“Ne pas vivre comme les ados de mon âge n’est pas un si grand sacrifice” : Interview exclusive de Carlos Alcaraz

Désigné “révélation de l’année” par pairs du circuit ATP, l’Espagnol Carlos Alcaraz partage ses objectifs pour 2021 dans un interview téléphonique exclusive accordée à Tennis Majors depuis Alicante. Alcaraz, à seulement 17 ans, travaille pour se façonner le corps d’un vrai sportif de haut niveau, se qualifier pour l’Open d’Australie et intégrer le Top 50.

27 décembre 2020
Carlos Alcaraz, Melbourne, 2021

C’est la révélation de l’année 2020 sur le circuit masculin. Carlos Alcaraz, né à Murcie il y a 17 ans (le 5 mai 2003), a été désigné au terme d’une saison où il a gagné 350 places au classement ATP pour finir à la 141e place mondiale, après avoir atteint son meilleur rag en octobre (No. 136).

Alcaraz a déjà trois titres Challenger à son palmarès, et il a décroché sa victoire la plus prestigieuse sur le circuit principal face à Albert Ramos-Vinolas, vétéran espagnol monté jusqu’à la 17e place mondiale, à Rio en février dernier.

Dans un interview accordée à Tennis Majors, Alcaraz évoque sa préparation d’avant-saison et sa routine quotidienne à l’Equelite Sport Academy, dirigée par son coach Juan Carlos Ferrero. Il décrit aussi son style de jeu et révèle ce qu’il a ressenti en s’entraînant avec Roger Federer à Wimbledon. Alcaraz partage aussi ce que sont ses rêves les plus fous dans le tennis, son calendrier pour 2021, le caractère de Ferrero, et bien d’autres choses encore.

Le physique et le service, priorités de l’intersaison

Tennis Majors : Ton coach Juan Carlos Ferrero nous a indiqué sur cette intersaison, vous avez insisté sur l’aspect physique et ton service. Es-tu satisfait des progrès réalisés ?

Carlos Alcaraz : Je suis très content de ma préparation en général. Nous avons travaillé très dur physiquement et je ressens une vraie évolution sur ce point. Maintenant je suis plus fort et je suis capable de me maintenir à mon meilleur niveau sur une période plus longue. Et oui, le service était aussi un secteur important et je pense avoir réalisé des progrès. Nous avons travaillé sur chaque aspect du service : l’équilibre, mon lancer de balle, comment mieux contrôler la direction du service. C’est un coup que je vais continuer à travailler.

 

 
 
 
 
 
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TM : Quelle est ta routine quotidienne à l’Academy pendant cette préparation ?

CA : En général, j’ai entraînement dur le terrain le matin. On commence à 10h00, pendant deux heures, parfois un peu plus longtemps, et après du physique. Les après-midis, une heure de tennis en plus à partir de 17h00, et à peu près une heure et demie de travail sur le côté physique du jeu.

TM : Tu es nouveau sur le circuit, en particulier pour le grand public qui n’a pas encore eu la chance de te voir jouer. Comment décrirais-tu ton style de jeu ?

CA : J’ai un très bon coup droit, je le frappe avec beaucoup de confiance. Je suis aussi un joueur agressif, je cherche toujours une ouverture pour prendre l’initiative dans l’échange. J’aime conclure les points au filet et je cherche à ne pas donner toujours la même balle à mes adversaires, j’essaie de varier autant que possible.

S’entraîner avec Federer, “une expérience unique”

TM : Te souviens-tu d’un match en particulier qui t’aurait fait tomber amoureux du tennis quand tu étais enfant ?

CA : Je n’ai pas le souvenir d’un match précis, mais comme la plupart des garçons de mon âge, j’ai regardé les classiques entre Nadal, Federer et Djokovic, bien entendu. Je suis impatient de les croiser dans les vestiaires quand je commencerai à participer aux plus gros tournois.

TM : As-tu déjà pu t’entraîner avec Rafa ?

CA : Pas avec Rafa, mais je me suis entraîné avec Federer à Wimbledon. Ça s’était très bien passé, c’était une expérience unique pour moi. J’étais très heureux après et j’ai beaucoup appris. Au début, j’étais un peu nerveux, beaucoup de gens nous regardaient. Mais au fur et à mesure, je me suis relâché et au final, j’ai pris énormément de plaisir.

 

 
 
 
 
 
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TM : Parmi les meilleurs, avec qui d’autres as-tu pu taper la balle et en quoi ces moments sont-ils si précieux pour des jeunes joueurs comme toi ?

CA : Ici à l’Académie je tape avec Pablo Carreno Busta. J’ai eu l’occasion de m’entrainer avec Dominic Thiem aussi, et beaucoup d’autres. C’est toujours un privilège, j’essaie d’en tirer quelque chose à chaque fois. Tu peux voir et sentir au plus près comment est leur balle, le rythme auquel ils jouent et à quel point c’est plus dur mentalement, parce que la marge d’erreur est bien plus petite. Il y a plein de petites choses que tu peux tirer, et ce sont elles qui font toute la différence au bout du compte.

Je suis ravi de la vie que je mène en ce moment

Carlos Alcaraz

TM : Tu as 17 ans, mais tu ne vis pas de la même manière que tes amis. Tu ne vas pas dans la même école, tu ne fais pas de soirées, etc. Est-ce difficile à vivre parfois ?

CA : Je vis ici à l’Academy la plupart du temps, ça peut être difficile quand je rentre à la maison et que je vois mes amis sortir plus que moi. Mais c’est mon choix de jouer au tennis et j’adore ça. Je suis déterminé à réussir autant que possible dans ce sport et ne pas vivre comme la même que les ados de mon âge n’est pas un si grand sacrifice à faire. Je prends du plaisir avec le tennis et je suis ravi de la vie que je mène en ce moment. Je suis concentré sur le tennis, mais quand j’ai du temps libre, j’aime jouer au golf.

TM : Tu as récemment expliqué à EFE que tu voulais être courageux sur les points importants. Peux-tu nous en dire davantage ?

CA : Beaucoup de joueurs se tendent sur les points : ils ne veulent pas commettre une erreur, donc ils attendent que ce l’adversaire qui la fasse. Personnellement, je préfère prendre le risque, j’ai le sentiment que c’est la bonne façon de faire. Au moins, je suis maître de mon destin et l’adversaire pourrait être un peu effrayé de voir que j’y vais, que je le mets sous pression. Juan Carlos me le répète tous les jours, d’être agressif dans les moments-clés.

 

 
 
 
 
 
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TM : Tu mentionnes les conseils qu’il te donne, mais qu’est-ce qui fait que ça marche si bien avec Ferrero ?

CA : Je suis très heureux de travailler avec Juan Carlos, parce que c’est un grand professionnel sur le court, il est très sérieux quand il faut l’être et se mettre au travail. En dehors du terrain, c’est une personne super, très drôle et c’est quelqu’un en qui je peux avoir confiance. L’équilibre entre les deux fait que j’adore travailler avec lui.

Des rêves ? Numéro un mondial et un titre du Grand Chelem

TM : Tes pairs t’ont désigné “Révélation de l’année”, que représente cette récompense pour toi ?

CA : Ça m’a rendu très heureux et ça va me servir de carburant pour travailler encore plus dur pour être prêt pour la saison à venir.

TM : Quels sont tes plus grands rêves dans le tennis ?

CA : Être numéro 1 mondial et gagner un titre du Grand Chelem. J’adore Wimbledon, pour l’instant je le préfère à Roland-Garros, et je ne suis pas encore allé à l’Open d’Australie ou à l’US Open. Mais je suis impatient de les découvrir.

TM : Envisages-tu de jouer plus régulièrement sur le circuit principal en 2021 et quel est ton programme pour commencer l’année ?

CA : Ça dépend de comment l’année se dérouler. Je m’alignerai sur des Challengers, mais il y aura à coup sûr plus de tournois ATP à mon programme. Je vais à Doha pour essayer de me qualifier pour le tableau principal de l’Open d’Australie, c’est mon premier objectif.

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