Džumhur : “Je n’ai menacé de tuer personne, je ne sais pas d’où ça sort”

Damir Dzumhur, disqualifié au deuxième tour des qualifications à Acapulco, a livré sa version des faits à des journalistes dans sa langue natale. Le Bosnien assure avoir quitté le terrain de lui-même, sans avoir été disqualifié, et précise n’avoir jamais menacé de tuer l’arbitre, comme cela a été écrit.

Damir Džumhur

A force de monter en température, Damir Džumhur a fini par exploser. Mené 6-5 au premier set par Botic van de Zandschulp, au deuxième tour des qualifications à Acapulco dimanche, le Bosnien, ex-23e mondial, n’a pas terminé son match.

D’après ses dires, il a quitté le terrain de son propre chef, en raison d’erreurs d’appréciation commises par l’arbitre de chaise, ou du moins qu’il a ressenties comme tel. Ce sera néanmoins considéré officiellement comme une disqualification, puisqu’il a jeté l’éponge après avoir craqué et reçu un avertissement, puis un point de pénalité. L’ATP a expliqué à Tennis Majors :

Džumhur a été sanctionné deux fois pour conduite antisportive (avertissement, point de pénalité) et son incapacité à finir la rencontre a mené à sa disqualification immédiate. Ce cas de figure est précisé dans la section “Ne pas finir un match” du règlement de l’ATP.”

Damir Dzumhur, Köln, 2020

Džumhur a ainsi confirmé ses difficultés depuis le début de la saison 2021. Il s’est incliné au premier tour de l’Open d’Australie face à James Duckworth, en qualité de lucky loser, et a perdu dès le premier tour des qualifications à Montpellier, contre Kyrian Jacquet, 522e mondial.

“Il est important pour moi de préciser que je n’ai pas été disqualifié, j’ai décidé de quitter le court de moi-même”, a lâché Džumhur, désormais 125e au classement ATP, à un panel de journalistes locaux, même si le site officiel de l’ATP indique que Van de Zandschulp s’est imposé sur disqualification.

L’enregistrement vidéo ci-dessous aurait tendance à confirmer la version de Džumhur.

Džumhur poursuit son explication :

“Je ne pouvais tout simplement pas supporter que quelqu’un me traite si mal, qu’il puisse (l’Américain) faire ce qu’il veut. L’arbitre a eu un impact sur le match avec ses mauvaises décisions. Le coup de grâce, c’était sur une balle à 5-5, 40A. C’était évident que la balle était dehors, mais il n’a pas réagi et j’ai perdu ce jeu.”

Tout en admettant qu’il était en colère, le natif de Sarajevo nie avoir menacé de tuer l’arbitre, l’Américain Joshua Brace :

“Je ne sais pas d’où viennent les informations de certains sites affirmant que j’aurais menacé de tuer quelqu’un. Il est vrai que j’ai dit au superviseur que j’avais envie de frapper l’arbitre, à cause de ce qu’il m’avait fait. Le superviseur m’a indiqué que ce n’était pas une bonne idée, que ça me ferait encore plus de mal. J’ai répondu que je m’en fichais, parce que j’étais sur les nerfs, mais j’ai réussi à me contenir et à quitter le terrain. Je n’ai menacé de tuer personne, je ne sais pas d’où ça sort, surtout qu’il y a l’enregistrement vidéo de toute la séquence.”

Džumhur regrette de ne pas avoir su se contrôler

Džumhur a perdu ce jeu à 5-5, et avant que son adversaire ne serve pour le set à 5-6, il n’a cessé de parlementer avec l’arbitre pendant le changement de côté.

“Je lui ai dit que je pouvais l’attaquer en justice et que je le ferai, parce qu’il était directement responsable de ma défaite. Il m’a donné un avertissement pour avoir dit ça. Je ne connais personne qui a le droit de me donner un avertissement pour ces mots. Je me suis levé, mais j’étais déjà très en colère. J’ai gagné le premier point du jeu suivant, et je lui ai dit autre chose, je ne me souviens pas exactement quoi en l’état. Mais l’arbitre m’a dit : ‘Ça suffit’. J’ai répondu que non, que je déciderai quand ça en serait fini. C’est là qu’il m’a donné un deuxième avertissement, synonyme de point de pénalité. Dans ma tête, j’ai ressenti une très forte injustice envers moi, je ne pouvais plus me contrôler, parce que la situation me rendait déjà extrêmement nerveux. Je le répète : j’ai quitté le terrain, je n’ai pas été disqualifié.”

Ce n’est pas la première fois que Džumhur craque sur un terrain. Il regrette de ne pas avoir su contenir, mais a le sentiment d’avoir été dupé.

“Je suis vraiment désolé de ne pas avoir su contrôler mes émotions, parce que j’ai laissé quelqu’un m’affecter, me mettre en colère. Pour ma famille, je suis désolé de ne pas avoir montré que j’étais plus fort que tout ça, mais j’étais traité de manière injuste et le mal était fait. Je le maintiens.”

Damir Dzumhur va sûrement regretter son emportement à Acapculco… Sa disqualification lui coûte plus de 11.000 dollars : 6500 d’amende et 5280 de perte de prize money. Une enquête de l’ATP est par ailleurs et une suspension n’est pas exclue.

L’épisode rappelle le fameux incident qui s’était produit à Wimbledon en 1995, quand l’Américain Jeff Tarango s’était “disqualifié lui-même” en quittant le terrain de lui-même, avant d’être finalement disqualifié et suspendu. Il fait aussi écho aux insultes répétées de Nick Kyrgios à l’arbitre lors de sa défaite contre Karen Khachanov à Cincinnati en 2019.

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