Djokovic retrouve Sinner en demi-finale à l’issue d’un bras de fer épique contre Auger-Aliassime

Novak Djokovic a dominé Félix Auger-Aliassime mardi soir dans un match épique, s’imposant 7-6 (10), 3-6, 6-3, 6-7 (4), 7-6 (4). Le Serbe défiera désormais l’Italien Jannik Sinner, tête de série numéro un, au prochain tour.

Novak Djokovic, Wimbledon 2026 quarter-final

À 39 ans, Novak Djokovic n’en finit plus de repousser ses propers limites. Le septuple champion a puisé dans cinq heures et quinze minutes d’un scénario en dents de scie pour dominer le Canadien Felix Auger-Aliassime 7-6 (10), 3-6, 6-3, 6-7 (4), 7-6 mardi soir, bouclant le super tie-break décisif à 22h54, six minutes avant le couvre-feu de 23 heures. « Comment as-tu gagné ce match? » lui a demandé l’interviewer sur le court. « Avec une raquette et beaucoup de cœur », a répondu Djokovic.

« Ce sont les moments pour lesquels je joue encore au tennis », a soufflé Djokovic, évoquant « l’un des meilleurs matches » de sa carrière sur ce court.

La récompense, c’est une demi-finale contre le N.1 mondial Jannik Sinner, revanche de leur match du dernier carré en 2025 – gagné par Sinner sur la route de son premier titre – et de la demie de l’Open d’Australie 2026, remportée par Djokovic en cinq sets. Deux victoires les séparent de la victoire finale – et, pour Djokovic, d’un 25e Majeur et d’une huitième couronne à Wimbledon, qui égalerait le record de Federer.

Ce fut de très loin son test le plus rude de la quinzaine, et il le propulse vers une 15e demi-finale à Wimbledon, un record. La tête de série N.7 devient le seul détenteur du record du plus grand nombre de demi-finales consécutives à Wimbledon – une huitième d’affilée – et atteint sa 55e demie en Grand Chelem. Il n’est que le deuxième joueur de l’ère Open à se hisser dans le dernier carré ici à 39 ans ou plus, après Ken Rosewall en 1974: un nouveau signe d’une carrière qui refuse de s’éteindre.

De ces chiffres, il n’a que faire. « C’est génial, mais c’est juste une demi-finale de plus pour moi. Je regarderai tous les chiffres quand j’aurai fini ma carrière. Là je dois encore récupérer. »

Le film du match

La première manche a donné le tempo et fut cruelle pour Auger-Aliassime. Aucun des deux joueurs ne fut breaké en douze jeux, le Canadien écartant deux balles de set à 5-5, avant un jeu décisif à rebondissements où il se procura trois balles de set, à 6-5, 8-7 et 10-9. À chaque fois Djokovic trouva la réponse, et quand le service du N.3 finit par céder à 11-10, le vétéran s’empara du set 12-10, une manche qui aurait si facilement pu basculer dans l’autre sens.

Auger-Aliassime réagit magnifiquement. Son service est devenu intouchable dans le deuxième set, une série de jeux blancs couronnée par le break qui remit les compteurs à zéro. Mais l’effort consenti pour rester au contact s’est payé dans le troisième. Le Canadien sauva trois balles de break sauvées dans un jeu-marathon de 18 points pour tenir à 1-1 – avant que sa résistance ne rompe au pire moment, breaké à blanc à 3-2 tandis que Djokovic filait de nouveau devant.

Breaké à blanc d’entrée de quatrième set et mené 2-0, le Canadian décidéade transformer ce match en bras de fer rendit aussitôt le break, garda son sang-froid dans un nouveau tie-break et l’emporta 7-4 pour arracher une manche décisive que presque personne n’osait prédire.

Priorité récupération pour Djokovic

La cinquième manche devint une guerre de service et de nerfs. Pas le moindre break en douze jeux, les deux hommes sans le moindre signe de fatigue physique après cinq heures de jeu. Auger-Aliassime tint à blanc en servant pour rester en vie à 4-5, puis sauva encore le match à 5-6 depuis 15-30, un ace à 209 km/h claqué sur la ligne médiane comme le geste d’un joueur refusant de flancher. Mais dans le super tie-break, Djokovic a pris les devants assez vite et, à mesure que le revers d’Auger-Aliassime multipliait les fautes face à un Serbe toujours plus près des lignes, le plus âgé s’échappa pour conclure 10-4.

Auger-Aliassime égale son meilleur résultat à Wimbledon en atteignant les quarts, mais il en faudra plus pour consoler le Canadien, bien meilleur cependant que lors de son quart de finale à Roland-Garros.

« Restons brefs, je n’ai plus d’énergie, mon ami », a lancé le Serbe à son intervieweur sur le court, à moitié en plaisantant, avant d’accepter une dernière question. Djokovic voit déjà plus loin: « J’aurais aimé que ce soit la finale, comme ça je n’aurais pas à me soucier de l’état de mon corps demain. »

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