Le Rolex Shanghai Masters garde espoir de jouer en octobre

Le directeur du Rolex Shanghai Masters, Michael Luevano, nous explique comment il compte faire pour que le tournoi se déroule comme prévu. Mais aussi pourquoi ça pourrait ne pas être le cas.

Le Masters 1000 de Shanghai résistera t-il à l'épidémie du nouveau coronavirus?

Le seul Masters 1000 d’Asie prévoit toujours d’être joué comme prévu en octobre (11-18). Le directeur du Rolex Shanghai Masters, Michael Luevano, de retour au travail dans son bureau depuis février, nous explique quels sont les plans envisagés pour assurer l’événement, mais aussi quels sont les obstacles.

Depuis mars, la ville de Shanghai tente de revenir à la vie normale mais reste extrêmement vigilante afin d’éviter les cas importés de coronavirus ,et a mis en place des directives strictes à suivre. Tout le monde surveille une éventuelle deuxième vague du Covid-19 dans une ville qui a pour l’instant réussi à maîtriser la situation.

Le pays et la ville ouvriront-ils leurs frontières aux étrangers en octobre? Voici la plus grande question bien sûr. Mais en attendant, Luevano doit se préparer à chaque scénario et c’est exactement ce qu’il fait, pour une sorte d’exercice unique pour un directeur de tournoi. Mais le Rolex Shanghai Masters, qui offre une dotation de 8 741 630 millions de dollars, a les moyens de le faire.

Michael Luevano and Roger Federer

MICHAEL LUEVANO, vous voyez le monde du tennis en suspens : que cela signifie-t-il pour vous à ce jour ?
Pour le Rolex Shanghai Masters, nous sommes dans une position unique. Nous sommes idéalement positionnés, je suppose, si le monde devait retrouver un semblant de normalité. Le vrai problème serait, je pense, les restrictions de déplacement qui pourraient être encore en vigueur avant le tournoi, ce qui aurait certainement un impact sur la capacité des joueurs à accéder au marché chinois sans avoir à être mis en quarantaine ou autre. Nous explorons un certain nombre d’options et de précautions différentes, mais en fin de compte dans ce pays, ce ne sera pas notre décision, ce sera la décision du gouvernement s’il veut organiser un événement sportif à grande échelle ou même un événement qui se joue à huis clos.

Jusqu’à quand pouvez-vous attendre? Pouvez-vous attendre jusqu’à fin août, début septembre pour dire si vous pouvez continuer ou non l’événement ?
Oui, je pense sans doute fin août ou tout début septembre, en poussant un peu la limite. L’ATP aura bien sûr son avis à donner. Mais en fin de compte, cela dépendra du gouvernement local qui nous dira si nous pouvons organiser ou non l’événement. Nous sommes une grande entreprise et nous organisons un certain nombre d’autres événements sportifs, y compris la Formule Un, le saut d’obstacles et l’athlétisme, donc un certain nombre de nos propriétés ont été repoussées à l’automne mais sans dates, parce que c’est tellement fluide ici que ça peut changer de semaine en semaine. Mais nous sommes optimistes. Et notre avantage, c’est que nous sommes une entité gouvernementale, donc si par malheur nous ne pouvions pas organiser le tournoi cette année, nous serions certainement prêts pour 2021 avec peu d’impact.

“C’est un moment qui nous définira certainement en tant que sport”

Pensez-vous que le tennis peut assumer le coût financier de cette crise ?
Il y aura certainement des petites entreprises qui ne pourront pas survivre. Ce sera regrettable pour une partie du circuit. J’espère que non, mais je pense que nous verrons un impact. Et pour l’ATP, il est trop tôt pour le dire, mais certainement ils survivront. Mais les principales sources de revenus pour le circuit ATP viennent des ATP Finals. S’ils peuvent organiser le Masters ils resteront en bonne santé, mais sinon ils devront apporter certaines modifications au modèle commercial.

Pensez-vous que le circuit pourrait trouver un moyen d’utiliser la situation pour s’améliorer ?
C’est peut-être le moment… On voit bien aujourd’hui la situation des instances dirigeantes, Roland-Garros qui décide unilatéralement de se déplacer en septembre … Il est donc peut-être temps de voir beaucoup plus d’efforts collectifs et coordonnés avec les entités du tennis. Ce sera peut-être aussi l’occasion de nettoyer le calendrier. Il peut y avoir et il devrait y avoir des changements qui découlent de cette terrible situation. C’est tellement tragique pour le sport, mais il faut quand même rester positif. C’est un moment qui nous définira certainement en tant que sport. Et nous devrions prendre toutes les décisions positives en prévoyance de la sortie du tunnel.

Pour les joueurs les moins bien classés qui n’ont actuellement aucun revenu: pensez-vous que l’ATP ou les tournois devraient faire quelque chose pour leur apporter un soutien financier ?
C’est une question très difficile … C’est un sport individuel, les joueurs sont des contracteurs indépendants. Bien sûr, dans mon cœur, je dirais absolument. Mais en tant qu’homme d’affaires… Par exemple, si j’étais un entrepreneur démarrant une entreprise et que j’essayais pendant des années et des années mais que je ne pouvais pas atteindre le niveau supérieur, personne ne me renflouerait. Donc, oui, j’espère que ce sera un catalyseur de changement positif pour les joueurs et les tournois. Mais nous devons être réalistes.

“Nous sommes prêts à aller très loin”

Ça doit être bizarre pour vous de se préparer pour un tournoi sans savoir s’il aura lieu ou pas ?
Oui, c’est assez inhabituel. C’est un jeu de guerre avec les différents scénarios et les options qui pourraient être proposés. C’est donc unique, mais nous serions prêts à réagir à trois ou quatre scénarios, compte tenu des possibilités, que ce soit à huis clos, que ce soit pour mettre les joueurs en quarantaine dans un hôtel spécifique.

Si nous devions affréter des avions à partir d’une seule destination en Europe, nous sommes passés par un certain nombre de scénarios différents. Ou s’ils pouvaient entrer en Chine, pourrions-nous mettre tout le monde dans un avion et simplement les amener ? Absolument. Nous sommes prêts à aller très loin pour nos partenaires, pour l’ATP, pour la ville de Shanghai et pour nos fans. Si ces derniers ne pouvaient pas venir en masse, pourrions nous avoir un public limité ? Ce serait toujours bon pour eux. Je suis optimiste. Vous devez l’être. Vous devez rester motivé. Il est encore trop tôt pour en parler jusqu’à ce que nous voyions ce qui se passe, par exemple, à l’US Open. Et nous sommes en fait flexibles pour déménager plus tard en octobre si nécessaire.

Êtes-vous en contact avec Pékin pour le China Open (ATP 500) ?
Oui, nous avons eu des conversations. Mais comme il s’agit d’un événement ATP et WTA, leur mandat est en quelque sorte différent du nôtre. Mais tous les autres tournois, comme Chengdu et Zhuhai, nous sommes tous en contact. Et je ne suis pas sûr que la commission des sports de Pékin, l’administration des sports, autoriserait l’organisation d’un tournoi et non l’autre. C’est toujours l’inconnu. Mais nous devons tous être solidaires les uns des autres dans le monde du tennis en ce moment. Et on sait que le reste du calendrier sera affecté si la situation se poursuit pendant l’été.

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