La douche froide pour Fils: il s’incline contre Tsitsipas après avoir mené un set et un break

Stefanos Tsitsipas comptait cinq défaites consécutives face à Arthur Fils et n’avait arraché que trois jeux au Français lors de leur confrontation à Miami en mars. Lundi soir, mené d’un set et d’un break, le Grec a pourtant renversé la vapeur pour s’imposer face au vainqueur de Cincinnati sur le score de 4-6, 7-6 (3), 6-1, 6-4. L’ancien numéro 3 mondial, aujourd’hui relégué au 53e rang, a expliqué ce succès par sa capacité à faire abstraction de toute pression liée aux attentes.

Stefanos Tsitsipas, 2026 Stefanos Tsitsipas, 2026 | © Zuma / PsNewz

Stefanos Tsitsipas n’avait encore jamais arraché le moindre set face à Arthur Fils avant lundi. Cinq confrontations, cinq défaites, dont la dernière en date, une correction – 6-0, 6-1 – infligée au troisième tour du Masters 1000 de Miami en mars.

Lundi soir à Flushing Meadows, le Grec s’est encore retrouvé mené d’un set et d’un break, au bord du gouffre sur une balle qui aurait pu lui coûter un double break de retard. Mais Tsitsipas a tenu bon, renversant le cours du match pour s’imposer 4-6, 7-6 (3), 6-1, 6-4 et sortir, dès le premier tour de l’US Open, la tête de série n°10.

Classé 53e mondial, Tsitsipas n’avait jusqu’alors jamais réussi à s’imposer face à un joueur du top 20 à l’US Open. « Toujours se souvenir de qui l’on est », a-t-il tweeté.

C’est le deuxième coup de tonnerre en deux jours après l’élimination surprise de Novak Djokovic, tête de série n° 4, face à Mariano Navone sur le score de 7-6 (5), 5-7, 4-6, 6-2, 6-1. Vainqueur à Cincinnati, Fils était un des favoris du tournoi.

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Le tournant s’est produit à 2-5 dans le deuxième set

Fils avait pourtant réalisé un début de match idéal, s’imposant dans le premier set 6-4 avant de mener 5-2 dans la deuxième manche. Tsitsipas a sauvé son service in extremis, débreaké, forcé le tie-break et s’en est emparé 7-3. Lancé sur sa lancée, le Grec a ensuite plié le troisième set 6-1, pris d’emblée l’ascendant dans le quatrième et conclu la rencontre sur le score de 6-4. Sous le coup de la frustration, Fils a fracassé sa raquette dans les ultimes instants de la partie.

« Je suis sans voix. Je ne sais pas quoi dire. C’est un début de tournoi incroyable », a lancé Tsitsipas depuis le court. « Les gars, vous m’avez soutenu tout au long du match. Merci du fond du cœur. »

Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il s’était dit intérieurement, au bord du gouffre, voyant déjà le titre lui échapper, sa réponse a davantage porté sur son approche mentale de l’événement que sur le tennis.

« Il faut savoir faire abstraction des attentes. On peut vite se laisser happer par tout ce que l’on projette sur soi », a confié Tsitsipas. « Il faut garder la tête froide et de continuer à construire son jeu point après point. Si j’ai réussi, c’est parce que je me suis libéré de toute pression, parce que je n’attendais rien et que j’ai puisé dans mes racines de guerrier, de combattant grec. C’est tout ce qui m’anime. »

Le tenant du titre de Cincinnati chute dès le premier tour

Cette défaite vient clore le meilleur mois de la carrière de Fils, onze jours seulement après qu’il en ait touché le sommet. Le Français de 21 ans avait décroché le titre du Masters 1000 de Cincinnati, premier trophée de ce rang dans sa carrière, en dominant Flavio Cobolli 6-3, 6-4 en une heure et sept minutes en demi-finale, avec 22 coups gagnants contre seulement trois concédés.

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Tsitsipas a vécu une saison bien loin de ses standards habituels. Ancien numéro 3 mondial, finaliste à Roland-Garros et de l’Open d’Australie, le Grec a abordé ces deux semaines de compétition en dehors du top 50. Interpellé sur le court quant à ses chances de retrouver l’élite, il n’a pas fermé la porte à un retour au sommet.

« Pourquoi pas ? Je prends les choses au jour le jour. Je ne veux pas me projeter trop loin. Je préfère rester ancré dans le moment présent », a-t-il confié. « Une victoire comme celle d’aujourd’hui a une saveur toute particulière pour moi. Je suis extrêmement fier de moi, de la manière dont je me suis battu et dont j’ai appliqué mon plan de jeu. Mais par-dessus tout, j’ai à mes côtés une équipe formidable qui m’a soutenu à chaque étape de cette aventure. Je ne pourrais pas être plus heureux qu’en ce moment. »

L’équipe dont il était question n’existe que depuis trois mois. Tsitsipas a demandé à Patrick Mouratoglou de prendre son projet en main en juin, Thomas Perrin assurant désormais le rôle d’entraîneur au quotidien. Dès la fin juillet, il s’imposait à l’ATP 250 de Gstaad, son unique titre de la saison. Lundi, il a apporté la preuve, pour la première fois, que cette nouvelle dynamique pouvait également rayonner en Grand Chelem.

Il croisera le fer au deuxième tour face à Lloyd Harris, le Sud-Africain sorti des qualifications. Avec un tableau qu’il a lui-même dégagé.

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