Fritz, sur sa gestion de la nervosité : « La pensée immédiate qui me venait, c’était : ‘Je ne vais pas trembler, je vais le faire.' »

Déjà tombeur de Matteo Berrettini (n° 5) et Jannik Sinner (n° 10), Taylor Fritz s’est offert Alexander Zverev (n° 3) la nuit dernière en quart de finale du Masters 1000 d’Indian Wells. La meilleure performance de sa carrière grâce, entre autres, à sa gestion des émotions dans les moments importants.

Taylor Fritz, à Indian Wells en 2021

Après avoir fait sauter une barrière, Taylor Fritz (n° 31) l’a laissée loin derrière lui. Avant cet Indian Wells 2021, il n’avait jamais dépassé les huitièmes de finale en Masters 1000. Trois échecs à ce stade, respectivement contre Borna Ćorić à Indian Wells en 2020, Novak Djokovic à Monte Carlo en 2019 et Alexander Bublik à Miami cette saison. La nuit dernière, le Californien de naissance, devant son public, s’est qualifié pour les demi-finales du BNP Paribas Open grâce à sa victoire 4-6, 6-3 7-6 en 2 h 21 face à Alexander Zverev (n °3).

« Les fans sont devenus fous (une fois la balle de match gagné) », a-t-il décrit en conférence de presse. « C’est comme un rêve qui devient réalité. C’est difficile de ne pas être un peu ému, parce que j’ai bossé tellement dur toute ma vie pour ce genre de moments. C’est incroyable que ça finisse par payer. Il est numéro 4 mondial et je n’avais jamais eu de tels résultats dans un grand tournoi (outre ses huitièmes de finale comme meilleurs résultats en Masters 1000 avant Indian Wells, il n’a jamais passé le troisième tour en Grand Chelem). C’est de loin la plus belle victoire de ma vie, en réussissant sans doute le meilleur match que je pouvais faire. »

J’aurais pu largement rater la première balle de match contre moi.

Pour s’offrir le premier succès de sa carrière contre un top 5 après dix échecs, l’Américain, mené 5-2 dans l’ultime round, a dû écarté deux balles de match. « La deuxième, sur son service (à 5-3) était évidemment la plus dangereuse, mais il a fait une double faute (la deuxième dans ce jeu pour Zverev après celle à 30-15) », a-t-il rappelé en conférence de presse. « La premier, sur mon service (à 5-2), j’ai été solide. J’ai réussi une très bonne remise sur une balle profonde (en demi-volée,d ans une positions compliquée, en prenant la balle quasiment derrière lui). J’aurais pu largement la rater. »

Une victoire de prestige qu’il est allé chercher grâce, entre autres, à sa gestion des émotions dans les moments-clés. Sauvant cinq des huit balles de break auxquelles il a eu à faire face, il a converti trois des quatre occasions qu’il s’est procuré. « Vous ne pouvez pas vous entraîner à ces situations, parce que vous ne pouvez pas reproduire la pression et les enjeux d’un match officiel, avec les points ATP et l’argent », a-t-il expliqué. « C’est toute ma vie. Le mieux que vous puissiez faire est de travailler pour avoir le plus de confiance en vous possible en vue de ces situations. »

Être sans peur et croire en moi dans les instants cruciaux, c’est ce qui m’avait permis d’avoir beaucoup de succès au début de ma carrière.

« J’étais nerveux, mais à chaque fois que la sensation de nervosité arrivait – comme quand je menais dans le jeu décisif par exemple – je n’ai pas tremblé ou cédé devant mes émotions », a-t-il poursuivi. « La pensée immédiate qui me venait en réaction, c’était : ‘Je ne vais pas trembler, je vais le faire.’ J’avais assez de confiance pour continuer à frapper mon coup droit et continuer d’être agressif. Dès que j’avais une opportunité, j’y allais. C’est le plus grand point positif que je retiens de ce match. Ça fait longtemps que je n’avais pas ressenti ça, ça fait du bien. Être sans peur et croire en moi dans les instants cruciaux, c’est ce qui m’avait permis d’avoir beaucoup de succès au début de ma carrière. »

53e mondial à 18 ans, Fritz, 24 ans le 28 octobre, est actuellement 39e après s’être hissé jusqu’au 24e rang en mars 2020. Pour une place en finale et se rapprocher du meilleur classement de sa carrière, il a désormais rendez-vous avec Nikoloz Basilashvili (n° 28), tombeur de Stéfanos Tsitsipás (n° 2). « Il est vraiment dure à jouer, surtout quand il est en confiance », a commenté Fritz. « Il frappe tellement fort des deux côtés. Je vais devoir être agressif pour ne pas le laisser imposer son rythme, et être solide dans les moments importants comme je l’ai fait aujourd’hui (vendredi). » Et l’obstacle n’est pas insurmontable. En trois rencontres face au Géorgien – toutes sur sur dur – Taylor Fritz s’est imposé deux fois.

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