36 is the new 26 » (« avoir 36 ans c’est comme en avoir 26 de nos jours ») et semblaît presque nier le poids des ans. A Rome, il est allé plus loin que jamais sur l’affirmation de sa différence avec ses autres rivaux. A 38 ans, on est simplement moins compétitif qu’avant.
« C’est frustrant. Mais en même temps, c’est moi qui ai choisi de continuer à jouer dans cet état et dans ces conditions. C’est comme ça, je dois l’assumer. »
Pas de Genève, juste Paris
Le match lui-même a été une version en miniature de cette histoire. Djokovic a remporté le premier set 6-2 face à Prizmic, un joueur qu’il connaît depuis des années et dont il vante le talent depuis leur rencontre à l’Open d’Australie début 2024.
Suivit un deuxième set « à oublier, évidemment, vu comment je me sentais sur le court ». Djokovic a refusé de préciser de quel problème physique il s’agissait. « J’espère que vous comprenez que je ne parlerai pas de ça. Je tiens à féliciter Dino. C’est lui qui mérite la victoire aujourd’hui. »
Djokovic a su se ressaisir pour mener le combat au troisième set. Il l’a perdu 6-4. Il n’y a eu ni temps mort médical sur le court, ni moment évident de capitulation, juste un joueur avec un demi-temps de retard, ce qui, selon ses propres analyses, correspond exactement à sa situation. « Je vois ce qui me manque. Un demi-temps de retard. Je ne suis pas encore tout à fait là où je voudrais être pour atteindre le plus haut niveau, pour rivaliser au plus haut niveau et être capable d’aller loin. »
Cette année pourtant, il ne disputera pas d’autre tournoi avant Roland-Garros. L’an dernier, confronté à une situation comparable, il avait obtenu du temps de jeu à Genève, qu’il avait remporté.
« Non. Pas cette année. Je vais aller directement à Paris. C’est ma décision. »
« Je ne sais pas. J’espère bien. On verra bien ce qui se passera. »
Dans quel état sera-t-il à Paris ? « Je ne sais pas. On verra bien. »
Le Serbe s’est montré tout aussi fataliste quant au volume de travail qu’il est en capacité d’absorber. « Je m’entraîne dur. Je m’entraîne autant que mon corps me le permet. Quant à savoir ce sur sur quoi ça peut déboucher sur le terrain, c’est vraiment imprévisible. »
Une idée n’a pas rôdé au cours de la conférence de presse de Djokovic, celle da retraite. Le champion qui a planifié méthodiquement et réussi la plus grande success story de l’histoire du tennis vit désormais sa vie de sportif au jour le jour.