Battu, Arthur Fils a obtenu ce qu’il était venu chercher à Montpellier : le parfum si doux de la compétition
Dominé par un Félix Auger-Aliassime chirurgical en quarts de finale à Montpellier (6-4, 6-2), Arthur Fils a mesuré l’écart qui le sépare encore des sommets après six mois d’absence. Entre régime drastique et retour au front, le jeune Français entame une mue profonde où chaque défaite sert de boussole.
Arthur Fils, Montpellier 2026 | © Open Occitanie / JB Autissier
La défaite vous tend toujours un miroir. Et les sentiments peuvent se mêler au moment de s’en saisir. Vendredi, sur le toit de la Sud de France Arena, Arthur Fils a cédé face à un Félix Auger-Aliassime intouchable au service (12 aces). Montpellier rêvait d’un choc, sinon d’une finale avant la lettre. Résultat : un 6-4, 6-2 sec, venu rappeler que l’élite ne laisse pas de place à l’approximation.
Pour sa première confrontation face à un top 10 depuis Rome, Fils a senti le souffle du très haut niveau : « Sans manquer de respect à personne, là, c’était un niveau au-dessus par rapport à mes premiers adversaires (Valentin Royer et Ugo Blanchet). Il était plus fort dans tous les compartiments, le tennis comme l’énergie. Il était tout simplement meilleur que moi. »
Pourtant, malgré une raquette balancée de rage à 4-1 au deuxième, l’essentiel est ailleurs. Pour celui qui n’avait plus enchaîné trois matchs de cette intensité depuis mai dernier, se sentir prêt pour la compétition après un quart de finale ATP n’a pas de prix. Le dos a tenu. L’armure est solide.
« Avant, je mangeais des trucs de dingue »
Pour protéger ses vertèbres et optimiser son moteur, Fils s’est délesté de six kilos. Depuis quatre mois, ses habitudes ont changé. « Avant, je mangeais des trucs de dingue, j’adorais les cookies », sourit-il, évoquant une discipline de fer où la « malbouffe » a été bannie au profit d’un équilibre rigoureux. « Ce soir, après une défaite comme celle-si, j’aimerais bien manger autre chose qu’une salade, mais je ne ferai pas d’écart. Ce ne sera peut-être pas une salade mais ce ne sera pas un McDo non plus. »
Ce « long chemin du retour », comme il le qualifie, va passer par l’enchaînement des compétitions. Fils se tourne vers son agent. « On est inscrit partout? ». Oui : Rotterdam, Doha, Dubaï : le calendrier est celui d’un homme pressé de retrouver ses repères, mais qui a l’intention de doser ses efforts. « On va forcément en faire sauter un, en fonction des résultats. »
Car l’entraînement ne remplace jamais la compétition, c’est aussi la conclusion du match du jour « Le niveau augmente semaine après semaine, tournoi après tournoi. Mais ça va revenir vite », promet Fils.