Nouvelle défaite avec crachat pour Paire, Chardy et Herbert qualifiés pour le 2e tour

S’il a montré un peu plus d’envie, par moments, Benoît Paire a de nouveau craqué. Entre frustration et crachat, le Français a été éliminé d’entrée à Barcelone. Tout comme Jo-Wilfried Tsonga et Gilles Simon. Jérémy Chardy et Pierre-Hugues Herbert sont eux qualifiés pour le deuxième tour.

Tout de noir vêtu, Benoît Paire était toujours en deuil face à Federico Gaio. Le deuil de son meilleur niveau et du plaisir de jouer au tennis. Après son élimination d’entrée Monte-Carlo suivie de déclarations qui ont donné le tournis aux internets, Benoît Paire disputait le premier tour de l’ATP 500 de Barcelone ce lundi. Finie l’ambiance « de cimetière » d’un tournoi monégasque à huis clos. Place à la Catalogne et ses quelques spectateurs. 1000 par jour autorisés. Et c’est sans doute grâce à eux qu’il a été plus combattif qu’au cours de ses dernières sorties. En vain, toutefois. Battu 6-4, 6-3 par le repêché italien, il a encaissé une septième défaite consécutive.

Breaké d’entrée, le Français à la barbe fournie a rapidement pris un avertissement. A 0-2, 0-30, pour jet de raquette et coups répétés sur un filet réduit à l’état de simple exutoire à sa colère. Après une fin de jeu ostensiblement balancée, on pouvait craindre de le voir traîner des pieds sur une route le menant à une nouvelle faillite sans révolte. Mais non. Les applaudissements de fans souhaitant son retour dans le droit chemin lui ont sans doute mis un peu de baume au cœur. Se ressaisissant, ne disant plus un mot, il s’est accroché. Pour débreaker et tenir. Jusqu’à 5-4 contre lui, et 30-30 sur son service. Là, avec une double faute suivie d’un slice court de coup droit directement dans le filet, il a cédé la manche d’ouverture à l’Italien.

Le retour du crachat

Deuxième acte, même début de scénario. Lâchant son engagement d’entrée, Benoît Paire a tout de suite pris celui de son adversaire pour n’être plus mené que 2-1. Le moment choisi pour tenter d’évacuer la frustration par une tirade dont il a le secret : « VAMOOOS ! Pire match de ma vie ! Nul ! C’est terrible de ne pas bouger ! Joue au tennis ! Ça sert à quoi de venir pour faire ça ? T’es mauvais ! C’est pas possible !« 

Quels instants plus tard, il s’évertuait à positiver. « C’est pas grave, c’est pas grave, c’est pas grave« , a-t-il répété en boucle après des fautes directes. Puis le coup de grâce est arrivé. De nouveau breaké, mené 3-1, le natif d’Avignon, n’a jamais pu recoller. Et les vieux démons ont ressurgi. Dans l’ultime jeu du match, à l’instar de son dérapage à Buenos Aires début mars, il s’est de nouveau laissé aller à un crachat en contestation d’une décision arbitrale. Si ses matchs ont régulièrement de montagnes russes, Paire a bien dû mal à s’offrir des deuxièmes tours de manège désormais. Depuis l’Open d’Australie 2020, il affiche un bilan de 5 victoires pour 21 défaites.

Simon et Tsonga tombent eux aussi d’entrée

Sur le court central, renommé « Pista Rafa Nadal » depuis 2017, Gilles Simon a lancé la journée contre Pablo Andujar. Un choc entre vétérans du circuit qui aurait pu se dérouler en catégorie des plus de 35 ans. Après une pause de six semaines suite à un gros coup de blues lié aux conditions imposées par la COVID-19, le Français avait retrouvé le sourire à Cagliari début avril en franchissant le premier tour. Cette fois, l’actuel 70e joueur mondial s’est arrêté d’entrée. Battu 6-1, 3-6, 6-3 en 2h08, il est toujours en quête de meilleures sensations. Il n’a plus atteint le troisième tour d’un tournoi depuis Cologne en octobre 2020.

Dans la foulée du natif de Nice, un autre Français a fait ses débuts : Jo-Wilfried Tsonga. Après une absence de plus d’un an, « JWT » avait fait son retour à la compétition à Montpellier, fin février. Deux semaines plus tard, à Marseille, il remportait son premier match depuis novembre 2019. Le bout du tunnel. Seul hic, quelques jours plus tard, son corps le lâchait à nouveau. Forfait à Doha en raison d’une blessure au bras droit, il a effectué son retour ce lundi, contre Egor Gerasimov. Une reprise difficile. Pour son premier match sur terre battue depuis Roland-Garros 2019, le 71e a breaké d’emblée afin de mener jusqu’à 4-3 service à suivre. Puis la machine s’est enrayée. Le Biélorusse a enquillé les jeux pour s’imposer 7-5, 6-1 en 1h21.

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Ça passe pour Herbert et Chardy

Finaliste à Marseille mi-mars, où il s’est incliné après une belle empoignade avec Daniil Medvedev, Pierre-Hugues a ouvert son compteur sur ocre cette saison. Battu 6-3, 7-5 par Bernard Tomic au premier tour des qualifications du Masters 1000 de Monte-Carlo, le 78e de la hiérarchie planétaire s’est défait de l’Indien Sumit Nagal, sorti des qualifications. Après un premier set âpre, de 55 minutes, l’Alsacien a déroulé dans le deuxième pour s’imposer 7-5, 6-0. Au tour suivant, il défiera son ami David Goffin, tête de série numéro 8 de l’épreuve. S’il n’a jamais battu le Belge en 6 confrontations « P2H » avait eu cinq balles de matchs à Antalya en début d’année avant de s’incliner 3-6, 7-5, 6-0.

Bleu le plus en forme depuis le début de saison, Jérémy Chardy a entamé son aventure catalane en écartant un joueur mieux classé que lui. Nikoloz Basilashvili, 36e mondial et récent vainqueur à Doha en éliminant Roger Federer, Taylor Fritz puis Roberto Bautista Agut en finale.  Solide dans sa tête, le Palois a réussi un double break d’entrée de troisième set. S’il a finalement cédé un de ses deux services d’avance, il a su gérer pour boucler l’affaire 6-4, 4-6, 6-3 en 1h57. Il a désormais rendez-vous avec Denis Shapovalov, 7e homme le mieux classé du tableau, pour essayer de faire mieux qu’à Monte-Carlo, où il avait été stoppé par Grigor Dimitrov au même stade du tournoi.

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