Sinner après son sacre à Wimbledon : « La période après Paris a été difficile »

L’Italien a remporté son cinquième titre du Grand Chelem à Wimbledon après son élimination précoce au second tour de Roland-Garros.

Jannik Sinner - Wimbledon 2026 Jannik Sinner – Wimbledon 2026 © Chryslene Caillaud / Psnewz

Question : Vous avez semblé assez ému après la balle de match. Comment comparez-vous les émotions ressenties après ce cinquième titre du Grand Chelem par rapport aux quatre premiers ?

Chaque Grand Chelem est différent : une histoire différente, un environnement distinct et des sensations uniques avant le tournoi. Celui-ci compte énormément car la période après Paris a été difficile, tout comme l’année dernière.

En arrivant ici, j’ai essayé de me mettre dans les meilleures dispositions pour être le plus compétitif possible. Nous avons fourni énormément de travail avec de très longues journées à Monaco, en sacrifiant beaucoup de temps pour en arriver là. Obtenir ce succès compte beaucoup pour moi. C’était une journée incroyable.

Le mois dernier, et même un an en arrière, notamment après votre victoire face à Novak Djokovic, vous évoquiez à quel point c’était agréable de retrouver une finale de Grand Chelem. Est-ce que cette victoire s’est apparentée davantage à de la joie et de l’euphorie, ou simplement à un soulagement ?

Ce n’est pas du soulagement. La seule chose qui me rend vraiment heureux, c’est d’essayer de donner le meilleur de moi-même chaque jour. Parfois, un tournoi se termine bien, parfois non. On n’y peut rien. Ce n’est pas un échec de ne pas gagner un Grand Chelem. Ce sont des journées très rares : je n’en ai vécu que cinq dans toute ma vie. On parle de cinq tournois majeurs, mais au bout du compte, ce ne sont que cinq journées parmi tant d’autres.

On veut simplement en profiter. Aujourd’hui a été une journée très difficile, mais si j’avais perdu, cela serait resté une grande journée. Jouer une finale de Grand Chelem est tellement rare et spécial. Je ne prends jamais rien pour acquis. Bien sûr, si je pouvais choisir, je préférerais ce résultat, mais nous sommes toujours deux joueurs sur le court.

J’ai énormément de respect pour Sascha (Zverev), car il réalise des choses incroyables et son jeu grandit constamment. C’est une excellente chose, car il y a toujours quelqu’un pour vous pousser dans vos retranchements. J’espère que Carlos va revenir vite aussi, car le tennis a besoin de lui. Avoir Novak toujours présent et voir tous ces jeunes joueurs arriver est vraiment agréable. Il faut toujours travailler dur pour vivre des moments pareils.

Jannik Sinner et Alexander Zverev - Wimbledon 2026
Jannik Sinner et Alexander Zverev – Wimbledon 2026 © Victoria Jones/Shutterstock/sipaon

Vous n’avez fait face qu’à une seule balle de break en quatre heures. Comment restez-vous aussi concentré ?

C’est juste rester dans l’instant présent. Si vous perdez votre service une fois, le set est généralement terminé, surtout en jouant contre Sascha. Face aux meilleurs mondiaux, il faut être très prudent sur ses propres engagements. Je me suis amélioré tout au long de la quinzaine.

Si l’on compare mes performances des deux ou trois premiers matches à la manière dont j’ai terminé le tournoi, j’ai constamment progressé. C’est exactement ce que je cherchais. Nous y sommes parvenus. Mentalement, il faut réussir à faire le déclic pour y arriver. Je suis très content de la façon dont j’ai géré la situation cette année. Maintenant, c’est le moment d’en profiter.

Seriez-vous d’accord avec l’idée que votre arme décisive dans les deux matches, face à Novak comme face à Sascha, a été votre retour ?

Le tennis est avant tout une question de confiance. Quand on est confiant, le jeu devient plus facile. Je pense qu’il est plus simple de retourner quand on sait, mentalement, qu’on est capable de tenir son service, car on joue le retour de manière plus libérée. Face à Sascha, quand il sert ainsi, il est très difficile à breaker, surtout sur cette surface.

J’ai essayé de comprendre où il allait servir dans les moments importants, notamment lors du tie-break du deuxième set. Le retour est très important, mais de mon point de vue, l’essentiel reste de conserver ses jeux de service, puis de voir ce que l’on peut faire sur l’engagement adverse.

On ne peut pas être parfait pendant quatre ou cinq heures

Qu’est-ce qui a fait la différence selon vous ? Jusqu’à 3-3 dans le troisième set, c’était extrêmement serré. Pensez-vous qu’à un moment donné, la glissade de Zverev a eu une influence ?

Tout s’est joué sur de tout petits détails. Au début du match, les conditions étaient très chaudes et venteuses. C’était difficile de breaker, surtout du côté de la loge royale car on jouait contre le vent. Personnellement, j’avais beaucoup de mal à retourner de ce côté. Puis le soleil s’est couché, ce qui perturbait la visibilité de la balle. J’ai cherché la meilleure position pour retourner son service, mais c’est complexe car il peut se tenir très près comme très loin de sa ligne. Quand il sert à ce niveau, il est très dur d’entrer dans l’échange.

J’ai eu des occasions, notamment un 0-30 au début du troisième set où j’ai fait de mauvais choix. C’est le tennis, on ne peut pas être parfait pendant quatre ou cinq heures. J’ai juste essayé d’accepter la situation et de rester présent avec la bonne attitude. Cela a été la clé principale aujourd’hui. J’ai trouvé qu’il bougeait plutôt bien après sa glissade, mais il faudrait lui demander comment il se sent.

Comment vous êtes-vous adapté au vent ? Et avez-vous été surpris par le niveau de son coup droit ? Il a semblé excellent dans les deux premiers sets.

J’avais vu en le regardant jouer ses précédents matches qu’il frappait son coup droit très fort. C’est un joueur très piégeux à affronter, car on peut passer plusieurs jeux sans toucher la balle tellement il sert bien. Dès qu’il a une opportunité, il essaie de faire énormément de dégâts. Le vent était présent par moments, mais cela s’est calmé dans le quatrième set.

Quand le soleil s’est couché, le vent est tombé également. C’est un adversaire redoutable, et c’est pour cela qu’il a déjà gagné un Grand Chelem et qu’il est si proche de ce qu’il accomplit aujourd’hui. Il progresse énormément. Je suis très content pour lui, je sais à quel point lui et sa famille travaillent dur. C’est excellent pour notre sport. On se retrouvera la prochaine fois.

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